FFM: fin de l'ère Losique-Cauchard

Projection en plein air à la Place des... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Projection en plein air à la Place des Festivals lors de la dernière édition du Festival des films du monde.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Alors que plusieurs le croyaient à l'agonie, le Festival des films du monde entame une vaste réorganisation. Effacement d'une dette-boulet, création d'une nouvelle équipe de direction, relation de confiance avec les bailleurs de fonds, tout sera entrepris pour redonner du lustre à cet événement en 2015.

Ayant subi un véritable électrochoc en apprenant que la SODEC ne subventionnerait pas leur événement cette année, les membres du conseil d'administration du FFM ont décidé de donner un sérieux coup de barre à l'organisation.

Lors d'une entrevue exclusive avec Michel Nadeau, leader des administrateurs du FFM et ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, La Presse a appris que le FFM avait décidé d'hypothéquer en partie le cinéma Impérial, dont il est propriétaire. Cela lui permettra de résorber la dette de 2,5 millions que traîne l'organisme depuis 2005, année où la SODEC et Téléfilm Canada avaient stoppé leur financement pour deux ans. Grâce à ce geste, les administrateurs espèrent redonner confiance aux subventionnaires.

Cette initiative coïncide avec des démarches entreprises par le conseil d'administration pour renouveler la direction du FFM à la suite de l'annonce, en février, du départ de la directrice générale Danièle Cauchard, qui conclut sa dernière édition en 2014.

«Auparavant, nous étions en mode veille. M. Losique et Mme Cauchard géraient le festival. Mais avec l'annonce du départ de Mme Cauchard, le conseil d'administration s'est mis en mode proactif pour assumer un plan de transition et bâtir une nouvelle vision du FFM», a déclaré en entrevue Michel Nadeau.

Outre l'embauche d'un nouveau DG, Michel Nadeau évoque la possibilité d'un nouveau rôle pour Serge Losique. Celui qui assure la présidence et mène d'une main de fer cet événement d'envergure internationale serait appelé à jouer un rôle de type «honoraire» au sein de l'organisation.

Une édition en août

Michel Nadeau assure que le FFM tiendra sa prochaine édition, prévue du 21 août au 1er septembre. Les administrateurs veulent toutefois convaincre la SODEC, Téléfilm et la Ville de Montréal de la financer. À eux seuls, ces trois organismes ont versé 752 683$ en 2013 au FFM, soit environ 25% du budget de l'événement.

Le FFM a appris il y a quelques semaines que la SODEC refusait de subventionner l'édition de 2014. Dans une lettre datée du 30 mai, la présidente de l'organisme, Monique Simard, évoque la situation financière précaire du festival pour justifier le retrait du financement. «Dans l'éventualité d'un plan majeur de redressement financier, vous pourrez déposer une demande pour l'édition 2015», écrit-elle.

Quant à Téléfilm et à la Ville de Montréal, ils n'auraient pas fait officiellement part de leurs intentions, soutient Michel Nadeau.

La dette du FFM se divise en trois segments: une somme de 950 000$ due à Serge Losique qui a hypothéqué tous ses biens, un prêt de 1 million obtenu de la SODEC en 2010 et des créances courantes d'environ 450 000$.

L'argent dû à M. Losique est en fait un prêt bancaire pour lequel le FFM ne paie que les intérêts de 3%. Le prêt annuel de la SODEC doit être remboursé capital et intérêts. Quant aux autres créanciers, ils ont tous été remboursés, mais souvent avec plusieurs mois de retard.

Dans cette équation, c'est la dette envers la SODEC qui fait mal, dit Michel Nadeau. «Il faut rembourser capital et intérêts au taux préférentiel de 3% [autour de 6%]. En 2013, nous avons remis 105 000$ à la SODEC. Sans le prêt à la SODEC, nous aurions terminé l'édition 2013 avec un léger surplus.»

Dette envers Serge Losique

Si c'est la dette envers la SODEC qui a le plus de poids à court terme, c'est toutefois la dette envers Serge Losique qui fait tiquer les subventionnaires, croit M. Nadeau.

«Ce sont des gestionnaires de fonds publics. Ils avaient la crainte - justifiée - que l'argent serve à rembourser M. Losique ou d'autres fournisseurs. Ils ne voulaient pas que leurs subventions servent à rembourser des créances des années passées.»

C'est là que l'idée d'hypothéquer l'Impérial, organisme dont M. Losique est président, s'est imposée. L'argent obtenu de l'hypothèque servira à réduire la dette. Qui plus est, M. Losique sera remboursé en dernier, après avoir quitté la direction de son festival et sur une période de dix ans.

«L'Impérial n'est pas un actif stratégique, essentiel au festival. Dans ce contexte, nous nous sommes dit que nous allions l'hypothéquer et peut-être qu'un jour, on le vendra. Il y a une évaluation de 7 à 8 millions de dollars dessus», dit Michel Nadeau.

Ce dernier ajoute avoir déjà eu des discussions verbales avec la présidente de la SODEC, Monique Simard, Téléfilm et la Ville de Montréal dans l'espoir qu'ils reviennent sur leur décision et subventionnent le FFM en 2014.

«Nous disons aux organismes subventionnaires: donnez-nous une chance! Donnez-nous une dernière subvention pour l'ère Losique-Cauchard. Donnez-nous un petit coup de pouce pour passer à travers, et après ça, nous, on va respirer», conclut Michel Nadeau.

La Presse a tenté lundi de joindre Monique Simard pour obtenir sa réaction. Celle-ci a promis de nous parler ultérieurement.




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