Le Québec à la Quinzaine des réalisateurs

Le sujet, de Patrick Bouchard... (Photo fournie par la Quinzaine des réalisateurs)

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Le sujet, de Patrick Bouchard

Photo fournie par la Quinzaine des réalisateurs

(CANNES) C'est aujourd'hui le grand jour pour le cinéaste québécois Patrick Bouchard, dont le court métrage d'animation Le sujet a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs. Déjà lancé aux Rendez-vous du cinéma québécois plus tôt cette année, le film relate l'histoire d'un animateur qui fouille dans son propre corps pour en extraire tout ce qui est encore trop lourd de mauvais souvenirs. Le sujet, rappelons-le, est le seul film québécois ayant été invité au bal cannois cette année. Nous avons croisé le cinéaste à son arrivée sur la Croisette.

À quoi vous attendez-vous pour cette première présence à Cannes?

Je suis impressionné. On se rend compte à quel point c'est gros, et à quel point c'est beau aussi. Donc, le festival m'impressionne et l'endroit me charme. Ça donne juste envie d'aller se mettre les pieds dans l'eau ! Plus sérieusement, j'arrive ici sans trop savoir à quoi m'attendre. Je me suis rendu compte qu'à chaque projection - je l'ai vécu pendant les Rendez-vous -, le film fait beaucoup réagir.

Quelles sortes de réactions votre film engendre-t-il?

C'est justement ça qui est plus difficile à mesurer. Plusieurs spectateurs l'aiment et l'apprécient, mais d'autres le détestent parce qu'ils ne peuvent pas supporter ce qu'ils voient. Le sujet provoque une réaction viscérale, en fait. À mes yeux, il y a quelque chose de très libérateur dans cette histoire, mais il y a des gens qui ne le voient pas comme ça et le prennent davantage au premier degré. Même si l'aspect artificiel est très apparent, on dissèque quand même un corps et on l'ouvre. Quand ce film a été présenté au festival Regard à Saguenay, je me suis bien aperçu que les gens mettaient un petit moment avant de réagir, comme s'ils étaient un peu sous le choc.

À la Quinzaine, votre film sera présenté dans le cadre d'un bouquet de courts métrages. Préférez-vous cette formule? Ou est-ce mieux de programmer un court métrage avant un long?

J'aime la formule d'un programme consacré uniquement à des courts métrages, mais encore faut-il que ton film soit bien placé. Là, je ne sais pas encore où Le sujet sera placé dans le programme de la Quinzaine et j'avoue que ça me fait un peu peur. Au mauvais endroit, au mauvais moment, le film peut complètement tomber à plat. Les tonalités des oeuvres présentées avant peuvent aussi jouer. Pour ce film, la place idéale serait au tout début du programme ou à la toute fin. C'est un film qui fait vivre quelque chose au spectateur, qui relève du ressenti et qui remue. Il est conçu comme ça.

Le cinéaste Patrick Bouchard... (Photo fournie par le cinéaste) - image 2.0

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Le cinéaste Patrick Bouchard

Photo fournie par le cinéaste

Vous dites que ce film a été difficile à faire. Pourquoi?

Ça a été dur en «ta». Ça a été dur parce que chaque tableau que je devais faire remuait des choses. Comme je n'avais pas de scénario, un million de possibilités s'ouvraient aussi à moi et je devais me fixer sur quelques-unes d'entre elles.

Quand il a pris l'affiche à Montréal, votre court métrage a été jumelé à Ava, un film de Sadaf Foroughi. Est-ce encore la meilleure formule pour la diffusion d'un court métrage?

Oui, mais il reste que dans la culture d'exploitation des films, les gens s'en vont voir un long métrage. Et s'ils ne sont pas bien renseignés, ils vont se demander ce que peut bien être cet ovni qu'on leur présente sans les avertir, et être frustrés par la chose. Cela dit, j'ai du mal à comprendre pourquoi, dans notre système d'exploitation, les longs métrages ne sont pas systématiquement précédés d'un court. Ça créerait une véritable habitude chez les gens.

Qu'espérez-vous de votre passage à Cannes?

J'espère que mon film sera remarqué, c'est certain. Et qu'il sera repêché par les festivals spécialisés, car il s'agit du principal débouché pour les courts métrages. Le film est déjà sélectionné au festival d'animation d'Annecy, et là, plusieurs autres festivals commencent à m'approcher. Cannes a un gros impact sur ce plan.

Avez-vous d'autres projets en chantier?

Ce film a tellement pris de moi-même que dans l'immédiat, j'ai davantage envie de mettre mon expertise d'animateur au service de projets réalisés par d'autres cinéastes. Ce qui ne veut pas dire que je m'éloigne de la réalisation pour autant!




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