The Accountant: le compte n'est pas bon **1/2

La PresseSonia Sarfati 2/5

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Sonia Sarfati
La Presse

Il y a pire que s'asseoir au cinéma et se rendre compte au bout de 10 minutes qu'on est devant un navet: assister à la projection d'un suspense efficace pendant une heure et demie... puis le voir prendre le champ.

C'est ce qui se produit avec The Accountant de Gavin O'Connor (Pride & Glory, Warrior). On quitte la salle bien plus que simplement déçu: furieux.

Ben Affleck, patibulaire et plus inexpressif que jamais (ce qui le sert ici), incarne Christian Wolff. Autiste, donc (!) véritable génie des chiffres (il semble que cela aille de pair dans la bible hollywoodienne), il tient les comptes de plusieurs organisations mafieuses. Et, tel un Dr. Jekyll et Mr. Hyde, quand il le faut, il exécute des contrats - comprendre, des gens.

Sauf qu'en la personne de Ray King (J.K. Simmons), il a le Trésor aux trousses. Pour montrer patte blanche, il accepte d'aller mettre le nez dans la comptabilité d'une entreprise de robotique tout à fait légale. Où il trouve un os. Ce, en compagnie d'une employée de la boîte, Dana (Anna Kendrick), avec qui il se lie... de juste ce qu'il faut d'amitié.

Sentiment qui expliquera pourquoi, lorsque leur vie sera menacée, il fera le nécessaire pour la protéger, lui qui se décrit comme (et est) quelqu'un qui a de la difficulté à comprendre ce que pensent les gens et à déchiffrer les codes sociaux. Mais quand il a un but, il l'atteint: il est incapable, lorsqu'il commence une tâche, n'importe laquelle, de ne pas l'achever.

The Accountant... (Image fournie par Warner Bros.) - image 2.0

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The Accountant

Image fournie par Warner Bros.

Différent

Par l'intermédiaire de retours en arrière, on découvre son enfance difficile. Sa mère qui a baissé les bras. Son frère toujours à ses côtés, parfois contre son gré. Son père, militaire, qui l'a fait entraîner par les meilleurs combattants afin qu'il puisse riposter au harcèlement et aux brutes.

Bref, ce garçon «différent» - et le message est surligné: «La différence fait peur aux gens» et «Être différent ne signifie pas être moins bon» - est aussi une machine à tuer et une manière de superhéros dont on retrace ici les origines et l'éclosion.

«Batman, sors de ce corps!», aurait-on parfois envie de crier au nouvel interprète du Dark Knight.

Reste que le tout cela tient la route pendant les trois quarts du long métrage. On est dans un suspense sérieux, bien joué, un peu alambiqué, mais intéressant, avec quelques touches d'humour bien envoyées.

Jusqu'au déraillement.

La dernière demi-heure tente de déjouer et de surprendre le spectateur par des rebondissements hautement prévisibles (en tout cas, pour qui a vu plus de 10 thrillers dans sa vie). Le film cesse d'assumer ce qu'il est (un film d'action) pour tirer sur les cordes larmoyantes du drame familial et des passés douloureux - déjà pincées ici et là en cours de route. À partir de ce point-là, ça devient «sortez les violons et les mouchoirs».

Et, en fin de compte, on ne trouve pas son compte dans The Accountant.

* * 1/2

The Accountant (V.F.: Le comptable). Suspense de Gavin O'Connor. Avec Ben Affleck, J.K. Simmons, Anna Kendrick, Jon Bernthal. 2h08.

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