Pas de dernière chance au FFM

Dans le plan de relance du FFM, son... (PHOTO: MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

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Dans le plan de relance du FFM, son président Serge Losique serait appelé à jouer un rôle de type «honoraire» au sein de l'organisation.

PHOTO: MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

La SODEC, Téléfilm Canada et la Ville de Montréal ne donneront pas de dernière chance au Festival des films du monde de Montréal. Le 38e FFM, qui se déroulera du 21 août au 1er septembre, devra ravaler ses espoirs et se passer de subventions totalisant environ 750 000 $ de la part des instances publiques. C'est ce qu'a confirmé hier Manon Gauthier, responsable de la Culture à la Ville de Montréal.

La responsable réagissait aux manchettes des journaux faisant état d'un plan de relance visant à éponger les dettes du FFM. Le plan de relance concocté par l'ex-haut fonctionnaire, consultant et directeur de l'institut sur la gouvernance, Michel Nadeau, prévoit d'hypothéquer le cinéma Impérial qui appartient au FFM et dont la valeur sur le marché est estimée à 7 millions.

Rappelons que l'Impérial a été donné au FFM pour 1 dollar symbolique par Cinéplex Odéon. Le cinéma a ensuite été rénové grâce à une collecte de fonds de 5 millions.

«C'est de très bon augure que le festival se reprenne en mains et ait un plan de transition, mais cela ne change rien à notre décision de suspendre notre subvention, a affirmé Manon Gauthier. L'année prochaine, le FFM pourra refaire une soumission, mais cette année, nous préférons attendre, observer et voir comment les choses vont aller. Nous avions le sentiment que nos investissements étaient à risque et ce sentiment ne s'est pas dissipé avec l'annonce de la relance.»

Manon Gauthier a ajouté que la décision de couper la subvention de la Ville a été prise de manière concertée avec le maire Denis Coderre et que celui-ci est parfaitement au courant et d'accord avec la mesure. «Pour nous, poursuit Manon Gauthier, ce n'est pas une question de dernière chance. Des chances, le FFM en a eu pendant des années. Ce n'est pas d'hier que le festival est remis en question. C'est pourquoi à nos yeux, il était de notre devoir et de nos responsabilités de poser ce geste-là cette année, un geste difficile, mais courageux fait au nom de la saine gestion des fonds publics.»

La responsable de la Culture a raconté avoir fait le point avec Monique Simard de la SODEC hier matin, alors que les journaux annonçaient la relance du FFM et la fin imminente de l'ère Losique-Cauchard. Tous deux étaient d'accord pour ne pas revenir sur leur décision. Idem pour Carole Brabant, la directrice de Téléfilm Canada, sauf qu'une fois de plus, c'est seulement Manon Gauthier qui a pris position publiquement. Carole Brabant de Téléfilm Canada s'est refusée à tout commentaire par l'entremise de son porte-parole. La SODEC a pour sa part envoyé un communiqué laconique en fin de journée, confirmant qu'elle maintenait sa décision de ne pas soutenir l'édition 2014 du FFM.

Quant à Michel Nadeau, l'architecte du plan de relance du FFM et ami de longue date de Serge Losique, le refus de financement des institutions l'a rendu furieux.

«La théorie du risque financier qu'ils avancent pour nous refuser les subventions, je n'achète pas ça une seule seconde! C'est de la foutaise. Ça ne tient pas la route», fulmine celui qui a fait de la gestion de risque à la Caisse de dépôt et placement pendant 30 ans. Dans le même souffle, Michel Nadeau assure que les fonds versés par les instances publiques vont servir à payer les factures, les fournisseurs, et rien d'autre.

Hier, en fin de journée, Nadeau a fait le tour des tribunes pour exiger des explications de la part des bailleurs de fonds publics. Il a aussi affirmé que le 38e FFM se tiendrait coûte que coûte. Une heure avant au téléphone, il admettait toutefois qu'avec un manque à gagner d'environ 750 000 $, la tâche serait ardue.

«On ne pourra pas lever l'hypothèque de l'Impérial demain matin, c'est une procédure complexe. Or nous sommes à six semaines du FFM. Notre marge de crédit à la Caisse de la culture est saturée. Nous allons devoir faire appel à du financement privé. C'est plate, mais nous ne lâcherons pas. On a vécu la même chose en 2005 et en 2006. On a survécu et on survivra.»

Baume sur les plaies du FFM, une lettre datée du 23 juin et provenant de la Fédération internationale des associations de producteurs de films (FIAPF) basée à Paris est venue donner un appui inconditionnel au festival malmené. Le directeur général Benoît Ginisty y écrit: «Le Festival des films du monde est un festival international historique qui contribue à la promotion et à la découverte du cinéma mondial. Sa mission est en pleine conformité avec l'esprit du programme d'accréditation de la FIAPF et de son règlement.» Il s'agit d'une lettre et non d'un chèque, mais dans les circonstances, c'est mieux que rien.




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