Les innocentes : bien appliqué. Mais un peu sage...

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Anne Fontaine ne craint pas l'éclectisme. De Nettoyage à sec jusqu'à Gemma Bovary, en passant par le magnifique (mais méconnu) Comment j'ai tué mon pèreCoco avant Chanel ou Adoration, la réalisatrice française aborde des univers différents, tout en construisant une oeuvre basée sur le questionnement existentiel de ses personnages.

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Les innocentes

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Pour son 15e long métrage, la cinéaste arrive là où l'on ne l'attend pas. Elle se tourne cette fois vers le drame historique.

Inspiré d'une histoire réelle, le récit des Innocentes est campé dans l'hiver polonais, en décembre 1945, alors que les derniers soubresauts de la Seconde Guerre mondiale s'attardent encore un peu. La Croix-Rouge française est encore sur place afin de soigner les rescapés français avant leur rapatriement. La mission de la jeune interne Mathilde Beaulieu (Lou de Laâge) dévie un peu de sa trajectoire le jour où une jeune religieuse polonaise (Agata Buzek) se présente à la clinique de fortune et la supplie de la suivre.

Mathilde, une jeune femme athée née de parents communistes, se retrouve alors dans un couvent voisin où plusieurs des religieuses, violées par des soldats russes, s'apprêtent à accoucher. L'honneur et la réputation de l'institution catholique étant en jeu, les autorités n'ont jamais été alertées par la mère supérieure (Agata Kulesza). Toutes ces jeunes femmes vivent dans la honte, torturées par leur secret et leur silence.

Un lien indéfectible

Le scénario est construit de telle sorte que, sans miser vraiment sur une opposition, les différences culturelles et idéologiques entre les religieuses polonaises et la doctoresse française constituent ici un enjeu dramatique. Cela dit, au-delà de ces différences, un lien indéfectible se nouera entre ces femmes.

Le récit ramène aussi, forcément, le souvenir d'autres films de même nature. On pense notamment à Thérèse (Alain Cavalier), à Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois), ou même, plus près de nous, à La neuvaine (Bernard Émond).

Si Les innocentes reste un film bien appliqué, voire souvent touchant, l'approche un peu sage qu'emprunte la réalisatrice l'empêche toutefois d'atteindre le niveau des oeuvres mémorables. 

Un peu comme si la dimension profondément spirituelle des personnages avait été délaissée au profit d'un récit plus anecdotique.

On louera quand même ici le travail - magnifique - de la directrice photo Caroline Champetier, qui a su rendre à la fois la beauté et l'âpreté de cet univers, de même que l'interprétation sans failles de la distribution. Dans son premier grand rôle d'adulte, Lou de Laâge (Respire) module ici une partition subtile et délicate, à l'instar de ses collègues polonaises. Vincent Macaigne promène de son côté sa dégaine mélancolique dans le rôle d'un médecin dont la relation avec la doctoresse sortira parfois du cadre professionnel.

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Les Innocentes

Drame historique d'Anne Fontaine, 1 h 55

Avec Lou de Laâge, Agata Buzek, Agata Kulesza, Vincent Macaigne

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