The Lobster: la dictature du sentiment ***1/2

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Lancé l'an dernier au Festival de Cannes, où il a obtenu le prix du jury, The Lobster est une allégorie aussi absurde que jouissive, qui met en exergue les pressions sociales encadrant les rapports sentimentaux et humains.

Dans ce premier film anglophone d'un cinéaste qui s'était fait grandement remarquer grâce à Dogtooth, Colin Farrell incarne David, un quadragénaire rangé, dont le récent divorce apporte pourtant un changement de vie radical.

Dans la société dans laquelle il évolue, située dans un avenir proche, le célibat est en effet une tare qu'il faut enrayer. Ainsi, ceux qui se retrouvent seuls sont arrêtés et envoyés dans un hôtel particulier - un centre de rééducation en quelque sorte - où ils disposent alors de 45 jours pour tomber amoureux d'un ou d'une semblable. Ils doivent alors, impérativement, former un couple.

Ceux qui n'y parviennent pas - des pestiférés - sont tout simplement transformés en animaux et relâchés dans la forêt environnante. Dans le questionnaire d'entrée, la vénérable institution a au moins la délicatesse de demander au nouveau pensionnaire l'animal en lequel il voudrait être transformé, le cas échéant. La plupart font comme le frère de David, devenu chien il y a deux ans, et choisissent d'être transformés en animal de compagnie. Si jamais son séjour ne donne pas les résultats escomptés, David, lui, a choisi de finir sa vie en... homard.

On se retrouve avec une forme d'Occupation double qui croiserait l'univers de Hunger Games

Car, bien sûr, des jeux sont organisés pour éliminer les plus faibles. Cela dit, la résistance des célibataires, qui revendiquent leur statut clandestin, s'organise. À l'intérieur même de l'hôtel, où les conventions sociales empruntent une forme aussi kitsch que dictatoriale, certains cherchent un moyen de trouver une porte de sortie. Une milice, dirigée par un personnage incarné par Léa Seydoux, tente aussi de déstabiliser le pouvoir, mais il s'avère que celle-ci est mue par des règles tout aussi rigides.

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Poussé à l'extrême

La première partie du récit, pendant laquelle le spectateur apprend le mode de fonctionnement de cette prison sans nom en même temps que le protagoniste, est la plus intéressante. C'est à la fois drôle et terrifiant. On y démontre par l'absurde comment peut déraper une idéologie poussée à l'extrême.

Le récit s'essouffle ensuite un peu. C'est comme si les scénaristes - Yorgos Lanthimos a écrit le scénario avec son fidèle complice Efthymis Filippou - n'avaient pas trop su comment trouver le moyen de maintenir leur histoire à la même hauteur. Cela dit, ils proposent quand même, de façon plutôt astucieuse, une véritable histoire d'amour. Dans ce contexte, le récit emprunte un tournant romantique complètement inattendu.

Dans la peau de cet homme «ordinaire», Colin Farrell trouve ici l'un de ses rôles les plus marquants. Il est entouré d'une distribution impressionnante, dans laquelle s'entremêlent des acteurs venus de tous horizons, notamment Rachel Weisz, John C. Reilly, Ben Whishaw et bien d'autres.

Notez que The Lobster peut aussi être vu en version originale avec des sous-titres en français.

* * * 1/2

COMÉDIE DRAMATIQUE. The Lobster (V.F.: Le homard). De Yorgos Lanthimos. Avec Colin Farrell, Rachel Weisz, Jessica Barden et John C. Reilly. 1h58.

Consultez l'horaire du film

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