Kim Nguyen heureux de sa sélection à Cannes

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Le producteur Roger Frappier, le réalisateur Kim Nguyen et le vice-président principal marketing et distribution de Films Séville Victor Rego étaient présents à la conférence de presse.

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Magdaline Boutros
La Presse Canadienne
Montréal

Après Xavier Dolan la semaine dernière, c'était au tour de Kim Nguyen d'annoncer mardi qu'il présentera son plus récent film à Cannes le mois prochain.

Son cinquième long métrage, Two Lovers and a Bear - tourné entièrement en anglais dans le nord de l'Ontario et au Nunavut - sera présenté en première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs.

La sélection officielle a été annoncée mardi, mais le réalisateur québécois savait déjà depuis plusieurs semaines qu'il s'envolerait pour la Croisette à la mi-mai.

«Je me mords les poings depuis (le début de l'hiver) pour ne pas en parler», a-t-il lancé en conférence de presse mardi matin, visiblement fébrile.

Le film raconte une histoire d'amour campée dans un décor arctique aux «élans lunaires». Pour fuir un secret douloureux, les deux amants - Roman (Dane DeHaan) et Lucy (Tatiana Maslany) - choisissent de prendre la route et de s'élancer vers des paysages de glace qui s'étendent à l'infini.

«Ces âmes torturées décident de prendre un élan vers l'extérieur, mais aussi de faire un voyage intérieur pour essayer de se retrouver eux-mêmes», résume Kim Nguyen.

Comme le titre du film l'indique, un ours vient se mêler à cette histoire d'amour tortueuse. Personnage fictif ou réel? C'est au public de décider, suggère le réalisateur.

«L'ours, c'est un personnage qui habite Roman, explique-t-il. C'est l'équivalent d'un Dieu grec - avec ses qualités et ses défauts.»

La production a eu recours à un véritable ours polaire, qui a été conduit par la route de Vancouver jusqu'au Grand Nord pour participer au tournage.

Un choix qui, jumelé à celui de déplacer toute l'équipe en Arctique, a permis au film d'atteindre un certain niveau d'authenticité, croit Kim Nguyen.

«C'est sûr que les collaborateurs et les investisseurs ont dit tout de suite "pourquoi on ne le fait pas sur green screen?". Mais Roger a eu le courage de défendre la vision qu'on avait», a-t-il soutenu en évoquant le producteur Roger Frappier, de Max Films.

Cet univers glacial a toutefois vite amené son lot de défis, alors que le mercure est descendu à - 40 degrés Celsius.

«On avait des fois 30 secondes pour tourner une prise, sinon il y avait un risque sérieux d'engelures», se rappelle le réalisateur.

La présentation de Two Lovers and a Bear à Cannes est l'aboutissement d'un travail qui s'est étalé sur 10 ans.

L'idée sous-jacente au film germait dans la tête de Roger Frappier depuis que le propriétaire de Kanuk, Louis Grenier, lui avait fait lire des ébauches d'histoires qu'il avait écrites. Grand amateur d'aviation et de plein-air, celui-ci se rendait régulièrement dans le Grand Nord.

Le réalisateur Denis Villeneuve a été le premier à s'attaquer au scénario, puis le cinéaste Jean-Philippe Duval a tenté d'y mettre sa touche. «Mais il y avait toujours des éléments qui me rendaient insatisfaits», explique le producteur.

Kim Nguyen a alors pris le relais. Une première version du scénario s'est également avérée décevante. Mais deux ans plus tard, le réalisateur a eu l'idée qui a fait tout basculer.

Inspiré par la littérature du Japonais Haruki Murakami et par la mythologie grecque, Kim Nguyen a fait le pari d'introduire un côté fantastique, irrationnel à l'histoire.

«C'est là où je me suis mis à tripper sur le film et à ne plus réfléchir à la rationalité», se souvient-il.

«L'Arctique est surréaliste. (...) J'ai essayé de véhiculer cette étrangeté, cette inquiétante étrangeté qu'on peut retrouver dans le Grand Nord.»

Le réalisateur - dont la carrière a pris son véritable envol avec Rebelle, qui a été finaliste en 2013 pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère - dit vouloir profiter du «moment présent» lorsqu'il sera à Cannes parmi les plus grands de son art.

«Le but, c'est de célébrer le cinéma et de partager avec mes collègues», mentionne-t-il, disant vouloir à tout prix s'entretenir avec le réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky qui présentera Poesia sin fin à la Quinzaine.

Un autre réalisateur canadien, Nathan Morlando, a été sélectionné pour son film Mean Dreams, un long métrage d'action qui met en vedette deux adolescents qui cherchent à tout prix à fuir leurs familles brisées.

La semaine dernière, le film de Xavier Dolan Juste la fin du monde a été inscrit parmi les 20 films qui se disputeront la prestigieuse Palme d'Or.

Le Québécois François Jaros sera également à Cannes pour la présentation de son court métrage Oh What A Wonderful Feeling dans le cadre de la Semaine de la critique.

La Quinzaine des réalisateurs, qui se déroulera du 11 au 22 mai, est une manifestation cinématographique parallèle au Festival de Cannes qui est non compétitive. Certains prix sont tout de même remis.

Le film Two Lovers and a Bear devrait sortir sur nos écrans avant la fin de l'année 2016.

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