Revenge: la transformation ***1/2

La PresseIris Gagnon-Paradis 3/5

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L'histoire: Trois riches chefs d'entreprise se réunissent pour leur partie de chasse annuelle dans le désert, mais l'un d'eux, Richard, arrive quelques jours à l'avance avec sa maîtresse, Jennifer. Ses partenaires Stan et Dimitri le rejoignent de façon impromptue, et ce qui s'annonçait comme une escapade idyllique prend rapidement une tournure infernale, la partie de chasse se transformant en chasse à l'homme baignée de sang.

Pour son tout premier film, la réalisatrice française Coralie Fargeat plonge à fond dans le cinéma de genre, avec un thriller gore dont elle maîtrise habilement les codes. Rappelant par moments des films comme Kill Bill et Mad Max, Revenge est efficace et visuellement réussi, faisant contraster les sublimes panoramas du désert ocre, personnage en soi, et une esthétique pop aux couleurs acidulées.

Sucette à la main, tout de rose et légèrement vêtue, Jennifer (justement portée à l'écran par l'actrice italo-américaine Matilda Lutz) est l'archétype même de l'aguichante Lolita, avec autant de profondeur d'esprit que le laissent suggérer ses jupes et ses danses affriolantes, qui ont tôt fait d'attirer la convoitise de Stan.

Malgré l'atmosphère festive, l'air est lourd et vicié dans cette villa. Telle la pomme croquée par notre Lolita de service qui pourrit, lentement le fruit sera cueilli - ou plutôt violemment pris - par Stan, sous l'oeil complice de Dimitri, dans une scène de viol évoquée plutôt que montrée de manière frontale. De là, une spirale infernale s'enclenche rapidement.

Revenge... (Photo fournie par Neon) - image 2.0

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Revenge

Photo fournie par Neon

Trahie par Richard, Jennifer sera laissée pour morte, empalée au milieu du désert hostile, puis pourchassée sans répit. Les personnages masculins - sans grande profondeur psychologique, disons-le - révèlent, sous leurs airs de bons pères de famille, leur nature vile, lâche, bestiale, dans laquelle la femme encombrante devient un objet jeté après usage.

Un des aspects les plus intéressants du film réside dans cette transformation profonde du personnage féminin, révélée dans une scène aux accents chamaniques. De cette mutation naît une héroïne transfigurée, véritable amazone du désert, qui passe de proie à prédatrice.

Oui, il y a (beaucoup) de sang et de violence dans Revenge, comme le veut tout bon film gore; un côté excessif pleinement assumé qui s'affranchit de toute volonté de réalisme dans cette cavale infernale aux accents fantasmagoriques, et même parfois poétiques.

* * * 1/2

Revenge. Thriller de Coralie Fargeat. Avec Matilda Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe. 1 h 48.

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