Ça sent la coupe en ouverture des RVCQ: plus près de la vie

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S'il y a un aspect du film Ça sent la coupe qui a plu à Louis-José Houde, interprète du personnage principal de Max, c'est la proximité avec la vie réelle.

«Quand les gars se réunissent pour regarder le hockey, ce n'est pas parfait, leur affaire, dit-il. Ce n'est pas comme dans une pub de bière. Un des personnages dort tout le temps parce qu'il vient de devenir père. Un autre couche avec la soeur de Max. Un autre, un peu macho, a une nouvelle blonde toutes les 10 minutes. Leur imperfection, je la trouve réaliste.»

Max s'inscrit parfaitement dans cette lignée. «Les tentatives de Max pour ramener Julie dans sa vie sont un peu pathétiques, dit-il. C'est ça, la vie! Quelqu'un s'en va. On panique. On est prêt à faire n'importe quoi pour qu'il revienne.»

Inspiré du roman de Mathieu Simard, le film, réalisé par Patrice Sauvé, raconte l'histoire d'une bande d'amis durant la saison 2009-2010 du Canadien de Montréal. Saison où l'espoir de voir le CH remporter les grands honneurs fait écho à la peine d'amour de Max, laissé par Julie (Émilie Bibeau) pour cause de surconsommation de hockey.

«Même si j'aime beaucoup le hockey, même si j'achète de vieux chandails et que j'organise un tournoi de hockey-balle, au quotidien, ce personnage de Max, je ne serais pas capable.»

«J'ai même trouvé certaines scènes étouffantes», ajoute l'humoriste et comédien.

N'empêche. Houde était, pour plusieurs raisons, le meilleur choix pour incarner Max dans cette comédie dramatique. Il est un gars de hockey. Il avait aussi lu le roman avant qu'on évoque un film. Il a beaucoup en commun avec Max. Et il s'est préparé rigoureusement.

«Louis-José était très sensible à l'univers proposé dans le scénario, dit le réalisateur Patrice Sauvé. Il a un regard profond sur son entourage, une douce ironie dans l'oeil. Je sentais que la tendresse de son regard passerait bien au grand écran. C'était un beau risque de le placer dans un univers plus dramatique que ce qu'on lui connaît.»

Louis-José Houde dans le film Ça sent la... (Photo Véro Boncompagni, fournie par Les Films Séville) - image 2.0

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Louis-José Houde dans le film Ça sent la coupe

Photo Véro Boncompagni, fournie par Les Films Séville

Souvenirs, souvenirs

Dans plusieurs aspects du film, l'histoire de Max renvoie Louis-José Houde à sa propre réalité. Ainsi, en filigrane, Ça sent la coupe raconte l'histoire d'un amour père-fils, profond, sincère. Houde partage de très beaux souvenirs de jeunesse avec son paternel qui, encore aujourd'hui, le fait bien rire.

«Mon père m'a initié au hockey. Il a été un papa d'aréna. Je garde un souvenir très précieux des premières fois où il m'a amené au Forum. Plus tard, c'est moi qui l'ai amené au Centre Bell. On n'a pas de rituel de regarder le hockey ensemble, mais le hockey fait partie de nos vies, de notre relation.»

Même chose avec les amitiés masculines dans le film. «Je suis assez loyal en amitié. J'ai encore des amis de l'école primaire, du secondaire.»

«Je ne suis pas un gars qui entre en amitié facilement. Je n'ai pas énormément d'amis dans la colonie artistique, mais ceux que j'ai, je les garde. J'ai des amitiés qui, comme dans le film, tournent autour du sport et de la musique.»

Ces amitiés deviennent-elles plus précieuses en vieillissant?

«Ah, oui! Il y a quelque chose de rassurant là-dedans. C'est le fun de savoir que quelqu'un est dans ta vie depuis 25, 30 ans. D'avoir quelques amis avec qui tu as traversé la vie, c'est très précieux. Je me suis donc beaucoup reconnu là-dedans.»

Quant à la place du hockey dans une vie et, par ricochet, dans un couple, elle doit être dosée, croit Louis-José Houde. Cela dit, il aime bien regarder les matchs du Canadien entre amis, notamment avec ses techniciens de scène, en tournée.

«En couple, j'aime ça aussi. J'ai beaucoup aimé, et j'aime encore, venir ici [l'entrevue a eu lieu au Centre Bell] avec ma copine et expliquer un peu les règlements, le jeu, ce qui vient de se passer. Je trouve qu'il y a quelque chose de beau là-dedans.»

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Film d'ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, ce soir, Ça sent la coupe prendra l'affiche le 24 février.

Thierry Lhermitte dans La nouvelle vie de Paul... (PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE) - image 3.0

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Thierry Lhermitte dans La nouvelle vie de Paul Sneijder de Thomas Vincent.

PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE

Rendez-vous du cinéma québécois: cinq pépites à découvrir

Vous ne savez où donner de la tête dans la vaste programmation des RVCQ? Dominique Dugas, directeur général, et Frédérick Pelletier, responsable des documentaires, suggèrent cinq coups de coeur.

La nouvelle vie de Paul Sneijder - Thomas Vincent

Tournée en plein coeur de l'hiver québécois, cette comédie dramatique franco-québécoise, adaptée d'un roman de Jean-Paul Dubois, mérite le détour. Un film qui prend son temps, mais qui nous fait découvrir un Thierry Lhermitte dans un registre différent avec son incarnation d'un dirigeant de la SAQ délaissant sa vie professionnelle et familiale à la suite d'un accident exceptionnel. Pierre Curzi et Guillaume Cyr y campent des personnages improbables, mais fort sympathiques. Un exemple probant d'une coproduction québécoise minoritaire fort réussie.

Vendredi 24 février, à 20 h 45, au Quartier latin.

Avant les rues - Chloé Leriche

Avant les rues est un film de réconciliation et de guérison. Il nous plonge au coeur d'une communauté atikamekw et se démarque par son humanité. On a rarement vu dans notre cinéma un regard aussi juste, à la fois âpre et lumineux, posé sur nos compatriotes des Premières Nations. Si elle est arrivée à rendre cette réalité du quotidien des communautés autochtones avec une telle acuité, c'est que Chloé Leriche les a beaucoup fréquentées dans le cadre de son travail au sein du Wapikoni Mobile. Un film à voir en ces temps troubles.

Vendredi 24 février, à 13 h 30, à la Cinémathèque québécoise.

Dimanche 26 février, à 20 h 30, au Quartier latin.

Prank - Vincent Biron

Entre petites cruautés et plaisanteries douteuses, les adolescents de Prank chassent l'ennui comme ils le peuvent. En définitive, un film plus proche de l'univers d'Harmony Korine ou de Kevin Smith que de ce que nous avons l'habitude de produire au Québec sur le thème de l'adolescence. L'humour potache fait mouche, les références cinématographiques (de Die Hard à Béla Tarr) abondent et le cinéphile, comme l'ado, y trouvera son compte. Prank est un film dont la richesse se conjugue avec la rigolade, le malaise, le doux plaisir de la connivence coupable et peut-être aussi la nostalgie de l'insouciance.

Samedi 25 février, à 19 h 30, à la Cinémathèque québécoise.

Les terres lointaines - Félix Lamarche

Les terres lointaines est un documentaire d'une grande beauté. Félix Lamarche filme, avec grâce et patience, la vie et les espoirs de huit hommes, huit marins, venant des quatre coins du monde et réunis sur un grand cargo bleu. Voilà une rare incursion au coeur de ces machines géantes qui transportent sur les mers la quasi-totalité du commerce mondial. Félix Lamarche scrute avec humanité ces hommes dans le rituel de leurs journées en mer, entre travail et ennui, montrant à la fois la beauté du geste répété mille fois et la camaraderie de ces «prisonniers de l'océan».

Lundi 27 février, à 21 h 30, à la salle Jean-Claude Lauzon de l'UQAM.

Photo jaunie - Fannie Pelletier

Le portrait familial est presque un genre en soi tant il est présent dans le documentaire québécois des dernières années. Mais ce film essai de Fannie Pelletier va bien au-delà de l'exercice de style souvent vu. Ayant entièrement fabriqué son film à partir des archives vidéo familiales, la cinéaste a construit un fragile monument d'images à la mémoire d'un père parti beaucoup trop tôt. La finesse de son montage et la trame sonore tout en subtilité en font l'un des films les plus intimes et émouvants de la sélection documentaire des RVCQ.

Jeudi 23 février, à 21 h 45, à la Cinémathèque québécoise (dans le cadre de Programme en images).




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