Les grands esprits: l'éducation sentimentale ***1/2

La PresseLuc Boulanger 3/5

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L'histoire: Fils d'un écrivain renommé, provenant d'un milieu social cultivé et aisé, François Foucault est professeur agrégé de lettres au fameux lycée Henri-IV à Paris. À la suite d'un quiproquo avec une fonctionnaire du ministère de l'Éducation, il est contraint d'accepter une mutation d'un an dans un collège de banlieue populaire.

De la Sorbonne à La Courneuve, il y a un trajet de seulement 25 minutes en métro, mais aussi des années-lumière de distance socioculturelle. C'est le choc entre ces deux mondes que met en scène Olivier Ayache-Vidal dans un premier long métrage assez réussi. Le réalisateur signe ici un film très positif sur l'éducation publique comme valeur d'élévation, de dépassement de soi, de transmission entre les générations. 

Ce film agit un peu comme un baume sur le cynisme ambiant. L'effort, le travail, le respect d'autrui et de soi, la politesse (pour ce professeur «à l'ancienne», l'insulte suprême est de se faire tutoyer par un élève) sont autant de valeurs que le système d'éducation nationale semble avoir abandonnées dans le cursus scolaire.

Les grands esprits est un film qui fait du bien, tant à l'esprit qu'au coeur. Il expose une confrontation entre deux classes sociales, mais aussi une rencontre entre deux solitudes. Au cours de l'année scolaire, le professeur se rapprochera du cancre de sa classe, Seydou, un jeune d'origine africaine dont la mère semble disparue ou très malade (ce n'est pas très clair dans le scénario). 

Les grands esprits... (Image fournie par BAC Films) - image 2.0

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Les grands esprits

Image fournie par BAC Films

Si le professeur éveille l'adolescent dissipé aux choses de l'esprit, Seydou va aider l'enseignant à se connecter à ses émotions et finalement ouvrir son coeur. À l'école comme dans la vie, personne n'est une île; on a tous besoin les uns des autres.

Dans le rôle de l'enseignant, Denis Podalydès joue toujours la note parfaite, sans jamais tomber dans les épanchements et le sentimentalisme. Seydou est interprété avec beaucoup de naturel et de sensibilité par le jeune Abdoulaye Diallo. Une révélation! 

Bien sûr, le film n'évite pas les stéréotypes ni les bons sentiments de l'élite parisienne bien-pensante. Bien sûr, on voit vite venir la transformation des personnages, et la fin heureuse. Bien sûr, on peut reprocher au cinéaste son regard d'anthropologue sur une réalité proche de tous les Français. Reste que les bons sentiments ne sont pas notre pain quotidien, ces jours-ci...

* * * 1/2

Les grands esprits. Comédie dramatique d'Olivier Ayache-Vidal. Avec Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo, Léa Drucker. 1 h 46.

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