L'hermine: de belles retrouvailles ***1/2

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Vingt-cinq ans après La discrète, un film important pour l'un et l'autre, Fabrice Luchini et Christian Vincent se retrouvent à la faveur d'un drame judiciaire aux résonances intimes.

C'est d'ailleurs sur le plan du scénario que réside d'abord le grand défi de L'hermine. En insérant une histoire d'amour dans un récit où prime avant tout une quête d'authenticité, le cinéaste risquait en effet de fragiliser une construction pourtant déjà solide. Le spectateur québécois aura de surcroît un effort supplémentaire à faire. Dans la mesure où le cas de figure exposé - plausible dans le cadre du système judiciaire français - ne pourrait probablement pas tenir la route en nos terres. Mais on s'y fait.

Dans L'hermine, Fabrice Luchini incarne Michel Racine, un magistrat reconnu pour prononcer de sévères sentences. On le surnomme même «le Président à deux chiffres», car ses condamnations, à titre de président de cour d'assises, ne sont jamais assorties de peines de moins de 10 ans.

La vie de monsieur le Président, austère, solitaire et peu engageante, est troublée le jour où, dans une cause d'infanticide qui s'apprête à être jugée dans sa cour, il reconnaît une femme qu'il a déjà aimée (Sidse Babett Knudsen) dans le processus de sélection des jurés.

Seuls l'avocat de la défense et le procureur du ministère public ayant le droit de récuser un juré potentiel, cette femme, médecin clinicien, est quand même retenue.

Le magistrat cherchera ainsi à revoir cette ancienne dulcinée, qu'il a aimée en secret, dans un cadre privé. De cette situation pour le moins improbable, les acteurs tirent néanmoins le meilleur profit. Très subtilement, ils réussissent à traduire les bouleversements intérieurs de leurs personnages, ne serait-ce qu'en bavardant dans un café.

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Une approche méticuleuse

Christian Vincent explore aussi de façon très méticuleuse le processus judiciaire, notamment en s'intéressant à la dynamique qui s'installe au sein d'un jury. Le cinéaste évoque du même coup les enjeux de façon précise, de même que l'atmosphère - très solennelle - qui règne dans ce milieu.

L'hermine vaut surtout pour cette rencontre entre les deux acteurs principaux. 

L'actrice danoise Sidse Babett Knudsen (Borgen), récente lauréate du César de la meilleure actrice de soutien, propose une composition remarquable, placée sous le signe de la finesse et de la subtilité. Idem pour Fabrice Luchini. Qui évite toute «luchinisation» de son personnage. La maturité aidant, l'acteur met ici de l'avant un jeu teinté d'une grande sobriété, entièrement axé sur l'intériorité. À la Mostra de Venise, sa performance fut d'ailleurs saluée par un prix d'interprétation, alors que Christian Vincent obtenait de son côté le prix du meilleur scénario.

Il est parfois de ces retrouvailles qui en valent la peine.

* * * 1/2

Drame. L'hermine. De Christian Vincent. Avec Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen, Eva Lallier, Corinne Masiero. 1h38.

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