Cannes: à mi-parcours, un seul favori se détache

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Ce géant poilu a aussi eu droit à sa montée des marches lors de la projection officielle de Toni Erdmann, un film dans lequel il tient un rôle clé.

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(Cannes) Alors que le Festival de Cannes en arrive à la mi-temps, aucun vrai coup de coeur n'est encore ressorti d'une compétition marquée jusqu'ici par une diversité de styles et de tonalités.

Dix des vingt et un longs métrages en lice pour la Palme d'or ont déjà été présentés. Bien malin celui qui pourrait, à ce stade-ci, prévoir avec certitude lesquels d'entre eux pourraient figurer au palmarès. À en juger par les rumeurs qui circulent sur la Croisette, il est indéniable que Toni Erdmann de Maren Ade rallie plus d'appuis que n'importe quelle autre production. Dès la fin de la première projection du film et l'accueil formidable qu'il a reçu, les acheteurs internationaux s'en arrachaient d'ailleurs les droits. Sony Pictures Classics, le plus grand distributeur de films internationaux aux États-Unis, les a obtenus pour le territoire nord-américain.

Cette comédie dramatique allemande est en tout cas emblématique d'une compétition qui semble vouloir emprunter plusieurs tonalités, y compris celle de l'humour.

Il est d'ailleurs assez remarquable de constater à quel point les comédies, qui se font habituellement plutôt rares à Cannes, ont droit à un bon coup de projecteur cette fois. Outre Toni Erdmann, dont le titre évoque le nom fictif qu'emprunte un père iconoclaste et farceur pour mettre un peu de piquant dans la vie de sa fille carriériste, on retiendra aussi Ma Loute, une comédie outrancière réalisée par Bruno Dumont. Différents types d'humour ont aussi été privilégiés dans des films comme Sieranevada (Cristi Puiu), où une réunion familiale se transforme en jeu de massacre, Rester vertical (Alain Guiraudie) ou Paterson (Jim Jarmusch). Sur le flanc plus dramatique, American Honey (Andrea Arnold) et le vétéran Ken Loach (I, Daniel Blake) ont marqué de bons points.

Peu de politique

On serait presque porté à croire que cet éclectisme relève d'un choix précis des organisateurs. En cette période trouble, marquée par de réelles menaces terroristes, c'est un peu comme si on avait voulu éviter les sujets politiquement délicats pour plutôt se concentrer sur des histoires plus personnelles, plus intimes.

Le philosophe Bernard-Henri Lévy a parcouru 1000 km le long de... (photo JOEL SAGET, archives agence france-presse) - image 2.0

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Le philosophe Bernard-Henri Lévy a parcouru 1000 km le long de la frontière irakienne du sud au nord en compagnie de combattants kurdes.

photo JOEL SAGET, archives agence france-presse

À vrai dire, peu de films à caractère politique ont été choisis. Hier, un documentaire de Bernard-Henri Lévy a été ajouté in extremis à la sélection officielle en séance extraordinaire. Dans Peshmerga, le philosophe a remonté 1000 km le long de la frontière irakienne du sud au nord en compagnie de combattants kurdes. Il s'agira de l'une des rares incursions dans la réalité du Moyen-Orient au cours de ce festival. Et elle est annoncée à la toute dernière minute.

Par ailleurs, le clivage entre les critiques français et les critiques internationaux se poursuit. Mal de pierres, troisième film français de la compétition, a été rejeté aussi violemment que Rester vertical et Ma Loute par les journalistes recensés par le journal spécialisé Screen Daily. À la limite, on pourrait comprendre que, différences culturelles obligent, les deux derniers titres soient moins bien évalués, étant donné la nature singulière de leur proposition respective. En revanche, le plus récent long métrage de Nicole Garcia, son meilleur jusqu'à présent, est de forme très classique et comporte une composition magnifique de Marion Cotillard.

Ironie du sort, il y a fort à parier que Loving, qui relate une histoire d'amour interraciale dans la Virginie ségrégationniste des années 50, soit porté aux nues. À l'instar de Mal de pierres, il s'agit pourtant d'un film très classique de forme aussi. Allez comprendre.

Plusieurs pointures attendues

Cela dit, il ne faut jamais oublier que les choix d'un jury diffèrent très souvent de ceux de la presse. Voilà pourquoi il est pratiquement impossible d'établir des pronostics. Les favoris de Kirsten Dunst, Valeria Golino, Vanessa Paradis, Katayoon Shahabi, Arnaud Desplechin, Mads Mikkelsen, László Nemes, Donald Sutherland et du président George Miller seront-ils les mêmes que ceux des journalistes ? Probablement pas.

En attendant, plusieurs pointures feront leur entrée dans la compétition d'ici à samedi. Aujourd'hui, Pedro Almodóvar (Julieta) et Olivier Assayas (Personal Shopper). Demain, les frères Luc et Jean-Pierre Dardenne (La fille inconnue). Jeudi, Cristian Mungiu (Bacalaureat) et Xavier Dolan (Juste la fin du monde). Vendredi, Nicolas Winding Refn (The Neon Demon) et Sean Penn (The Last Face). Samedi, Asghar Farhadi (Forushande) et Paul Verhoeven (Elle).

Avec une telle carte, non, rien n'est encore joué.

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