Un journaliste au front: une impression de travail inachevé ***

La PresseAndré Duchesne 3/5

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L'histoire: Diplômé de l'Université McGill, le journaliste pigiste Jesse Rosenfeld, 28 ans, sillonne le Moyen-Orient où il va à la rencontre de participants, combattants et victimes des conflits et mouvements révolutionnaires. Santiago Bertolino l'accompagne sur le terrain afin de voir à quoi ressemble le quotidien de ce Torontois dont les incessants départs inquiètent sa famille.

Presque à la toute fin du documentaire, Jesse Rosenfeld dit au cinéaste Santiago Bertolino qu'il souhaite voir ses reportages faire réagir les lecteurs. «Si les gens ne font rien, je n'ai pas bien joué mon rôle», lance-t-il.

Un principe noble et juste, mais un propos qui arrive bien tard dans le film et qui aurait pu être davantage développé. En mots, s'entend. C'est d'ailleurs la faiblesse de ce documentaire: beaucoup d'images glanées en Égypte, en Irak, en Cisjordanie, en Turquie, mais un manque de mots, d'idées, de commentaires, pour nous aider à comprendre et mettre en contexte ce qui motive Rosenfeld à aller là où l'actualité bouillonne.

Pourquoi, par exemple, Bertolino ne lui pose-t-il pas de questions sur l'angle plus engagé que neutre de ses textes (on n'a qu'à lire les titres de ses articles)? Pourquoi telle zone de conflits plutôt qu'une autre? Comment faire pour gagner la confiance de combattants interviewés, notamment quand il relate avec maints détails les gestes horribles qu'ils viennent de commettre (comme les soldats du PKK)?

Un journaliste au front... (Photo fournie par l’ONF) - image 2.0

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Un journaliste au front

Photo fournie par l’ONF

Il faut reconnaître que le cinéaste a accompli ici un travail colossal qui a le mérite de nous instruire sur le quotidien d'un journaliste parti dans une zone de conflit. À ceux qui croient l'aventure grisante et palpitante, M. Bertolino propose une autre lecture. Couvrir une guerre, c'est s'exposer aux dangers, être témoin de l'horreur au quotidien, vivre dans l'attente, voir une proposition de reportage être refusée, trouver l'argent nécessaire pour un déplacement, se buter à des problèmes mécaniques et la barrière de la langue, etc.

Comment fait-on après pour vivre dans la «normalité»? Aucune idée, M. Bertolino n'a pas non plus confronté son sujet à cette question.

* * *

Un journaliste au front. Documentaire de Santiago Bertolino. Avec Jesse Rosenfeld. 1h37.

> Consultez l'horaire du film




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