Heis, film qui passe la génération Y au rayon X

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Anaïs Volpé

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Véronique DUPONT
Agence France-Presse
Los Angeles

Il y a quatre ans, Anaïs Volpé tournait des vidéos sur son iPhone et les bidouillait sur son ordinateur. Aujourd'hui, elle est devenue pionnière du «cross-média», et son premier long-métrage, Heis, l'emmène à Hollywood.

«Heis (Chroniques)», c'est à la fois un film, une série et une exposition qui dissèquent les heurs et malheurs de la génération Y, les jeunes de moins de 25 ans confrontés au chômage de masse et à la menace terroriste.

À l'affiche du festival de cinéma indépendant Los Angeles Film Fest, Heis a été sélectionné en programmation internationale parmi 5000 titres. L'hebdomadaire LA Weekly l'a qualifié de titre «peut-être le plus étrange et inventif» du festival, qui dure jusqu'à jeudi.

Tour à tour drôle, onirique, ou émouvant, Heis - «un» ou «unité» en grec - détonne par son montage rapide de courtes scènes, images qui se télescopent comme des pensées, extraits de vieilles vidéos amateurs, parsemées de voix hors champ et d'extraits de journaux télévisés.

«Le cross-média, ce sont de nouvelles écritures cinématographiques qui se démocratisent. Heis parle de ça aussi, d'une génération YouTube. On a accès aux images et aux informations très vite et surtout en abondance, on est tout le temps surstimulé», raconte la cinéaste de 27 ans.

Le projet a d'abord pris la forme de cinq vidéos de 11 minutes. «Au bout du compte, j'avais presque un long-métrage». Elle a réécrit le projet et tourné de nouvelles scènes. «Puis je me suis dit que la minisérie était complémentaire» du film. Les photos, objets tirés du tournage, présentés avec des vidéos et extraits, forment aussi une exposition qui a déjà voyagé en France et en Angleterre.

Heis suit une artiste de 25 ans, Pia, qui revient vivre chez sa mère «parce qu'elle a tout perdu en même temps», explique la réalisatrice aux yeux bleus et aux longs cheveux châtains.

«Galères de la jeunesse»

«Dans la vie, c'est souvent la loi des séries, on perd son amour, les amis qu'on avait en commun, à ça peut s'ajouter la perte d'un travail. On doit essayer de retrouver son équilibre intérieur», poursuit-elle.

Pia s'efforce d'obtenir une bourse pour travailler à l'étranger, mais son frère, sa mère ne cessent de la culpabiliser de partir loin d'eux. À la chronique familiale «s'est ajoutée la problématique de ce que je ressens en France», la difficulté des jeunes à aller au bout de leurs espoirs et de leurs ambitions, ajoute-t-elle.

Film tourné en France, en Chine et aux États-Unis avec un microbudget, Heis symbolise cette «génération débrouille».

Quand le projet a démarré, «j'apprenais à monter, je faisais des minis vidéo à l'iPhone que je postais parfois sur internet, j'enregistrais la voix hors champ chez moi sur un petit micro», se souvient Anaïs Volpé.

«J'aurais pu demander l'aide de maisons de production, mais j'ai trouvé plus intéressant de jouer le système D, puisque le film parle des galères de la jeunesse», estime-t-elle.

Le festival de Los Angeles est l'occasion d'aller à la pêche aux distributeurs et aux financements. «Je ne pourrai pas tourner mon prochain film avec si peu de budget. Il parle de l'expatriation, comment on vit l'histoire de son pays en étant très loin. C'est presque une suite».

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