Me Before You: aimer, rire et pleurer ***

La PresseSonia Sarfati 3/5

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Sonia Sarfati
La Presse

C'est Cendrillon qui croise Intouchables. C'est l'amour au temps de Love Story ou The Fault of Our Stars, où la maladie incurable a été remplacée par les effets irréparables d'un accident.

Bon, on ne s'attardera pas ici sur les « controverses » que provoque Me Before You de Thea Sharrock - des groupes de pression dénoncent que le rôle tenu par Sam Claflin n'ait pas été attribué à un handicapé ; et d'autres sont outrés de ce qu'ils voient comme la promotion de l'euthanasie par Hollywood - pour juger le film sous l'angle du cinéma.

Sous cet angle-là, à en juger par les rires puis les reniflements et enfin les sanglots véritables entendus lors de l'avant-première, mercredi soir, l'adaptation du roman à succès de Jojo Moyes (dont elle signe le scénario) remplit sa mission.

Comme le savent les très nombreuses lectrices du livre, l'histoire, qui se déroule dans un village anglais surplombé d'un château, est celle de Lou Clark (Emilia Clarke, de Game of Thrones), jeune femme de 26 ans sans beaucoup d'ambition mais d'agréable compagnie et pleine de volonté quand vient le temps d'aider sa famille qui en arrache.

Après avoir perdu son emploi dans le café local, elle est engagée pour prendre soin de Will Traynor (Sam Claflin, de Hunger Games), fils des châtelains. Homme d'affaires à succès et homme à femmes, il a été victime d'un accident deux ans plus tôt et est, depuis, tétraplégique. Un état irréversible. Une vie qui, juge-t-il, n'est pas, n'est plus la sienne. Il veut mourir.

Le choix

Lou - avec sa fantaisie, sa joie, sa maladresse, son franc-parler et ses tenues colorées - le fera-t-elle changer d'idée ?

Il y avait là tout le nécessaire pour accoucher d'un mélodrame larmoyant. Ce n'est pas le cas. On y pleure, mais juste assez.

De plus, Jojo Moyes a fait un bon travail scénaristique en présentant, succinctement mais avec pertinence, sans se faire moralisatrice, les réactions des proches et moins proches de Will face à son désir de mourir. Les parents (excellente Janet McTeer et solide Charles Dance, lui aussi de Game of Thrones), déchirés. La mère de Lou (Samantha Spiro), très croyante, outrée ; et le père de la jeune femme (Brendan Coyle, de Downton Abbey), discrètement présent pour sa fille. Nathan (Stephen Peacocke), qui s'occupe des soins physiques de Will, lucide.

Le principal problème de Me Before You, en fait, vient de Thea Sharrock. C'est sa première réalisation et elle s'adonne à la tâche sans grande imagination. Elle parvient même à nuire à Emilia Clarke - dont on ne remettra pas en cause le talent, elle a fait la preuve qu'elle en a - en multipliant les gros plans du visage de la jeune femme où se succèdent des émotions trop enthousiastes. Il faut un moment pour passer par-dessus les yeux écarquillés à outrance, le sourire qui déborde et les sourcils à l'agilité olympique.

De plus, plusieurs scènes, du registre heureux comme de celui de l'émotion, sont gâchées par l'intrusion de chansons pop qui enterrent et aplatissent tout sur leur passage.

Mais, malgré tout, apportez vos mouchoirs.

Me Before You (v.f. Avant toi) ***. Drame romantique de Thea Sharrock. Avec Emilia Clarke, Sam Claflin, Janet McTeer, Charles Dance. 1 h 50.

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