Cédric Kahn émeut San Sebastian avec Vie sauvage

Le cinéaste français Cédric Kahn a présenté son... (Photo: AFP)

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Le cinéaste français Cédric Kahn a présenté son film Vie sauvage à San Sebastian.

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Gabriel Rubio
Agence France-Presse
San Sebastian

Le cinéaste français Cédric Kahn a ému vendredi le public du festival de San Sebastian avec la présentation mondiale de Vie sauvage, une réflexion sur la liberté pour chacun de choisir son mode de vie, inspirée de l'histoire vraie de Xavier Fortin et ses enfants.

Le film raconte l'histoire de Paco (Mathieu Kassowitz), et Nora (Céline Sallete), qui mènent une vie semi-nomade avec leurs trois enfants.

Après une crise au sein du couple, Paco s'enfuit avec deux des enfants, pour ne pas avoir à les rendre à leur mère qui en a la garde, les entraînant dans une vie de clandestinité qui durera onze ans.

«Les choses démarrent d'une façon assez classique, avec un cas tranché par la justice qui est assez banal, ce qui est moins classique c'est la décision d'un père qui n'accepte pas cette décision de justice, qui s'estime lésé et qui agit», a raconté Cédric Kahn lors d'une conférence de presse, après la projection.

Le film s'inspire de l'histoire vécue des deux frères Okwari et Shahi Yena Fortin et de leur livre Hors système, où ils racontent leur odyssée en compagnie de leur père, Xavier Fortin, qui les avait enlevés en 1997 alors qu'ils étaient âgés de six et sept ans.

Arrêté en janvier 2009 dans le sud de la France, dans une grange où il vivait avec ses enfants, Xavier Fortin avait été condamné à deux mois de prison.

Présents à San Sebastian, Okwari et Shahi Yena ont défendu le film, très applaudi avant sa sortie en France le 29 octobre, et revécu avec émotion ces moments de leur enfance.

«On a vécu la clandestinité pour vivre ce qu'on avait envie de vivre. Si le choix était à refaire, je le referais, parce que c'est quelque chose d'extrêmement riche, qui m'a beaucoup apporté», a confié Okwari.

«Ce film», a souligné Shahi, «retrace un témoignage d'une enfance parallèle, dans la nature, dans un milieu dit marginal, avec un seul parent, mais ça n'empêche pas de dire qu'on se souvient d'avoir été heureux».

«On suivait des cours tous les matins, car notre papa était professeur auparavant. On a vécu vraiment beaucoup de choses, ça a été très riche», a-t-il raconté.

«Je ne me suis pas situé sur un plan idéologique. J'expose les idées du père, les contradictions de leur mère, j'expose aussi les contradictions des adolescents. Moi, je me suis intéressé au trajet intime des personnages, je crois que c'est cela la vertu du cinéma, de toucher l'intime», a expliqué Cédric Kahn, qui a aussi écrit le scénario du film.

«Ce qui m'a intéressé, c'est comment ces garçons ont grandi dans ce choix, comment ils ont réussi à construire leur personnalité avec ce père omniprésent, puissant, et cette mère manquante. C'est là que je vais au-delà de leur témoignage. C'est mon interprétation», a ajouté le réalisateur.




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