Berlinale: Panahi heureux, mais aurait préféré que Taxi sorte en Iran

Jafar Panahi a été arrêté en mars 2010... (PHOTO TOBIAS SCHWARZ, REUTERS)

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Jafar Panahi a été arrêté en mars 2010 alors qu'il préparait un film sur les manifestations contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, puis a été condamné en 2011 à une interdiction de faire des films pendant 20 ans pour «propagande contre le régime».

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Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, lauréat de l'ours d'or à la Berlinale s'est dit dimanche «heureux pour [lui]-même et le cinéma iranien», tout en regrettant que ses compatriotes ne puissent voir ses films, son oeuvre étant interdite de diffusion en République islamique.

«Je suis vraiment heureux pour moi-même et pour le cinéma iranien», mais «aucun prix ne vaut celui que mes compatriotes voient mes films», a-t-il déclaré à l'agence semi-officielle Ilna, lors d'un rare entretien avec un média iranien. «Cela fait des années que la scène artistique est politisée, spécialement le cinéma», a-t-il dénoncé.

Le lauréat de la récompense suprême du 65e festival du film de Berlin a reproché aux responsables de l'Organisation du cinéma, une instance dépendant du ministère iranien de la Culture, de laisser «la politique enfermer le cinéma entre de hauts murs».

Jafar Panahi a été arrêté en mars 2010 alors qu'il préparait un film sur les manifestations contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, puis a été condamné en 2011 à une interdiction de faire des films pendant 20 ans pour «propagande contre le régime».

Il a cependant depuis réussi à tourner trois longs-métrages, dont Taxi récompensé samedi à Berlin, et à les transmettre à l'étranger.

M. Panahi a aussi dénoncé les accusations portées contre lui et les cinéastes de sa génération jugés subversifs car évoquant la réalité sociale de la République islamique.

«Les gens au pouvoir nous accusent de faire des films pour les festivals étrangers. Ils se cachent derrière des murs politiques et ne disent pas que nos films n'ont jamais reçu d'autorisation de diffusion dans les cinémas iraniens», a dit le cinéaste, plusieurs fois primé à l'étranger.

«Si cela était le cas, alors la peur des diffusions de films iraniens à l'étranger n'existerait pas. Et ils pourraient être utilisés pour faire connaître le cinéma iranien», a affirmé le réalisateur originaire de Téhéran.

Il a assuré avoir proposé au chef de l'Organisation du cinéma, Hojatollah Ayoubi, de diffuser Taxi lors du festival Fajr, organisé début février à Téhéran.

«J'aurais alors écrit [aux organisateurs de la Berlinale] pour leur demander de retirer mon film de la compétition officielle», a-t-il expliqué.

Dans une lettre ouverte publiée le 8 février, M. Ayoubi avait mis en garde les organisateurs de la Berlinale contre une politisation du festival.

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