Rester vertical, un film cru et onirique dans la France rurale

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Le cinéaste français Alain Guiraudie a expliqué son film Rester vertical en conférence de presse.

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Sophie Laubie
Agence France-Presse
Cannes

Accouchement et sexe féminin filmés au plus près, sodomie avec un mourant: premier choc de la compétition au Festival de Cannes, le cinéaste français Alain Guiraudie a présenté jeudi Rester vertical, un film cru et onirique dans la France rurale.

L'atypique Alain Guiraudie, qui avait fait sensation sur la Croisette en 2013 avec L'inconnu du lac - qui montrait des ébats dans un lieu de drague homosexuelle -, n'hésite pas à déranger dans Rester vertical.

«Je ne conçois pas ces séquences là d'une façon provocatrice, dans le sens où la provocation ça serait peut-être de rendre le glauque encore plus glauque (...). Au contraire, moi j'ai envie de rendre ces choses-là très évidentes, c'est à dire de filmer très simplement, de façon frontale», a expliqué à l'AFP Alain Guiraudie, 51 ans, dont c'est la première sélection en compétition pour la Palme d'or.

«Après L'inconnu du lac, je voulais aussi un peu aller voir du côté du sexe féminin. Là, je parle presque plus du sexe que de sexualité, de ce sexe qui est un objet de désir pour la plupart des hommes et qui donne la vie», a-t-il encore dit.

La nature magnifiée, des causses de Lozère à Brest en passant par le Marais poitevin, est aussi au coeur de ce film aux allures de conte, qui aborde la paternité, la création et la déchéance sociale à travers l'histoire de Léo, un scénariste en quête de sens.

«Entre légende et réalité»

À la recherche du loup sur un causse, Léo (Damien Bonnard) rencontre Marie (India Hair), une bergère avec qui il noue une relation et qui donne naissance à un enfant. Mais en proie au baby-blues, Marie abandonne Léo avec le bébé et le laisse seul face à son rôle de père.

Alors qu'il n'arrive pas à écrire son scénario, il va sombrer peu à peu dans la précarité, qui le ramène vers les causses de Lozère.

«Le film part de l'image d'une jeune femme qui garde les moutons en France aujourd'hui avec un fusil. C'est une image de western je dirais», a expliqué le cinéaste, fidèle à son Sud-Ouest natal, qui a voulu faire un film «entre légende et réalité».

Tout au long de son parcours, Léo va rencontrer des personnages ruraux hauts en couleur, du père de Marie, éleveur bourru (Raphaël Thiéry, dont c'est le premier film) à un vieil homme râleur (Christian Bouillette) en passant par un jeune homme qui l'attire (Basile Meilleurat).

Il entretient des rapports troubles avec plusieurs d'entre eux, entre attirance sexuelle et répulsion, une manière de «combiner plusieurs équations de désir», résume Alain Guiraudie.

Le film montre aussi la perte de repères de cet homme dans sa vie amoureuse, sociale ou professionnelle et la recherche d'«un retour à un monde originel» de ce personnage qui veut «rester bien droit».

Avec des moments parfois comiques, le cinéaste dit aussi avoir voulu après L'inconnu du lac revenir à «un film qui aurait brassé plus de choses même en termes de tons, entre la comédie et la tragédie, et en termes de forme, à une forme plus onirique de mon cinéma, un film plus bordélique».

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