SODEC et FFM: dur divorce

La directrice générale du FFM, Danièle Cauchard.... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

Agrandir

La directrice générale du FFM, Danièle Cauchard.

Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

Marie-Michèle Sioui
La Presse

La séparation du Festival des films du monde de Montréal (FMM) et de la SODEC, après que cette dernière a retiré sa subvention à l'événement cinématographique, prend des allures de divorce acrimonieux.

Au lendemain des révélations de La Presse citant des analyses sévères des demandes de subventions du FFM par la SODEC, la directrice générale du festival, Danièle Cauchard, a tenté de rectifier le tir.

«Les "analystes" de la SODEC prétendent que la capacité des sièges du FFM en 2013 était de 162 418, ce qui est faux, car le nombre exact était de 204 281», a-t-elle écrit dans une lettre qu'elle a fait parvenir à La Presse hier. Elle tente ainsi de démonter une partie de l'argumentaire de la SODEC, qui écrivait dans un rapport que l'addition des entrées déclarées par le FFM représentait 110% de la capacité totale d'occupation des sièges disponibles. Un pourcentage qui ne tient évidemment plus une fois le nombre total de sièges rectifié.

«Il est incroyable qu'une partie de l'argumentation de la direction de la SODEC soit basée sur des capacités de salles mal calculées», s'est encore indignée Mme Cauchard. «Les "analystes" de la SODEC auraient-ils des lacunes en mathématiques?»

Un «bar ouvert» à la SODEC?

Danièle Cauchard est d'autant plus acerbe qu'elle estime que la SODEC a contrevenu à la loi en remettant des documents d'analyse des demandes de subvention du FFM.

«Il est encore plus incroyable que la SODEC transmette un "rapport interne" sur le FFM à La Presse, soi-disant en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, sans que quiconque au FFM ait été avisé et ait eu le droit de prendre connaissance dudit rapport au préalable», a-t-elle écrit.

Vérifications faites, la SODEC aurait bel et bien dû aviser le FFM, considéré comme un tiers dans la demande d'accès à l'information. «Si le rapport contient des demandes de subvention ou fait référence à des éléments confidentiels contenus dans les demandes de subvention, alors oui, la SODEC avait l'obligation d'avertir le FFM», a confirmé l'avocat spécialisé en médias Mark Bantey. «Le FFM pouvait refuser.»

C'est donc dire que les documents, qui remettaient en doute la gouvernance, la cohérence de la programmation et le processus de sélection des oeuvres artistiques du FFM, auraient pu rester confidentiels.

D'où la colère de Danièle Cauchard, qui conclut sa lettre en décrivant la SODEC comme un «bar ouvert».

«Il semble donc que les rapports internes de la SODEC soient disponibles à quiconque en fait la demande», a-t-elle extrapolé. «Donc, avis à tous les demandeurs d'aides à la production, tous les demandeurs d'aides dans tous les domaines: vous avez le droit de demander à la SODEC n'importe quel rapport interne sur n'importe quel organisme ou particulier.»




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer