Les hauts et les bas de la réalité virtuelle à Tribeca

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Mardi, le Festival du film de Tribeca organisait une journée de conférences en bonne partie consacrées au phénomène de la réalité virtuelle, qui mettait notamment en vedette le studio québécois Félix & Paul.

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Yves Schaeffner

Collaboration spéciale

La Presse

Le Festival du film de Tribeca saute à pieds joints dans le monde de la réalité virtuelle cette année. Mardi, le festival organisait une journée de conférences en bonne partie consacrées au phénomène et mettant en vedette le studio québécois Félix & Paul. L'occasion de découvrir le potentiel et les limites actuelles de la technologie.

Cela devait être une grande première pour le studio montréalais Félix & Paul. Invités par le festival new-yorkais, Félix Lajeunesse et Paul Raphaël devaient prononcer une conférence devant plus de 500 spectateurs portant des casques de réalité virtuelle afin de plonger dans leur univers immersif.

Curieux, les spectateurs attendaient avec une impatience évidente leur présentation, mardi après-midi. Mille et un pépins techniques plus tard, le duo montréalais a finalement dû se résoudre à présenter une conférence qui tenait plus de la présentation PowerPoint que de l'avant-gardisme technologique.

«À chacun de nos projets, on repousse toujours un peu les limites de ce que l'on peut faire avec le médium. Parfois, ça marche; parfois, ça ne marche pas», a confié après coup Félix Lajeunesse. Évidemment un brin dépités, Félix Lajeunesse et Paul Raphaël pouvaient se consoler en se disant qu'ils avaient sauvé les meubles avec une bonne dose d'humour et d'humilité.

Le potentiel incroyable de la réalité virtuelle et les limites frustrantes de la technologie auraient d'ailleurs pu servir de sous-titre à cette journée de conférences intitulée Imagination Day. Plusieurs des conférenciers ont d'ailleurs souligné - parfois malgré eux - le fait que la réalité virtuelle n'en est encore qu'à ses balbutiements.

Heureusement, un étage plus bas, dans une grande «arcade virtuelle», les progrès spectaculaires de la technologie étaient pleinement visibles. Une vingtaine de courts métrages filmés ou produits en réalité virtuelle y étaient présentés.

Dans le lot, il y en avait quatre du studio montréalais: Nomads: Sea Gypsies, Nomads: Masaai, LeBron James: Striving for Greatness et Inside the Box of Kurios.

Tous plus spectaculaires les uns que les autres, ces courts métrages permettaient de ressentir le fameux sentiment de «présence» que Félix Lajeunesse et Paul Raphaël vantaient dans leur conférence. Tellement que l'on pouvait se sentir presque gêné de faire intrusion dans le quotidien des «nomades de la mer» ou de se retrouver si proche du basketteur le plus célèbre de sa génération.

Félix Lajeunesse et Paul Raphaël, des studios Felix & Paul... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE) - image 2.0

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Félix Lajeunesse et Paul Raphaël, des studios Felix & Paul

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Le Festival du film de Tribeca, qui met l'accent depuis plusieurs années sur les nouvelles technologies et les nouvelles formes narratives, a accordé cette année une place inédite à la réalité virtuelle.

«Nous croyons simplement que la réalité virtuelle est devenue une forme d'art fascinante, et nous avons voulu la célébrer», précise Mara Webster, une des responsables de la programmation du festival.

Après avoir souligné le travail du pionnier Chris Milk l'an passé, le festival a choisi cette année de mettre en vedette le travail du studio montréalais.

«Félix et Paul sont deux des artistes les plus révolutionnaires qui soient en réalité virtuelle. Leur travail influence et inspire énormément de gens aujourd'hui.»

En après-midi, d'autres pionniers de la réalité virtuelle ont également pris part à Imagination Day. Philip Rosedale, créateur de l'immensément populaire jeu Second Life, a notamment présenté High Fidelity. 

Son projet de plateforme virtuelle devrait permettre aux gens de se transformer en avatar et d'interagir avec d'autres avatars n'importe où dans le monde par l'intermédiaire de la réalité virtuelle.

L'entrepreneur américain a d'ailleurs présenté en direct deux personnes en train d'interagir à distance par l'intermédiaire de sa nouvelle plateforme virtuelle. Le résultat? Aussi stupéfiant que comique. Si les avatars contrôlés par des humains étaient relativement bien définis, ils avaient à peu près la dextérité de pingouins qui tenteraient de jouer une partie de ping-pong.

Malgré la maladresse actuelle de ses avatars, Philip Rosedale croit fermement que la réalité virtuelle a le potentiel de bouleverser nos vies au même titre que l'internet. «On en est aujourd'hui à peu près au même point que l'on en était en 1984 avec l'internet», a-t-il soutenu avec conviction.

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Le Festival du film de Tribeca se poursuit jusqu'au 24 avril.

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