La taularde: pour le jeu des actrices ***

La PresseAndré Duchesne 3/5

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Synopsis: Par amour pour l'homme de sa vie, Mathilde Leroy (Sophie Marceau) planifie l'évasion de ce dernier. Mais la combine tourne mal et c'est elle qui se retrouve derrière les barreaux. En taule, Mathilde tente tant bien que mal de faire sa place, mais elle se sent de plus en plus isolée. Et abandonnée. Inspiré d'une histoire vraie.

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Image fournie par Axia Films

Sans le travail de comédiennes au grand talent, à commencer par Sophie Marceau, mais aussi Anne Coesens, Anne Le Ny et Suzanne Clément, dans des rôles secondaires notables, La taularde serait un long métrage d'un intérêt moyen.

Car comment aborder ce genre, le drame carcéral, en évitant les éléments hautement prévisibles de la vie en taule? C'est le défi auquel a fait face la réalisatrice Audrey Estrougo sans toujours parvenir à convaincre.

Le film s'ouvre sur une enfilade de scènes suivant des ornières prévisibles: la fouille à nu, les empêtrements administratifs, l'incarcération avec une codétenue violente et territoriale.

À ces contraintes s'ajoute un flou agaçant autour des raisons de l'incarcération de Mathilde et de sa volonté de défendre son amoureux.

De plus, certaines scènes mal définies versent pratiquement dans le burlesque. On veut bien accepter que la frontière entre la vie des prisonnières et celle des gardiennes est parfois mince («On est toutes dans la merde»), encore faut-il creuser un peu plus le sujet.

Que reste-t-il alors? Un long métrage visuellement intéressant, aux décors glauques, à l'atmosphère surchargée d'une animosité prête à éclater à tout instant en colère terrible. Et surtout un formidable travail d'actrices dont le jeu traduit parfaitement l'ambiance menaçante de leur environnement.

Sophie Marceau joue avec justesse la prisonnière totalement désorientée face au silence de son homme qui ne donne jamais de ses nouvelles. Plus l'histoire avance et plus on est témoin de sa dégradation tant psychique que physique et du sentiment d'abandon qui la mine.

Lorsqu'une autre prisonnière, Anita Lopes (Suzanne Clément), lui dit: «Tu ne peux pas laisser le diable jouer dans ta tête», on saisit toute la détresse ambiante.

Même enfermé à double tour dans une histoire convenue, La taularde constitue donc un huis clos de bonne valeur.

***

La taularde

Drame d'Audrey Estrougo. Avec Sophie Marceau, Eye Haidara, Suzanne Clément, Anne Le Ny. 1h40.

> Consultez l'horaire du film




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