Cannes: Desplechin s'éparpille

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Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin avait été considéré de manière générale en 2015 comme le meilleur film français à Cannes. Il avait pourtant été écarté de la sélection officielle et avait été repêché par la Quinzaine des réalisateurs.

C'est donc sans surprise que le nouveau film du cinéaste français, Les fantômes d'Ismaël, a été sélectionné comme film d'ouverture (hors compétition) du Festival, une case qui réserve rarement des chefs-d'oeuvre.

Les fantômes d'Ismaël est loin d'être raté, mais c'est un drame psychologique qui pèche par excès en tout genre, s'éparpille dans de multiples avenues et s'égare entre deux récits enchevêtrés aux registres bien différents.

Mathieu Amalric, l'acteur fétiche de Desplechin, incarne Ismaël, alter ego du cinéaste de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) et de Rois et reine. C'est un cinéaste mal léché, alcoolique, en perdition depuis que sa jeune femme (Marion Cotillard) a disparu subitement, il y a plus de 20 ans. Le veuf éploré a repris goût à la vie grâce à sa rencontre avec une douce astrophysicienne (Charlotte Gainsbourg), mais voilà qu'un vieux fantôme réapparaît.

Le réalisateur et les acteurs des Fantômes d'Ismaël... (PHOTO ÉRIC GAILLARD, REUTERS) - image 2.0

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Le réalisateur et les acteurs des Fantômes d'Ismaël arrivent à la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes. De gauche à droite: Hippolyte Girardot, Louis Garrel, Charlotte Gainsbourg, Arnaud Desplechin, Marion Cotillard et Mathieu Amalric.

PHOTO ÉRIC GAILLARD, REUTERS

Parallèlement, il tourne un film inspiré par la vie mystérieuse de son frère diplomate (interprété par Louis Garrel). C'est dans cette mise en abyme que Desplechin se perd, multipliant volontairement les ruptures de ton (le film dans le film est un nanar) et les intrigues superficielles.

Mathieu Amalric, qui a lui-même réalisé le film d'ouverture de la sélection Un certain regard (Barbara), présenté ce soir, trouve pourtant un rôle sur mesure dans la peau d'un artiste névrosé. La mise en scène de Desplechin a des moments de réelle inspiration et son scénario aborde avec originalité des thèmes récurrents de sa fascinante filmographie. «À la fin, ça fait un biopic d'Arnaud Desplechin», a déclaré Louis Garrel en conférence de presse, en parlant du mariage de tous ces personnages.

Le plus intello des cinéastes français a d'ailleurs réalisé deux versions de son film, ce qui a suscité une petite polémique dans la presse française, la version «courte» (1 h 54 min) ayant été retenue par le Festival. «J'ai réalisé une VO [version originale] pour ceux qui parlent Desplechin et une VF [version française] pour ceux qui ne parlent pas Desplechin, dit-il. Il y a une version plus mentale, et la version que vous venez de voir est la version plus sentimentale.»

J'aurais préféré une version plus concise, pour tout dire.




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