Un conte noir russe de l'Ukrainien Loznitsa à Cannes

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Le réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa a présenté La femme douce en compétition à Cannes.

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Agence France-Presse
Cannes

Un monde d'ivrognes, de truands, de putains et elle, La femme douce, brusquement plongée dans cet univers de damnés à la recherche de son mari: en compétition à Cannes, l'Ukrainien Sergueï Loznitsa a offert jeudi un conte russe plein de noirceur.

C'est un colis retourné à l'envoyeur et destiné à un homme emprisonné en Sibérie pour meurtre qui est l'élément déclencheur du voyage mouvementé de son épouse.

Direction la prison, elle s'embarque pour deux jours à bord d'un train, décidée à remettre le colis à son destinataire. C'est le premier motif d'une scène typique dans un wagon avec force vodka et des passagers cabossés par la vie, parmi lesquels une mère dont le fils a été tué à la guerre. Quelle guerre? Le réalisateur ne nous le dit pas, mais il évoque avec d'autres personnages du compartiment, ces héros sacrifiés pour la cause sur fond de chants patriotiques.

Une fois sur place, dans cette immense prison qui fait vivre toute une ville où pullulent prostitués et mafieux, la jeune femme n'arrive pas davantage à remettre son colis.

Son mari a-t-il été transféré? Pourquoi refuse-t-on son colis? Ici on ne pose pas de questions et on n'obtient qu'une seule réponse aux demandes d'explications: «C'est contraire au règlement».

«Je déteste l'arbitraire»

Cette obstinée, au visage impassible, formidablement incarnée par l'actrice de théâtre venue de l'Oural Vassilina Makovtseva, se plante alors devant la porte de la prison, décidée à n'en plus bouger. Elle se fait embarquer par des policiers. «On t'a dit de faire un recours! S'il est là ou pas, c'est un secret d'État», lui lancent-ils au visage.

Désespérée, elle finit par atterrir au siège d'une organisation de défense des droits de l'homme qui vient juste d'être mise sens dessus dessous par une perquisition de la police...

En conférence de presse, Sergueï Loznitsa s'est défendu d'avoir voulu donner sa vision de la Russie de Vladimir Poutine.

«Ce film se déroule en Russie mais c'est la Russie éternelle, la Russie soviétique, la Russie impériale», qu'il a voulu évoquer. Le film dont il traite plusieurs scènes sur le mode grotesque, notamment une beuverie hallucinée dans un bordel, bascule d'ailleurs du côté de Fellini dans son dernier tiers.

Et il refuse que le sort et le chemin de croix de son héroïne, victime de l'arbitraire du pouvoir, soient limités au seul cas de la Russie.

«J'ai beaucoup de compassion pour ceux qui ont des destins aussi tragiques. Et je déteste l'arbitraire», a lancé le cinéaste (52 ans), pour la troisième fois en lice pour la Palme d'or.

«C'est un sujet d'actualité dans beaucoup de pays, pas seulement en Russie. Dans la plupart des pays, il y a une machine étathique», a ajouté le cinéaste, auteur du documentaire Maïdan au moment où Kiev était secouée par un soulèvement pro-européen fin 2013-début 2014.




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