Un réalisateur primé à Sundance vante la «ténacité de Homs»

Le réalisateur syrien Talal Derki s'est mérité le... (Photo: fournie par le Festival de Sundance)

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Le réalisateur syrien Talal Derki s'est mérité le Grand prix du jury pour son film Return to Homs.

Photo: fournie par le Festival de Sundance

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Agence France-Presse
Beyrouth

Le réalisateur syrien Talal Derki, récompensé au 30e Festival américain du cinéma indépendant de Sundance, a affirmé avoir voulu par son documentaire rendre hommage à la «ténacité» des assiégés de la ville de Homs.

Return to Homs, qui a reçu la semaine dernière le Grand prix du jury, suit l'évolution de la révolte en Syrie, commencée par des manifestations pacifiques avant de sombrer dans une guerre brutale qui a fait plus de 130 000 morts depuis mars 2011.

«Homs avait été surnommé capitale de la révolution en raison de l'ampleur des manifestations et son caractère pacifique», explique à l'AFP le réalisateur joint via internet.

Il a suivi deux jeunes, Abdel-Basset al-Sarout, gardien de but devenu l'interprète le plus populaire des chansons contestataires, et Oussama al-Homsi, étudiant devenu journaliste-citoyen.

Face à la réponse brutale du régime, «l'un prend les armes et l'autre reste fidèle à l'aspect pacifique de la contestation jusqu'à son arrestation et sa disparition», explique-t-il.

Al-Sarout devient commandant au sein de la rébellion et Homsi refuse de porter les armes, se bornant à documenter la détresse de sa ville.

Homs a subi des destructions considérables et la vielle ville, tenue par les rebelles, est assiégée et affamée par l'armée. «Les gens crèvent de faim et le quartier est bombardé sans répit», explique le réalisateur.

«En tant qu'artiste, j'ai trouvé que leur ténacité ressemblait à un conte. C'est incroyable que ces gens qui subissent la plus violente campagne militaire, quelque chose d'insupportable, continuent à résister après 600 jours de siège».

Réunis depuis plusieurs jours à Genève, régime et opposition ont discuté sans succès de l'aide à apporter à Homs. Les autorités se disent prêtes à laisser sortir femmes et enfants mais l'opposition souhaite que l'aide soit apportée aux habitants affamés à l'intérieur.

Talal Derki, qui vit désormais du côté turc de la frontière avec la Syrie, prépare un autre documentaire sur son pays. Un film «peut rassembler», estime-t-il, notant que la réaction à Return to Homs a été incroyablement positive, spécialement aux États-Unis.

«Même ceux qui ne connaissent rien au conflit en Syrie ont tout compris clairement: le conflit entre un peuple et un dictateur entouré de mercenaires, un jeune syrien prêt à se sacrifier pour défendre sa maison, son quartier et ses voisins».

«Des gens m'ont dit à la sortie du cinéma: Nous ne comprenions pas vraiment ce qui se passait en Syrie jusqu'à présent. Ils ont besoin de notre soutien, même si c'est avec des mots».




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