Mostra: le spectacle sanglant de Mel Gibson

Hacksaw Ridge est le premier film de Mel... (PHOTO ETTORE FERRARI, ASSOCIATED PRESS)

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Hacksaw Ridge est le premier film de Mel Gibson à titre de réalisateur depuis Apocalypto, sorti en 2006.

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(La Presse à Venise) Dix ans après Apocalypto, sa réalisation précédente, et après avoir aussi traversé quelques années plus tourmentées sur le plan personnel, Mel Gibson semble réussir son retour, malgré un film dérangeant comme Hacksaw Ridge...

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Le nouveau film de Mel Gibson s'inspire de la vie de Desmond T. Doss, né en 1919 en Virginie.

photo de l'armée américaine, tirée de wikipedia

Andrew Garfield joue le rôle du soldat décidé... (photo fournie par la production) - image 1.1

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Andrew Garfield joue le rôle du soldat décidé à ne pas tuer dans Hacksaw Ridge.

photo fournie par la production

Le milieu du cinéma est prêt à accueillir Mel Gibson de nouveau. Cela s'est senti à l'accueil très chaleureux qu'a reçu l'acteur, venu à Venise lancer Hacksaw Ridge, son nouveau long métrage à titre de réalisateur.

Le drame de guerre, campé au Japon dans la dernière année de la Seconde Guerre mondiale, a reçu l'aval de la presse spécialisée américaine dite « de référence  ». Il serait même pressenti pour quelques honneurs au cours de la prochaine saison des récompenses.

Pourtant, Mel Gibson nous refait ici le même coup qu'avec The Passion of Christ. Rarement aura-t-on vu un cinéaste se complaire autant dans la violence. Et détourner par le fait même une dénonciation au profit d'un spectacle.

Inspiré de la vie de Desmond T. Doss, le premier objecteur de conscience à avoir été décoré d'une médaille d'honneur par le gouvernement américain, le film prend la forme d'une expérience immersive à travers laquelle le spectateur est directement plongé dans l'horreur de la guerre.

LA BATAILLE D'OKINAWA

Voulant s'enrôler pour la bonne cause, Desmond (Andrew Garfield), alors un tout jeune homme, refuse par conviction (et aussi à cause d'un traumatisme subi dans l'enfance) de toucher de près ou de loin à une arme. Très pieux, il tente de rester fidèle à ses principes et aux commandements de sa religion, notamment le sixième : « Tu ne tueras point. » Pour un soldat devant partir au front, cela revêt un aspect plutôt dérangeant pour les supérieurs.

Desmond obtient néanmoins le statut d'objecteur de conscience et se rend au front avec ses camarades à titre de soignant, alors que la bataille d'Okinawa fait rage. Pour la petite et la grande histoire, signalons que le caporal Doss, que plusieurs approchaient d'abord avec mépris à cause de sa présumée « lâcheté », s'est distingué en retirant lui-même du champ de bataille pas moins de 75 soldats gravement blessés qui, sans lui, auraient été laissés pour morts.

L'histoire est édifiante, bien sûr. L'ennui, c'est que monsieur Gibson en fait un show grandiloquent, d'une violence inouïe. 

Aux incessantes explosions ayant pour effet de déchiqueter les corps des combattants, sans oublier les incinérations instantanées (grâce aux lances de feu), le réalisateur ajoute de multiples effets au ralenti, accompagnés d'une trame musicale complètement boursoufflée, pompière à souhait.

Il n'hésite pas non plus à montrer les blessures en gros plan, à faire gicler le sang, à insister sur l'horreur et s'y vautrer. De sorte que le spectateur en vient à se désensibiliser, ne voyant plus alors qu'une orgie d'effets spéciaux. Oui, la guerre, c'est révoltant ; évidemment, c'est ignoble. Mel Gibson semble même le croire lui-même en mettant de l'avant son propos. Mais, en même temps, il s'empresse d'esthétiser toute cette violence, de montrer comment on peut en faire du grand « divertissement », truffé de moments excitants. Le message est pour le moins contradictoire.

DE LA CLARTÉ

Lors d'une conférence de presse, le cinéaste, lauréat d'un Oscar grâce à Braveheart, expliquait qu'à son avis, l'élément le plus important dans la réalisation d'une scène de combat est la clarté.

« Même si l'action se déroule dans le chaos le plus total, il faut que le spectateur soit capable de suivre et de distinguer qui est qui. »

Interrogé sur ce qu'il pense des guerres, passées ou présentes, la vedette des films Lethal Weapon a répondu qu'il les « détestait mais qu'il fallait aimer les guerriers ».

« On doit rendre hommage à ces hommes qui ont eu à souffrir pour défendre notre liberté. Il est important de bien s'occuper de nos anciens combattants. »

Nous aurions bien voulu qu'il s'exprime sur la représentation de la violence à l'écran, mais la conférence de presse a pris fin avant que le micro ne se rende au représentant de La Presse. Peut-être Mel Gibson s'exprimera-t-il là-dessus à la prochaine soirée des Oscars ? Cela n'est pas impossible.

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Hacksaw Ridge prendra l'affiche le 4 novembre.

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