Le film de Villeneuve séduit la Mostra

Amy Adams dans une scène d'Arrival.... (Photo fournie par Paramount Pictures)

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Amy Adams dans une scène d'Arrival.

Photo fournie par Paramount Pictures

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(Venise) Dire d'Arrival, nouveau film de Denis Villeneuve, qu'il est attendu relève de l'euphémisme. Ce drame de science-fiction, dont les têtes d'affiche sont Amy Adams et Jeremy Renner, a enfin été dévoilé hier à la Mostra de Venise, où il est en lice pour le Lion d'or. Et il a assurément tenu ses promesses. C'est un peu comme si l'univers de Steven Spielberg, époque Close Encounters of the Third Kind, fusionnait avec ceux de Terrence Malick (pour la poésie des images) et de Christopher Nolan, façon Interstellar (pour l'émotion).

Magnifié par la très belle trame musicale de Jóhann Jóhannsson, le récit impose d'emblée son caractère anxiogène quand une douzaine de vaisseaux similaires - tous de forme ovale - se posent à différents endroits sur Terre. La matière de ces vaisseaux est inconnue. Une équipe d'experts est dépêchée sur les lieux afin de tenter de prendre contact avec ces êtres venus d'ailleurs. À leur tête, une experte linguiste (Amy Adams), ainsi qu'un scientifique mathématicien (Jeremy Renner).

En ne tombant jamais dans l'excès, Denis Villeneuve orchestre un vrai suspense en maintenant une tension optimale. On retiendra notamment cette scène pendant laquelle plusieurs spécialistes pénètrent par le bas à l'intérieur du vaisseau afin d'aller voir ce qui s'y trouve, peut-être, plus haut.

Le rapport aux «autres»

On ne peut guère en dire plus sur ce plan, à moins d'entrer dans le cercle des divulgâcheurs. On peut toutefois affirmer qu'en portant à l'écran ce scénario qu'Eric Heisserer a tiré du roman de Ted Chiang Story of Your Life, Denis Villeneuve met sa grande maîtrise - il est vraiment au sommet de son art - au service d'une histoire qui s'inscrit parfaitement dans l'air du temps, notamment sur le rapport aux «autres».

On ne s'étonnera guère qu'Arrival n'ait strictement rien à voir avec les films catastrophes dans lesquels des extraterrestres belliqueux détruisent tout sur leur passage afin de provoquer des frissons bon marché. Ici, c'est tout le contraire. D'autant que la façon dont les extraterrestres se révèlent capte l'imagination.

Retenu sur le tournage de la suite de Blade Runner, le cinéaste québécois n'était pas à Venise pour accompagner son film hier. Il y sera toutefois lundi pour rencontrer les médias.

En revanche, l'équipe du film était dignement représentée, notamment grâce à la présence des acteurs.

Amy Adams a en outre déclaré que sa rencontre avec le cinéaste constituait «l'une des plus grandes joies de [sa] carrière».

«J'avais évidemment déjà beaucoup aimé le scénario à la lecture, a-t-elle ajouté. Mais Denis m'a expliqué dès le départ que, malgré les éléments de science-fiction qu'il contient, ce film-là est d'abord construit autour de l'histoire d'une femme. Ça fait du bien à entendre!»

De l'intelligence émotionnelle

Quand on l'a sondée pour ce rôle, Amy Adams a tenu à ce que le cinéaste, dont l'opus précédent, Sicario, était en compétition au Festival de Cannes l'an dernier, lui explique pourquoi il voulait faire appel à elle.

«J'ai été habituée à aller passer des auditions. Mais quand on m'offre un rôle, j'ai besoin de connaître les raisons pour lesquelles on tient à moi. Si on me répond que c'est parce qu'on souhaite que le personnage soit aimable, je refuse.»

«Mais ce n'est pas ce que Denis m'a répondu. Il m'a dit: "J'ai besoin de savoir ce qu'elle pense. Et je peux voir ce que tu penses à travers ton jeu." Ça m'a aidée de savoir ce que Denis attendait de moi. Il est très calme aussi. Son plateau est très serein.»

Jeremy Renner, qui a fait sourire l'auditoire en précisant que ce rôle le changeait de celui d'archer, souligne «l'intelligence émotionnelle» du cinéaste québécois.

«Vraiment, c'est du génie, lance-t-il. Je ne sais pas comment il fait pour équilibrer tout ça, mais à l'arrivée, Denis est patient, réfléchi et de commerce très agréable. Il apprécie aussi la collaboration de tous, mais au bout du compte, c'est lui, le commandant en chef.»

L'interprète de Hawkeye dans les films des studios Marvel apprécie aussi les thèmes véhiculés dans Arrival.

«Un des aspects que le film aborde est vraiment fascinant, fait-il remarquer. Quand l'humanité est au pire, elle se permet alors de retrouver ce qu'elle a de mieux grâce au sentiment de compassion.»

Arrival sera présenté ce week-end au festival de Telluride et la semaine prochaine au festival de Toronto. Il clôturera plus tard le festival de San Sebastián. Sa sortie chez nous est prévue le 11 novembre.

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