L'île du docteur Moreau: tournage d'horreur

Le documentaire Lost Soul de David Gregory revient... (Photo fournie par le FNC)

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Le documentaire Lost Soul de David Gregory revient sur le tournage du film L'île du docteur Moreau duquel le réalisateur Richard Stanley s'est fait rapidement renvoyer.

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Comme dans n'importe quel domaine, certains projets de films tournent à la foire. Tel fut le cas de L'île du docteur Moreau, long métrage de John Frankenheimer sorti en 1996.

Ce dernier avait remplacé au pied levé le réalisateur d'origine, Richard Stanley, renvoyé au terme de quatre jours de tournage pour incompatibilité de vision avec les producteurs.

Or, tout le monde fondait beaucoup d'espoirs en Stanley, étoile montante du cinéma d'horreur avec ses films Hardware et Dust Devil, lorsqu'il s'est attelé à cette nouvelle adaptation du roman d'H.G. Wells.

L'arrivée de Frankenheimer n'a rien changé à la trajectoire catastrophique du film, comme le montre le cinéaste David Gregory dans son documentaire Lost Soul - The Doomed Journey of Richard Stanley's Island of Dr. Moreau, présenté au Festival du nouveau cinéma.

À quelques jours de son passage à Montréal pour présenter son oeuvre, La Presse a joint David Gregory à Los Angeles.

Quels éléments vous ont attiré pour revenir sur cette histoire?

Tout est différent dans cette saga qui est unique et qui fut une vraie folie. Entre autres en raison de l'attitude de Marlon Brando et Val Kilmer sur le plateau de tournage. Mais aussi parce que le système hollywoodien a brisé Richard Stanley dans son élan créateur. Des histoires de plateaux de tournage qui tournent mal, ça arrive, mais pas à ce point-là!

En tant qu'amateur de films d'horreur, comment avez-vous réagi en visionnant Dr. Moreau?

Je vivais déjà à Los Angeles et je me rappelle avoir d'abord vu l'affiche. J'ai lu le nom de John Frankenheimer à titre de réalisateur, ce qui m'a intrigué puisque je savais que Richard Stanley devait être à la barre du projet. Connaissant son travail, j'avais de grands espoirs. Le visionnement fut très décevant.

Des exemples?

Le film s'amorce bien, mais très rapidement, les choses dérapent. Ainsi, les hommes-bêtes sont toujours filmés de jour, de sorte que les maquillages et les costumes sont très visibles. Et pourquoi ces scènes ridicules de Marlon Brando avec un seau à glace sur la tête ou le visage totalement blanchi?

Avez-vous eu de la difficulté à convaincre Richard Stanley de vous parler du film?

Je n'aurais pas fait le film sans lui. Nous avions fait connaissance lorsque nous avons travaillé ensemble sur le film à sketches The Theatre Bizarre. Nous nous sommes rencontrés chez lui, à Montségur, dans les Pyrénées. Lorsque j'ai commencé à lui poser des questions sur le tournage de Dr. Moreau, il était réticent à en parler, puis il s'est ouvert. Depuis ce tournage, il y a eu toutes sortes de rumeurs autour de ce film et Richard, je crois, a ainsi voulu remettre les pendules à l'heure.

Qui a le plus souffert de ce naufrage ? Stanley ou John Frankenheimer?

À mon avis, c'est Richard Stanley. Frankenheimer avait déjà beaucoup de films (Le prisonnier d'Alcatraz, Un crime dans la tête, Dimanche noir) derrière lui. Il était en fin de carrière. Alors que Stanley amorçait sa carrière de cinéaste. Il a été blessé et n'a plus jamais tourné de long métrage. Il travaille actuellement à une adaptation d'un roman de H.P. Lovecraft, The Color Out of Space. Son scénario est extraordinaire!

Avez-vous éprouvé de la difficulté à convaincre les gens de parler?

Pour la plupart, les gens voulaient parler de cette expérience un peu folle. Le contexte dans lequel ils ont tourné le film est plus présent à leur mémoire que le film lui-même. Le fait que Richard Stanley participe au film m'a aidé. J'ai aussi eu des refus. J'aurais aimé avoir le point de vue de Val Kilmer, mais il n'a jamais rappelé. Même chose pour le producteur Mike [Michael] De Luca. Je crois qu'il est devenu trop important à Hollywood [The Social Network, Captain Phillips] et ne veut sans doute pas revenir sur cet épisode de sa carrière.

Dimanche, 19 h 30, Cinéma du Parc Mardi 14 avril, 15 h 10, annexe du pavillon Judith-Jasmin

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