Les cowboys: hot-dog, couscous et blanquette de veau

La PresseÉric Clément 3/5

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Malgré quelques raccourcis, Thomas Bidegain a réalisé, avec Les cowboys, une intrigue intéressante sur la complexité du monde actuel, avec ses haines, son terrorisme, ses croyances, ses manipulateurs et ses manipulés.

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Les cowboys

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Voilà un film français qui, a posteriori, finit par être nourrissant. Il débute pourtant en faisant grincer des dents. L'action se déroule en 1994 dans la campagne française. Une famille, les parents et leurs deux enfants - tous déguisés en cowboys et cowgirls -, participe à un festival country. Avec leurs chapeaux, vestes et bottes de cuir, ces gens ont l'air aussi décalés que des Texans portant bérets et baguettes sous le bras. Si, au moins, ils chantaient du country en français... Ben non !

Cela dit, il ne faut pas s'arrêter à ces images de fascination hexagonale pour les clichés américains. Le film prend rapidement une tangente dramatique avec la disparition de l'aînée de la famille, Kelly (Iliana Zabeth), justement pendant la fête western. On apprend alors qu'elle sort avec Ahmed (Mounir Margoum), qui lui aussi a disparu. La police pense à une fugue, mais les parents découvrent de la propagande djihadiste dans la chambre de Kelly...

À partir de là, ce premier film de Thomas Bidegain (scénariste pour les films Un prophète, De rouille et d'os, La famille Bélier et Dheepan) se résume à la recherche effrénée de la jeune fille couplée au désarroi des deux familles, l'une chrétienne, l'autre musulmane, qui ne comprennent pas le geste de leurs enfants. Un geste d'une douloureuse actualité en 2016 pour bien des familles sur cette planète...

Malgré quelques raccourcis, Thomas Bidegain a réalisé une intrigue intéressante sur la complexité du monde actuel, avec ses haines, son terrorisme, ses croyances, ses manipulateurs et ses manipulés.

Il touche à la géopolitique, mais aussi aux défis majeurs du multiculturalisme pour les sociétés occidentales.

Choc des cultures

Meurtri par la disparition de sa fille, le père est un macho violent et maladroit interprété avec justesse par François Damiens. Le jeune frère de Kelly (Kid) est joué, à l'âge adulte, par un Finnegan Oldfield efficace et sobre qui a obtenu, au printemps dernier, le César du meilleur espoir masculin pour ce rôle.

Peu disert, son personnage manque toutefois un peu de consistance. On l'aurait préféré plus affirmatif dans son rejet de l'éternel affrontement entre les bons cowboys et les méchants Indiens. Cowboys et Indiens. Chrétiens et musulmans. Thomas Bidegain aurait pu cogner plus fort sur le clou du choc des cultures dans cette France qui n'a pas encore trouvé la bonne recette d'une harmonieuse diversité ethnoculturelle. Mais son film a la lucidité de suggérer furtivement quelques pistes...

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Les cowboys

Drame  de Thomas Bidegain, 1 h 54 

Avec François Damiens, Finnegan Oldfield et John C. Reilly

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