American Honey: le road trip d'une Anglaise au pays de la sous-culture américaine

Andrea Arnold, Veronica Ezell, Raymond Coalson, Isaiah Stone,... (PHOTO ALBERTO PIZZOLI, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Andrea Arnold, Veronica Ezell, Raymond Coalson, Isaiah Stone, Mccaul Lombardi et Shia Labeouf.

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Agence France-Presse
Cannes

Pour son premier film tourné aux États-Unis, l'Anglaise Andrea Arnold plonge dans l'Amérique profonde avec une bande de jeunes déclassés: un road movie déjanté plein d'énergie et de poésie, mais gâché par des longueurs.

La petite troupe un peu foldingue de la réalisatrice de Fish Tank écume le Midwest pour vendre des abonnements à des magazines aux plus riches comme aux laissés pour compte qu'ils arnaquent sans états d'âme.

Ces petits groupes de vendeurs employés par des sociétés obscures pour faire du porte-à-porte et soutirer de l'argent à des clients attendris par des histoires tristes ou sordides existent réellement aux États-Unis.

Mais l'étude sociologique d'American Honey se double d'une histoire d'amour qui donne un peu de légèreté au film sur fond d'une Amérique sans grâce, désenchantée et sans beaucoup d'humanité.

Elle met face à face le meilleur des vendeurs, Jake, joué par Shia LaBeouf - l'un des rares professionnels de la distribution majoritairement amateur - et Star (Sasha Lane), en rupture de ban avec sa famille, que la réalisatrice a rencontrée sur une plage peu avant le tournage. C'est elle, l'étoile, qui porte le film sur ses frêles épaules.

Un rêve américain

Voyageant en car d'un motel miteux à l'autre, ces jeunes représentent «une sorte de sous-culture», a expliqué la réalisatrice (55 ans) lors de la conférence de presse du film, son troisième à Cannes en compétition pour la Palme d'or, après Red Road (2006) et Fish Tank (2009), tous deux récompensés par le Prix du Jury.

«Ils essayent de trouver leur rêve américain à eux, ils travaillent dur pour gagner leur vie, ils travaillent dur pour se vendre eux-mêmes, ce qui est la raison d'être du capitalisme n'est-ce pas ?», a-t-elle lancé, entourée de sa petite bande joyeuse, portant force tatouages, quelques piercings et autres casquettes.

«Le film est un mélange de ce que j'ai connu par Hollywood, les prairies, les cowboys...et l'Amérique d'aujourd'hui découverte par mes voyages», a expliqué la réalisatrice à la fibre sociale.

Après avoir parcouru plusieurs États américains et rencontré ces équipes de vendeurs pour se documenter, elle s'est dite «choquée» par la pauvreté, la présence de la drogue «partout où l'on va» et en particulier la prescription banalisée d'antidépresseurs pour les jeunes.

D'une durée de 2h40, la projection a provoqué quelques départs, et reçu un accueil mitigé à l'image de la critique du Guardian britannique pour qui Andrea Arnold a «perdu le cap» de son road trip.

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