Le clan: enlèvements en famille à Buenos Aires

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Le réalisateur Pablo Trapero

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Liliana Samuel
Agence France-Presse
Buenos Aires, Argentine

Le film argentin Le clan, en compétition à la Mostra de Venise, dresse le portrait glaçant des Puccio, une famille apparemment normale passée maître dans les enlèvements de personnes fortunées à Buenos Aires.

Alors que l'Argentine expérimente la démocratie après la dictature militaire (1976/1983), Le clan revient sur quatre enlèvements retentissants commis entre 1982 et 1985, jusqu'à ce que les Puccio soient démasqués par la police, et arrêtés dans la maison familiale de San Isidro, une banlieue résidentielle de la capitale argentine.

Le père Arquimedes, comptable, est le stratège. Il planifie les enlèvements contre rançon, ciblant deux connaissances de son fils et deux chefs d'entreprise. Le fils aîné Alejandro, rugbyman jouant pour l'équipe nationale d'Argentine, participe aux forfaits, son frère cadet Daniel collabore aussi.

La mère Epifania affiche une attitude passive et complice, allant jusqu'à rappeler à l'ordre Alejandro, quand il manifeste le désir de rompre avec la vie criminelle. Deux amis du père complètent l'organisation criminelle.

Le 9e long métrage du réalisateur Pablo Trapero est coproduit par la maison de production espagnole El Deseo, des frères Agustin et Pedro Almodovar.

«Je m'attends à ce que le film reçoive un bon accueil à Venise, et du public, avec le même enthousiasme et la même émotion que nous avons ressentie en Argentine», dit le réalisateur de 43 ans, qui avait une douzaine d'années au moment des faits relatés.

Un million et demi de spectateurs

Lors des deux premières semaines d'exploitation dans les salles de cinéma argentines, Le clan a attiré un million et demi de spectateurs, mieux que le record établi l'an dernier par Les nouveaux sauvages, et que toutes les superproductions américaines.

Habitué de la sélection Un certain regard du Festival de Cannes, trois de ses films ont été en lice dans cette catégorie, Trapero a également présidé le jury de cette sélection en 2014.

«J'ai entendu parler de l'affaire Puccio quand j'avais 13 ou 14 ans, quand ils ont arrêtés le 23 août 1985 (...) Le film raconte l'intimité de cette famille, et on découvre son activité criminelle, cette pratique horrible, et le contexte historique du pays», se souvient le cinéaste argentin, lors d'un entretien avec l'AFP dans son bureau chargé de prix et diplômes, dans les locaux de sa maison de production Matanza Cine.

Quand le scandale a éclaté, en 1985, le fils aîné portait les couleurs d'un club emblématique, le Club Atletico San Isidro (CASI).

Les personnages sont d'abord attachants, notamment le jeune rugbyman, on imagine des motivations politiques derrière les enlèvements. Non, l'appât du gain est le fil conducteur, sans pour autant que l'enrichissement personnel apparaisse à l'écran.

La caméra réaliste dévoile entre le père et le fils, brillant sportif, «une relation froide, et une cruauté inédites; et ce fils qui vit sous l'emprise de son père alors qu'il est en mesure de s'enfuir», fait remarquer le réalisateur.

Avant les enlèvements, Arquimedes Puccio avait mouillé dans la contrebande d'armes et avait des liens avec les services de renseignement. Il sera condamné à la prison à perpétuité et meurt à l'âge de 83 ans après avoir toujours nié les faits.

Alejandro Puccio, malgré quatre tentatives de suicide, passera plus de vingt ans en prison avant de mourir peu après sa libération en 2008.

Trapero retourne au Festival de Venise, après y avoir remporté le prix de la critique en 1998 avec «Mundo Grua». Le clan sera ensuite en compétition aux festivals de Toronto et San Sebastian.

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