Serge Losique réclame 2,5 millions à la SODEC

Serge Losique, président du FFM, accuse notamment la... (Archives La Presse)

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Serge Losique, président du FFM, accuse notamment la présidente de la SODEC, Monique Simard, d'être en conflit d'intérêts, étant donné qu'elle a fait partie de l'équipe qui avait lancé un festival concurrent en 2005.

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Alors que son Festival des films du monde (FFM) est criblé de dettes, Serge Losique contre-attaque. Il demande aux tribunaux de forcer la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) à lui verser 2,5 millions en fonds publics, pour compenser les torts causés par l'organisme gouvernemental et sa présidente, qu'il accuse d'avoir «ourdi un complot» pour «anéantir» son bébé.

En novembre, La Presse révélait que la SODEC, l'organisme provincial chargé de subventionner la culture, avait déposé une poursuite contre le Festival afin de récupérer 900 000 $, soit le solde d'un prêt accordé en 2010 et jamais remboursé.

Dans sa réponse déposée au dossier de la cour, le FFM reprend une série d'arguments évoqués au fil des ans par certains de ses dirigeants pour expliquer ses déboires financiers.

Refus «de bon droit»

La réponse rédigée par le bureau d'avocats Duplessis-Robillard précise que le FFM refuse «de bon droit» de rembourser les sommes réclamées par la SODEC, et ce, pour trois raisons.

D'abord, il était prévu que le prêt serait remboursé à même les futures subventions qui étaient attendues de la SODEC pour les éditions futures du Festival. Or, comme celle-ci a cessé de financer l'événement, elle a elle-même rendu le remboursement impossible. D'autres partenaires du secteur public comme la Ville de Montréal et Loto-Québec se sont retirés à la même époque en raison d'un «effet domino», selon la direction du Festival.

Par ailleurs, le FFM accuse la présidente de la SODEC, Monique Simard, d'être en conflit d'intérêts. En effet, en 2005, neuf ans avant sa nomination à la société d'État, elle a fait partie de l'équipe qui avait lancé un festival concurrent, le Festival international de films de Montréal, «pour éliminer, voire anéantir le FFM». Ce festival concurrent avait reçu l'appui des organismes subventionnaires, mais n'avait connu qu'une édition.

Finalement, le FFM affirme que Mme Simard aurait manqué à ses obligations légales en diffusant des informations sur le FFM qui auraient dû demeurer confidentielles ou privées, «dans le but à peine subtil de nuire au FFM et de lui causer des pertes financières».

Soutenir, pas détruire

La SODEC se retrouvait ainsi à agir «à l'encontre de sa mission première, qui est de soutenir les organismes culturels tel le FFM, et non pas de les régir et encore moins de les détruire», lit-on dans le document judiciaire.

«Il s'agit d'une première au Canada que l'on continue de s'acharner sur une grande institution culturelle au service des cinéphiles, qui ont indubitablement un droit d'accès à la culture universelle via le cinéma, les cinéphiles étant, soit dit en passant, des contribuables étant minimalement en droit de s'attendre à la tenue de leur festival annuel», conclut le document.

Non seulement le FFM n'a pas l'intention de rembourser les 900 000 $, mais il réclame en plus 2,5 millions en dommages à la SODEC. Aucune date n'a été fixée pour un éventuel procès.

Le torchon brûle depuis longtemps entre la direction du FFM et Monique Simard. En 2014, cette dernière avait montré du doigt le président fondateur Serge Losique et évoqué des problèmes de gouvernance, de vision et une absence de renouvellement au FFM. «Le FFM a déjà reçu plusieurs mises en garde. Sans rien changer. On ne peut pas jeter chaque année l'argent public dans un puits sans fond», avait-elle dit à La Presse.

L'an dernier, le festival a réussi à se maintenir à flot grâce à des prêts privés négociés par Serge Losique.

***

Le FFM en quelques dates

1977 : Première édition du FFM

2005 : Plusieurs partenaires tentent de créer un événement rival, le Festival international de films de Montréal, qui concurrence directement le FFM et est privilégié par les organismes subventionnaires comme la SODEC. C'est l'échec après une édition.

2010 : La SODEC, qui subventionne déjà le FFM, lui accorde en plus un prêt de un million.

2014 : Peu après l'arrivée de la nouvelle présidente Monique Simard, la SODEC ampute de beaucoup la subvention du FFM. Téléfilm Canada et la Ville de Montréal retirent aussi leur soutien.

2015 : La SODEC poursuit le FFM pour non-remboursement du prêt de 900 000 $.

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