Marion Cotillard en route pour un prix à Cannes ?

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Moulée dans une robe de la maison Dior, Marion Cotillard a défendu Mal de pierres, l'un des deux films en compétition pour la Palme d'or dans lesquels elle apparaît. En effet, l'actrice sera de retour jeudi pour la projection de Juste la fin du monde, de Xavier Dolan.

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Pendant le premier week-end, la présence policière et militaire s'est fait un peu plus remarquer. Mais elle n'entrave pas le déroulement d'un festival qui a maintenant atteint sa vitesse de croisière. Mal de pierres, le troisième film de la compétition, s'est notamment distingué, grâce à Marion Cotillard.

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Josh Wiggins et Sophie Nélisse dans Mean Dreams

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Nous avions davantage l'habitude de les voir dans les aéroports plutôt que dans les rues de Cannes. Des soldats en tenue de combat, armés de leur carabine, ont fait des rondes sur la Croisette ces derniers jours. Il est vrai qu'au cours du premier week-end du festival, l'opulente station balnéaire est traditionnellement envahie par des dizaines de milliers de touristes, venus humer l'air du glamour international à la faveur d'un temps radieux. La menace terroriste étant réelle en France et en Europe, l'état d'alerte est très élevé. Cela dit, à part les fouilles un peu plus insistantes qu'à l'accoutumée à l'entrée des salles, le festivalier peut quand même vaquer à ses occupations sans trop d'entraves.

Un beau film signé Nicole Garcia

Mis à part la présentation hors concours de la comédie de Shane Black The Nice Guys, dont les têtes d'affiche sont Russell Crowe et Ryan Gosling, la journée d'hier a été marquée par la présentation, en compétition, de Mal de pierres. Ce long métrage de Nicole Garcia, inspiré d'un roman de Milena Agus, met en son centre un personnage féminin complexe, qu'interprète avec brio Marion Cotillard, d'emblée une candidate sérieuse pour le prix d'interprétation.

N'hésitant pas à se faire lyrique et plongeant à fond dans la nature romanesque du récit, Nicole Garcia propose ici un film de facture classique, très beau, magnifié par la composition remarquable de l'actrice principale.

La première scène du film montre une femme des années 50, Gabrielle (Marion Cotillard), qui se rend en voiture à Lyon en compagnie de son mari (Alex Brendemühl) et de son fils (Victor Quilichini). Ce dernier s'apprête à passer un concours de piano au Conservatoire. La simple vue du nom d'une rue affole pourtant Gabrielle. Qui exige de sortir de la voiture sur-le-champ. Tout le film s'attardera à expliquer pourquoi cette femme a réagi de cette façon. Louis Garrel interprète en outre un personnage clé du passé de Gabrielle.

Lors d'une conférence de presse, la réalisatrice a expliqué que son intérêt dans cette histoire résidait surtout dans l'exploration du désir féminin.

« À la lecture du roman, j'ai été enchantée par la quête d'absolu de cette femme. Et je trouvais que ça faisait contraste avec notre époque. Dans la société actuelle, on émiette un peu les objets de nos désirs et de nos ambitions. »

Le langage du corps

Le coscénariste Jacques Fieschi revendique de son côté une certaine filiation avec la fameuse Adèle H. de François Truffaut. Une scène y fait d'ailleurs directement écho. La réalisatrice y voit quand même une différence fondamentale.

« Gabrielle n'est pas folle. Elle ne s'attache pas non plus à quelqu'un qui ne veut pas d'elle. Voilà une femme dont tout le corps parle, d'où les symptômes qui surgissent quand elle souffre. C'est aussi la raison pour laquelle je tenais à ce que Marion Cotillard joue le personnage. Elle est l'une des rares actrices dont la sensualité s'exprime constamment. Son corps parle tout le temps. Il faut voir le film pour constater à quel point j'ai eu raison de l'attendre ! »

De son côté, l'actrice, que nous verrons aussi jeudi dans Juste la fin du monde, le film de Xavier Dolan, s'est laissé un peu désirer.

« Je venais d'enchaîner plusieurs rôles dramatiques, a-t-elle expliqué. J'ai eu besoin d'un peu de temps pour moi. Mais j'ai été intéressée dès le départ par le personnage de Gabrielle. Je suis toujours attirée par des choses que je n'ai pas encore explorées. »

Mal de pierres, probablement le plus beau film de Nicole Garcia à titre de réalisatrice, n'a pas encore été acheté par un distributeur chez nous. Dossier à suivre.

Sophie Nélisse dans un thriller convenu

Détour vers la Quinzaine des réalisateurs, où avait lieu hier la présentation de Mean Dreams, un thriller canadien, réalisé par Nathan Morlando, dont les têtes d'affiche sont Josh Wiggins et Sophie Nélisse. Il y a franchement lieu de se demander comment les sélectionneurs de la Quinzaine, pourtant reconnus pour leur flair, en sont venus à choisir ce thriller convenu, sans signe distinctif, que nous retiendrons comme une honnête série B, sans plus. Les jeunes acteurs, qui incarnent deux amoureux poursuivis par le père psychopathe (Bill Paxton) de la jeune femme (agent de police de surcroît !), tirent bien leur épingle du jeu, mais le caractère prévisible du scénario n'aide en rien les choses. Cela dit, Mean Dreams a été acclamé par le public de la Quinzaine. Après l'ovation, l'équipe flottait.

« C'est incroyable, a commenté l'actrice québécoise, à qui nous avons pu parler tout de suite après la projection. C'était complètement inattendu de voir des gens se lever à la fin. J'ai été attirée vers ce rôle parce que cette fille n'a jamais eu d'amis ou de contacts avec des gens de son âge. Et là, elle trouve quelqu'un avec qui elle peut vraiment communiquer. J'aimais beaucoup cet aspect du scénario. »

François Jaros à la Semaine de la critique

Autre détour, du côté de la Semaine de la critique, cette fois. François Jaros, deux fois lauréat du prix du meilleur court métrage au Gala du cinéma québécois (Toutes des connes en 2015 et Maurice en 2016), présentait hier Oh What a Wonderful Feeling, un court métrage de 14 minutes, dont la tête d'affiche est Karelle Tremblay. Un film d'atmosphères troubles, pratiquement sans dialogues, ayant pour décor un stationnement de camions poids lourds.

« À mes yeux, ce genre d'endroit est comme un lieu parallèle de l'existence, a déclaré le cinéaste en entrevue. Je n'avais pas l'intention d'en faire un exercice de style au départ, mais ça l'est devenu au fil de l'évolution du projet. J'aime dire que c'est l'histoire d'une femme qui passe de l'enfance à l'âge adulte en une nuit. Les choses ne sont pas dites mais ressenties. Et je suis évidemment ravi de présenter le film ici. À la Semaine, ils sont super accueillants. Ils tirent aussi une fierté de présenter de nouveaux cinéastes. Le texte qu'ils ont écrit dans le programme à propos du film est magnifique. J'aime beaucoup le concept d'"inquiétante étrangeté" ! »

«« J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé dans l'enfance du personnage que je vais jouer. C'est là que sont toutes les clés ! »

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Marion Cotillard
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