La démolition familiale: course à obstacles ***

Le SoleilÉric Moreault, Le Soleil 3/5

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La démolition familiale a fait forte impression au dernier Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ). Le film de Patrick Damien a obtenu le prix du public - long métrage ainsi que la récompense du jury des cinéphiles.

Un exploit pour un documentaire. Mais son récit très personnel, et fort, sous forme de rite de passage qui relève de la course à obstacles s'avère extrêmement touchant. Et il met à l'écran des Québécois simples et attachants qu'on ne voit pas souvent, des jeunes qui tentent de se forger une identité en vivant leur passion inusitée: les derbys de démolition.

Patrick Damien est un fier natif de Bellechasse, où il plante sa caméra, en 1996. Il y trace le portrait de David Godbout, un ami d'enfance, et d'un autre ami, Hugo. On voit quelques images d'archives en ouverture de La démolition familiale, puis on retrouve David, 15 ans plus tard. Le réalisateur cherche à démontrer que de vieilles carrosseries peuvent aider à souder des liens familiaux...

La démolition familiale se penche donc sur le trajet parallèle de Christopher et de Marika. À 16 ans, le premier veut suivre les traces de son défunt père dans les derbys de démolition. Il peut compter sur la collaboration de David, devenu un ex-coureur, mais toujours aussi passionné de mécanique. Il est aussi le père absent de Marika, 18 ans. La volonté de la jeune femme de faire comme les gars permettra au père et à la fille de se rapprocher.

Patrick Damien connaît intimement cet univers de chars retapés, mais aussi les gens qui le peuplent. Cette proximité crève l'écran. 

Elle lui permet aussi de recueillir à coeur ouvert les peurs, les regrets, les angoisses et les espoirs sans fard. David, qui regrette son absence et veut rattraper le temps perdu avec Marika. La grand-mère de la jeune femme, qui exprime ouvertement ses craintes par rapport à ce sport inusité. Ou Christopher, pour qui les courses sont un défoulement, mais aussi une façon de vivre le deuil de son père, mort trop jeune.

La démolition familiale... (PHOTO FOURNIE PAR EYESTEELFILM) - image 2.0

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La démolition familiale

PHOTO FOURNIE PAR EYESTEELFILM

Hommage à un ami

Pour le réalisateur, ce long métrage se veut un hommage à son ami David Godbout et à sa relation avec sa fille. En fait, les derbys de démolition qu'il filme sont un prétexte pour évoquer la vie en région, l'importance des liens familiaux et de l'amitié. La persévérance, l'apprentissage et la transmission aussi.

Sur le plan formel, La démolition familiale ne casse rien (sans mauvais jeu de mots). Mais il n'en est pas moins très efficace. La narration du réalisateur lui confère un aspect intime très efficace.

En fait, c'est son sujet inhabituel qui pique la curiosité. Comme le film est bien monté, avec un certain suspense, le spectateur veut accompagner les deux jeunes dans leur quête, voir où leur démarche va les mener sur la route de la vie. Et comme on sait, ce n'est pas la destination qui compte, mais le voyage. Le bout de chemin qu'on parcourt avec Christopher, Marika et les autres a de quoi nous faire réfléchir. C'est la grande force de ce documentaire aussi surprenant que captivant.

La démolition familiale a obtenu le prix du meilleur premier long métrage documentaire aux récents Rendez-vous du cinéma québécois.

* * *

DOCUMENTAIRE. La démolition familiale. De Patrick Damien. 1h33.

Consultez l'horaire du film

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