Cannes: à mi-parcours, les festivaliers ont leurs favoris

Timbuktu, du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako (notre photo),... (Photo Archives Reuters)

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Timbuktu, du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako (notre photo), plongée émouvante et dure dans un Mali sous la coupe des combattants extrémistes musulmans pourrait damer le pion aux favoris.

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Dominique Ageorges
Agence France-Presse
Cannes

À mi-parcours du 67e Festival de Cannes, deux films se détachaient plus nettement pour la course à la Palme d'or, qui sera décernée samedi soir, un huis-clos psychologique en Anatolie et un hommage au célèbre peintre britannique JMW Turner.

Deux autres longs métrages se tenaient toutefois en embuscade, selon les classements quotidiens des professionnels, mais pas forcément pour les mêmes raisons.

Timbuktu, du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, plongée émouvante et dure dans un Mali sous la coupe des combattants extrémistes musulmans pourrait damer le pion aux favoris tandis que Foxcatcher de l'Américain Bennett Miller, est plus cité pour un prix d'interprétation que pour la Palme d'or.

Foxcatcher retrace un incroyable fait-divers aux États-Unis impliquant des champions olympiques de lutte (Mark Ruffalo et Channing Tatum) et leur bienfaiteur, un richissime américain excentrique et dérangé campé par un Steve Carell hallucinant.

À tel point que selon Scott Roxborough de Hollywood Reporter, bible américaine de la profession, le nom de l'acteur bénéficie déjà «d'un gros buzz en vue des prochains Oscars».

Le classement de neuf critiques internationaux du magazine britannique Screen donnait mardi matin largement en tête des pronostics Mr. Turner, le biopic de Mike Leigh, Palme d'or en 1996 pour Secrets et mensonges.

Il devançait de peu Winter Sleep, film très «bergmanien» du Turc Nuri Bilge Ceylan. Les suivants étaient Foxcatcher et Maps to the Stars du Canadien David Cronenberg.

Le classement du Film Français, rassemblant une dizaine de critiques hexagonaux, plaçait Winter Sleep en tête devant cette fois Timbuktu, pour une première Palme d'or africaine, puis Foxcatcher.

«C'est une bonne sélection avec des surprises», assure à l'AFP Jean-Philippe Guerand, journaliste depuis plus de 20 ans dans ce magazine professionnel.

Pour lui, les «abonnés cannois» connaissent des fortunes diverses. S'il juge que les Canadiens Atom Egoyan (The Captive) et David Cronenberg «sont dans la redite», il salue le Britannique Mike Leigh qui «au contraire a tenté autre chose, d'assez réussi avec Mr. Turner».

Rumeurs sur le film russe

Deux autres films auxquels il ne s'attendait pas ont aussi retenu son attention comme le film argentin Relatos Salvajes (Les nouveaux sauvages), «film à sketches jubilatoire. Il fait plaisir et en même temps il dit plein de choses sur la société».

Quant à Timbuktu, il s'agit selon lui d'un film «courageux et qui a un mérite important: montrer des choses dont on a entendu parler mais jamais vues» comme la destruction de statuettes traditionnelles représentant des humains.

Côté prix interprétation, outre Steve Carell, Timothy Spall/Turner recueille déjà de nombreux suffrages. Mondialement connu pour son rôle de Peter Pettigrew dans Harry Potter, il prend ici «une autre ampleur» souligne Jean-Philippe Guérand. «C'est un Charles Laughton!».

Chez les actrices, les Américaines Hilary Swank (The Homesman) et Julianne Moore (Maps to the Stars) ont impressionné.

Mais, prévient Scott Roxborough, le Festival n'est pas terminé. Mardi matin, Deux jours, une nuit, nouvelle chronique sociale des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne était dévoilé et reçu par des applaudissements nourris.

Jean-Philippe Guérand a aimé le côté «douze hommes en colère» du film et n'exclut pas une troisième Palme historique pour les Dardenne. Ou un prix d'interprétation pour Marion Cotillard, bouleversante, six ans après son Oscar pour La môme.

Scott Roxborough cite encore «d'autres merveilles» possibles à venir comme le nouveau film du Français Michel Hazanavicius. Le cinéaste revient à Cannes après la fabuleuse aventure de The Artist en 2011, avec The Search, un drame sur fond de guerre en Tchétchénie et à l'affiche Berenice Bejo, sacrée meilleure actrice en 2013 à Cannes.

Enfin selon lui le film russe Leviathan d'Andrey Zvyagintsev fait déjà l'objet de rumeurs croissantes.

L'an dernier à mi-parcours, les films des frères Coen, de Jia Zhangke et d'Asghar Farhadi étaient en tête des pronostics. S'ils ont eu des prix, la Palme d'or est revenue à La vie d'Adèle, projeté plus tard.




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