RIDM: Fermières et femmes du Québec à part entière

Le documentaire Fermières nous rappelle que des centraines de... (Photo Annie St-Pierre, RIDM)

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Le documentaire Fermières nous rappelle que des centraines de femmes sont toujours actives dans quelques 600 communautés du Cercle des fermières du Québec.

Photo Annie St-Pierre, RIDM

Les 16es Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) se terminent en fin de semaine avec, comme film de clôture, le long métrage Fermières, d'Annie St-Pierre.

La documentariste travaille depuis quelques années déjà à peaufiner ce projet qui, à travers le portrait de quatre membres du Cercle de fermières, nous rappelle que ces femmes sont toujours actives dans quelque 600 communautés du Québec.

Il s'agit de plus du premier documentaire nous venant de la maison de production micro_scope qui nous a donné les films Incendies, Monsieur Lazhar, Inch'Allah et Gabrielle.

La Presse s'est entretenue avec Annie St-Pierre.

Q Pourquoi ce sujet?

R Je pense que la première idée vient de ma grand-mère, qui était membre du Cercle des fermières.

Lorsque j'étais plus jeune et que nous allions la visiter, il y avait plein de petites choses fabriquées au Cercle chez elle, comme une petite maison pour la boîte de mouchoirs ou des signets brodés. Lorsqu'on lui demandait ce qu'étaient ces choses, elle nous répondait: «Ça, c'est ma petite fermière secrète.» J'étais intéressée par ce mystère qui ressemblait à celui de la Fée des dents. Plus vieille, lorsque je lui ai redemandé qui était cette fermière secrète, elle m'a expliqué son appartenance au Cercle de fermières. Ça a frappé mon imaginaire.»

Q Comment s'est passé votre premier contact avec ces femmes?

RLa première fois où j'y suis allée, il y a quelques années, c'était à un congrès régional à Saint-Pacôme. Environ 350 femmes sont débarquées dans la petite église du village. Elles avaient toutes le même brushing, le même genre de petite sacoche, etc. Les Fermières, ce sont des femmes de village dont la moyenne d'âge est de 75 ans. J'ai été aussi surprise par leur façon de se parler. Elles gardent, par exemple, cette politesse du vouvoiement, même si ça fait des années qu'elles se rencontrent et se donnent des becs. Elles parlent de choses très familiales. Dès qu'elles se retrouvent, il se dégage une grande chaleur de leurs rencontres. Tout cela était très cinématographique.

QQuel est l'angle abordé dans votre film?

RJ'avais envie de faire des portraits de femmes qui font partie de cette association. Des portraits qui parleraient de l'histoire de la femme dans les 100 dernières années au Québec puisque l'association aura bientôt 100 ans (en 2015). Leur histoire, on ne la connaît pas beaucoup. On connaît davantage l'histoire du féminisme que l'histoire de la femme au Québec. Je suis tout à fait féministe, j'en suis fière et je trouve ça bien qu'on se concentre sur l'histoire des militantes. Mais j'estime que l'histoire des femmes un peu plus dans l'ombre est très intéressante aussi. Elle nous en apprend sur ce qu'on était et ce que nous sommes toujours dans beaucoup de villages.

Demain, à 16h30, au Cinéma Excentris (salle Cassavetes).




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