Le festival de Los Angeles célèbre le cinéma dans toute sa diversité

Avec près d'une moitié de metteurs en scène femmes et plus d'un tiers provenant... (Photo Mario Anzuoni, Archives Reuters)

Agrandir

Photo Mario Anzuoni, Archives Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Frankie TAGGART
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Avec près d'une moitié de metteurs en scène femmes et plus d'un tiers provenant de minorités ethniques, le festival du film de Los Angeles célèbre le cinéma dans toute sa diversité, contrastant avec de grosses productions hollywoodiennes critiquées pour leur uniformité.

Le Festival du film de Los Angeles (LAFF), qui s'ouvre mercredi pour neuf jours, est organisé par Film Independent, association de promotion du cinéma indépendant qui décerne notamment les Spirit Awards, prix du cinéma indépendant américain.

Ils sont traditionnellement remis à la veille des Oscars, qui se sont retrouvés pour la deuxième fois d'affilée au coeur d'une virulente polémique sur leur manque de diversité: l'absence d'acteurs non-Blancs cette année à nouveau parmi les finalistes a fait scandale et le mot-dièse «OscarsSoWhite» a agité les réseaux sociaux.

Les grosses productions hollywoodiennes sont aussi de plus en plus uniformes, centrées sur les suites de sagas à succès, qu'elles soient post-apocalyptiques (Hunger Games) ou des aventures de super-héros (Avengers, Batman vs Superman...).

À l'inverse, la programmation du LAFF met à l'honneur des cinéastes de tous horizons et explorant toutes sortes de drames ou d'aventures humaines, à travers des dizaines de premières mondiales de films originaires de tous les continents.

Parmi les films les plus attendus de la section documentaires, Dr Feelgood, d'Eve Marson, plonge dans la dernière plaie en date de l'Amérique: l'addiction aux anti-douleurs opiacés. Plus de 20 000 personnes sont mortes de surdose de ces médicaments très prescrits aux États-Unis en 2014, un record. La légende musicale Prince pourrait avoir succombé à l'un de ces médicaments.

Le documentaire suit l'histoire d'un médecin très controversé pour avoir largement prescrit ces opiacés, William Hurwitz, condamné à 25 années de prison pour trafic de drogue.

Droits civiques

Autre documentaire, The House on Coco Road de Damani Baker raconte l'histoire de sa mère Fannie Haughton, une militante et enseignante qui a fait déménager sa famille d'Oakland en Californie pour prendre part à une révolution socialiste dans l'île État de Grenade.

Political Animals braque quant à lui les projecteurs sur les victoires dans la lutte pour les droits LGBT (lesbiens, homosexuels, bisexuels et transgenres) des quatre premiers politiciens homosexuels élus en Californie... des politiciennes.

«On a l'impression que nous sommes déjà passés à une ère post-gaie, mais en fait la bataille ne fait que commencer pour pérenniser concrètement les droits civiques pour tous les Américains LGBT», a remarqué le réalisateur Jonah Markowitz.

En plein débat national sur le droit pour les personnes transgenres d'utiliser les toilettes de leur choix dans les lieux publics ou établissements scolaires, et alors que «le gouvernement fédéral intervient dans le débat (...) des comparaisons avec la déségrégation des écoles dans les années 60 viennent à l'esprit», ajoute-t-il.

Sensitivity Training, une comédie romantique sur des relations à la fois LGBT et hétérosexuelles, sur le contrôle de la colère et la tolérance, sera aussi à l'affiche du festival. Il a fait gagner le prix Samuel Goldwyn du meilleur scénario à son auteure-réalisatrice, Melissa Finell, originaire de Los Angeles et dont c'est le premier film.

La Française Anaïs Volpé dévoilera aussi au festival son premier long-métrage, Heis (Chroniques). Nouvelle manière d'envisager le Septième art: le film fait partie d'un projet comprenant une mini-série télé et une installation d'arts plastiques.

«Découvrir des cinéastes (à travers le globe) est notre raison d'être», assure la directrice de la programmation Roya Rastegar.

C'est Lowriders, du Péruvien Ricardo de Montreuil, qui ouvre la 22e édition du festival mercredi dans les cinémas ArcLight d'Hollywood et Culver City.

Explorant la culture des voitures customisées de Los Angeles, le film met en scène la star de la série Desperate Housewife Eva Longoria et Melissa Benoist, apparue dans Whiplash, Glee, et star de la série Supergirl.

Le festival de films «indé» a pris une ampleur considérable depuis ses débuts en 1995, et accueille dorénavant 75 000 à 90 000 spectateurs par an.

Sa programmation comprend aussi 58 court-métrages provenant de 15 pays et dont 64% des metteurs en scène sont des femmes.

Partager

publicité

publicité

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer