The Music of Strangers: la musique qui nourrit l'espoir ***1/2

La PresseHugo Pilon-Larose 3/5

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C'est l'espoir et le rêve qu'on a tous déjà chéri: que la paix l'emporte contre les divisions et la guerre. Dans The Music of Strangers, le nouveau documentaire inspirant et entraînant de Morgan Neville, on se prend à croire que l'art peut réellement réunir les gens dans leurs différences.

Gagnant d'un Oscar en 2014 pour son film 20 Feet of Stardom, le documentariste américain nous offre cette fois-ci une incursion intime au sein du Silk Road Ensemble, un groupe de musiciens multi-instrumentistes provenant des quatre coins du monde, parlant des langues différentes, mais se rejoignant autour d'une même passion: la musique.

Formée en 2000 par le violoncelliste prodige sino-américain Yo-Yo Ma, gagnant de plusieurs Grammy Awards, la troupe regorge d'histoires touchantes et inspirantes, racontées en nuances avec les parcours troubles des musiciens qui la composent.

Il y a d'abord Kayhan Kalhor, un musicien kurde iranien, qui joue le kamancheh, un instrument traditionnel. Cet homme marqué par la répression raconte comment il a quitté son pays, transformé en 1979 en une République islamique.

Aujourd'hui exilé aux États-Unis, il voudrait revenir en Iran, mais il craint la répression. Encore récemment, Kalhor devait donner un concert à Téhéran, mais il a été annulé à quelques jours d'avis, les autorités évoquant des enjeux sécuritaires. L'artiste a depuis promis qu'il ne jouerait plus dans son pays tant que l'art y sera tenu prisonnier.

Lumineux

Kayhan Kalhor n'est pas le seul musicien du Silk Road Ensemble à vivre de l'oppression. Il y a aussi Kinan Azmeh, un clarinettiste syrien, qui tente d'exprimer sa colère et sa peine devant l'abandon de la communauté internationale des gens de son pays, embourbé dans une guerre civile.

Or, en aucun moment n'est-on déprimé par les histoires des musiciens aux trajectoires tragiques. Dans ses plans, le réalisateur Morgan Neville fait une grande place à la lumière, car c'est à cela qu'aspire la troupe. Le résultat nourrit une certaine forme d'espoir.

La scène d'ouverture, où le Silk Road Ensemble joue sur les rives du Bosphore, à Istanbul, nous ramène au récent coup d'État avorté des militaires turcs, ainsi qu'aux dérives autoritaires du régime Erdogan. Cela était certes non planifié par le cinéaste Neville, qui ne pouvait deviner le cours de l'Histoire, mais ces récents bouleversements semblent lui donner à nouveau raison: les guerres de tranchées ne sont jamais bien loin.

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The Music of Strangers

Image fournie par la production

Jamais loin de nos racines

Ce qui unit les musiciens, outre leur passion pour la musique, est également leur quête qui puise dans ce qui est universel: la recherche de notre identité, en constante évolution, en relation avec nos racines.

«L'art nous mène à diverses possibilités, et ces possibilités nous mènent à l'espoir. Nous avons tous besoin d'espoir», dit l'un des intervenants du film. «La culture est ce qui nous permet de rester vivant et d'évoluer», ajoute Yo-Yo Ma.

Devant les atrocités qui marquent l'actualité ces derniers mois, The Music of Strangers agit sur nous tel un baume. Il ne guérit pas nos peurs, mais il soulage pour un court instant notre peine.

The Music of Strangers est présenté à compter du 29 juillet au Cinéma du Parc en version originale anglaise, avec sous-titres en français.

* * * 1/2

The Music of Strangers. Documentaire de Morgan Neville. 1h35.

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