George Clooney et ses Monuments Men enflamment Berlin

George Clooney à son arrivée sur le tapis... (PHOTO THOMAS PETER, REUTERS)

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George Clooney à son arrivée sur le tapis rouge.

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Dominique AGEORGES
Agence France-Presse
BERLIN

George Clooney et ses Monuments Men ont enflammé samedi la 64e Berlinale, avec pourtant un film sur un sujet sérieux et en prise directe avec l'actualité allemande: les vols d'oeuvres d'art par les nazis.

Les fans étaient nombreux derrière les barrières installées le long du tapis rouge que le casting cinq étoiles a emprunté en début de soirée, avec l'espoir d'apercevoir Clooney, Matt Damon, ou Bill Murray.

Un autre personnage est apparu avec eux, visiblement amusé: Harry Ettlinger, 88 ans, né en Allemagne, dont la famille juive s'est réfugié aux Etats-Unis en 1938.

Il a rejoint les Monuments men pour leur servir d'interprète participant à la découverte de milliers d'oeuvres d'art dans des mines ou des châteaux en Allemagne.

Clooney réalisateur s'est offert il est vrai une distribution de luxe, avec notamment l'Australienne Cate Blanchett, les Américains Matt Damon, John Goodman, et Bill Murray, ainsi que le Français Jean Dujardin -- dans son deuxième film hollywoodien après Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese.

Monuments men est projeté en avant-première européenne dans le cadre du Festival du film de Berlin, hors compétition.

George Clooney a dit espérer que son film soit mieux reçu en Europe qu'aux États-Unis où il a été quelque peu éreinté par la critique. «C'est la première projection aujourd'hui. On espère de bons retours».

George Clooney retrouve sa casquette de réalisateur pour la cinquième fois après Confessions d'un homme dangereux (2002), Good Night, and Good Luck (2005), Jeux de dupes (2008) et Les Marches du Pouvoir (2011).

Monuments Men, basé sur le livre éponyme de Robert M. Edsel et Bret Witter, retrace l'histoire vraie d'un groupe d'experts, conservateurs de musée, galeristes et artistes, envoyés en Europe par le président Roosevelt pour récupérer les centaines de milliers d'oeuvres d'art dérobées par les nazis, et protéger les milliers d'autres menacées par les bombardements alliés.

«L'ampleur du pillage»

Le film a une résonance particulière en Allemagne où non seulement la question est lancinante depuis la guerre, mais où elle est singulièrement d'actualité: en novembre fut révélée la découverte en février 2012 d'environ 1400 oeuvres d'art, dont des tableaux de Matisse ou Chagall, à Munich (sud) dans l'appartement d'un octogénaire fils d'un marchand d'art qui avait largement profité des spoliations opérées par les nazis, notamment chez des juifs.

«On découvrira d'autres oeuvres parce qu'il y en a beaucoup encore qui manquent et qui seront découvertes dans des caves», a pronostiqué George Clooney au cours de la conférence de presse.

Mais «je suis ravi que la conversation revienne sur le sujet car c'est une conversation qu'il faut avoir aussi concernant la restitution des oeuvres. C'est toujours une bonne chose d'en parler».

«Les gens ignorent l'ampleur du pillage», a-t-il souligné.

Interrogé sur le choix de l'adaptation du livre éponyme de Robert M. Edsel et Bret Witter, George Clooney a répondu qu'il fallait rendre hommage à ces personnages qui ont vraiment existé, et que c'était aussi une «très bonne histoire» comme «Hollywood aime».

«Je me suis dit qu'on pouvait raconter cette histoire, même si au début ce n'était pas facile d'aller voir des producteurs avec une histoire d'oeuvres d'art volées», a-t-il dit.

«Mais avec une distribution comme celle-là ...», a-t-il plaisanté en regardant tour à tour Bill Murray, Matt Damon ou encore John Goodman et Jean Dujardin, présents à Berlin.

George Clooney a aussi raconté avoir voulu rendre un hommage aux films qui ont bercé son enfance, citant par exemple Les canons de Navarone.

La gravité du sujet de The Monuments men n'a pas empêché ses auteurs Clooney et son scénariste de longue date Grant Heslov de délivrer un film au ton léger qui tient plus du divertissement que La liste de Schindler.

«On a plutôt fait des films cyniques avant mais en fait on est moins cyniques que cela», a-t-il assuré.




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