Film inspiré de l'affaire DSK: Anne Sinclair dégoûtée

L'ex-épouse de Dominique Strauss-Kahn Anne Sinclair a pris... (PHOTO ERIC GAILLARD, REUTERS)

Agrandir

L'ex-épouse de Dominique Strauss-Kahn Anne Sinclair a pris la plume pour dire son «dégoût» des dialogues, de la prestation de Gérard Depardieu (photo), du traitement des femmes, mais «dégoût enfin et surtout du soi-disant face à face des deux personnages principaux.

PHOTO ERIC GAILLARD, REUTERS

Jean-Louis PANY
Agence France-Presse
Cannes

Quelques heures après la parution sur internet de Welcome to New York, le film d'Abel Ferrara inspiré de l'affaire DSK, Anne Sinclair a exprimé dimanche son «dégoût» et dénoncé des attaques «clairement antisémites» tandis que son ex-mari, et ses avocats, gardaient pour l'instant le silence.

Avant les premières images, le film prévient qu'il s'agit d'une «version fictionnalisée», mais l'histoire colle au plus près du scandale qui a fait chuter il y a trois ans presque jour pour jour Dominique Strauss-Kahn, alors patron du Fonds monétaire international et favori des sondages pour la présidentielle française de 2012.

Le film, jusqu'ici, faisait surtout parler pour ses scènes osées, et pour la stratégie de ses producteurs qui ont décidé de le rendre disponible directement par Video à la demande (VàD) sur internet.

Mais, alors qu'il commençait d'être visionné par quelques critiques, le quotidien français Le Monde a jugé qu'il donnait «dans le fantasme antisémite».

Ce qui est en cause est la description de Simone Devereaux, le rôle miroir d'Anne Sinclair interprété par Jacqueline Bisset. Elle y est présentée comme une femme d'argent et de pouvoir, qui aide financièrement l'État d'Israël et, surtout, qui a hérité d'une fortune amassée pendant la guerre.

C'en était trop pour Anne Sinclair, dont le grand-père, le célèbre collectionneur d'art juif Paul Rosenberg, a dû fuir les nazis jusqu'à New York, pendant qu'ils confisquaient une partie de ses oeuvres.

Elle a pris la plume dans le Huffington Post, site d'informations qu'elle dirige en France, pour dire son «dégoût» des dialogues, de la prestation de Depardieu, du traitement des femmes, mais «dégoût enfin et surtout du soi-disant face à face des deux personnages principaux, où les auteurs et producteurs du film projettent leurs fantasmes sur l'argent et les juifs».

«Les allusions à ma famille pendant la guerre sont proprement dégradantes et diffamatoires, poursuit-elle. Elles disent le contraire de ce qui fut. Mon grand-père a dû fuir les nazis, et a été déchu de sa nationalité française par le gouvernement de Vichy. Mon père a rejoint la France Libre et a combattu jusqu'à la Libération. Dire autre chose relève de la calomnie».

Face à ces «attaques aussi clairement antisémites», elle a cependant choisi de ne pas «faire le plaisir» d'attaquer en justice le producteur, Vincent Maraval, ou le réalisateur.

DSK mutique

Quant au père d'Anne Sinclair, «ce n'était pas un collaborateur. Il a failli être tué par la gestapo. Il était tout le contraire. Il est passé tout près d'être descendu comme six millions de juifs», insiste-t-il.

Alors qu'on l'interrogeait aussi samedi soir sur les accusations d'antisémitisme, Vincent Maraval avait d'emblée souligné que le film étant de financement américain, des avocats avaient examiné à la loupe le scénario.

Pour l'instant, DSK reste mutique. L'un de ses avocats, interrogé dimanche par l'AFP, refusait même de dire s'il avait visionné le film.

Mais l'ancien patron du FMI, aujourd'hui en quête d'une nouvelle respectabilité, n'hésite pas à saisir la justice.

L'écrivain français Régis Jauffret en sait quelque chose. Auteur de «La Ballade de Rikers Island», il est poursuivi en diffamation avec les éditions du Seuil pour son roman qui met en scène le dirigeant d'une institution internationale accusé de viol.

Welcome to New York laisse clairement comprendre qu'il y a bien eu agression sexuelle d'une femme de chambre dans le grand hôtel new-yorkais où le héros Devereaux est descendu.

Or, Dominique Strauss Kahn a bénéficié d'un non-lieu au pénal de la part de la justice américaine.

Abel Ferrara est allé jusqu'à utiliser des vrais policiers de l'affaire jouant leur propre rôle. Il a aussi tourné dans la maison new-yorkaise où DSK résidait avec Anne Sinclair durant son assignation à domicile.

«Fictionnalisée» ou pas, cette version de l'affaire DSK a potentiellement de quoi faire les beaux jours des prétoires.

Le réalisateur Abel Ferrara: «Je ne suis pas antisémite»

Abel Ferrara, le réalisateur américain du film inspiré de l'affaire DSK Welcome to New York, a rejeté dimanche les accusations d'antisémitisme, dans un entretien avec l'AFP.

«Je ne suis pas antisémite. J'espère que non. J'ai été élevé par des femmes juives», a dit Abel Ferrara.

Interrogé peu avant la publication de la tribune d'Anne Sinclair, Abel Ferrara se défend d'avoir sali la mémoire du père de l'ex-femme de DSK : «Ce n'était pas un collaborateur. Il a failli être tué par la gestapo. Il était tout le contraire. Il est passé tout près d'être descendu comme six millions de juifs».




Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer