Knight of Cups: cinquante nuances de vide **1/2

La PresseMario Cloutier 2/5

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Mario Cloutier

Terrence Malick est passé en quelques années de cinéaste presque disparu à l'un des réalisateurs les plus prolifiques de l'heure.

Au moment où sort ici Knight of Cups, présenté à la Berlinale en 2015, le cinéaste a mis la touche finale au drame Weightless et son docudrame Voyage of Time est déjà en postproduction. Les cinéphiles peuvent donc envisager la possibilité de trois Malick en un an sur nos écrans!

Chose certaine, même si Knight of Cups est un film d'une beauté plastique remarquable, il souffre d'une ultraminceur scénaristique qui rend la manière Malick quelque peu répétitive. 

Le cinéaste américain a basé le récit sur le monde des cartes du tarot et l'histoire d'un prince à la recherche d'une perle qui tombe profondément endormi. 

L'histoire est transposée dans le contexte hollywoodien où Christian Bale joue le «prince». Le bellâtre fantomatique flotte parmi les starlettes et les autres artisans du cinéma made in USA, dont le drolatique Antonio Banderas.

Mais le prince est triste. Il se questionne sur sa vie, il se cherche pendant que «son ombre se déshabille dans les bras semblables des filles», pour citer Aragon. Parmi elles, les toujours excellentes Cate Blanchett et Natalie Portman.

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PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE

Aucune ligne dramatique n'aboutit, selon le style habituel du cinéaste. Celle-ci manque, toutefois, cruellement d'intérêt. Hollywood! Mais que faisait l'existentiel Terrence Malick dans les 50 nuances de vide de ce monde superficiel et futile?

Bref, on est loin de l'équilibre, entre contenu et contenant, atteint par le sublime The Tree of Life. Et à des millions d'années-lumière des pensées philosophiques des soldats de The Thin Red Line

Techniquement, l'auteur de Days of Heaven atteint pourtant des sommets de virtuosité. Utilisation de la pellicule et du numérique, jump cuts, travellings incessants, GoPro, accélérés, ralentis, narration en voix off... le cinéaste s'amuse et éblouit. Mais, avouons-le, en vain. 

Comme fan, on en vient à se demander si le cinéaste n'aurait pas avantage à délaisser la narration et les stars hollywoodiennes une fois pour toutes afin d'assumer pleinement et purement son désir d'expérimentation.

En ce sens, Terrence Malick reste un très grand cinéaste. Ce couac dans son parcours démontre toutefois les limites d'une esthétique, certes unique, mais qui se cherche un second souffle.

* * 1/2

DRAME. Knight of Cups (V.F.: Le cavalier de coupe). De Terrence Malick. Avec Christian Bale, Cate Blanchett, Natalie Portman. 1h57.

> Consultez l'horaire du film

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