The Finest Hours: sur un air d'autrefois **1/2

La PresseSonia Sarfati 2/5

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Sonia Sarfati
La Presse

Il y a quelque chose de volontairement «vieille école» dans The Finest Hours de Craig Gillespie (Million Dollar Arm). Dans le jeu des acteurs, dans la trame narrative, dans une totale absence de cynisme, pleinement assumée et présentée de front.

Et cela colle parfaitement à l'époque ici racontée: inspiré d'un fait réel, le long métrage se déroule principalement dans la nuit du 18 février 1952. Une tempête monstre frappe les côtes du Massachusetts. Deux pétroliers se brisent littéralement cette nuit-là. Une équipe formée de quatre garde-côtes prend la mer à bord d'une embarcation minuscule et va à la rescousse de la trentaine de membres d'équipage du SS Pendleton.

En quelque sorte, l'équivalent maritime de David contre Goliath.

À la tête des garde-côtes, Chris Pine est convaincant en Bernie Webber: le capitaine Kirk de Star Trek a su jouer «petit» afin de rendre le côté héros ordinaire, naïf et timide d'un homme aussi courageux qu'introverti. Sur le pétrolier, Casey Affleck est parfait dans la peau de l'ingénieur de bord, plus à l'aise avec les moteurs et les mécaniques qu'avec les humains - mais qui, par la force des choses, devient responsable de l'équipage.

Et dans ce film au style rétro, les vagues monstrueuses qui se fracassent sur les embarcations, déchirent le métal, écrasent les hommes bénéficient d'effets spéciaux de pointe - même si, parfois, le raccord entre le vrai (le bassin où le tournage a été fait) et le faux (l'océan créé en CGI) ne se fait pas de façon aussi invisible qu'on l'aurait espéré - et d'une 3D pour une fois pas complètement inutile.

L’affiche du film The Finest Hours... (Image fournie par Disney Pictures) - image 2.0

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L’affiche du film The Finest Hours

Image fournie par Disney Pictures

Mais il y a des «mais».

Aux côtés des leaders des deux groupes n'évoluent que des esquisses de personnages comme autant d'archétypes du film-catastrophe.

L'excellent Ben Foster (Lone Survivor), par exemple, qui assiste Chris Pine, est honteusement sous-utilisé.

De plus, le combat haletant des hommes contre les forces de la nature - qui ne s'amorce qu'après une longue exposition des faits, des lieux, des gens - est continuellement interrompu par des retours sur terre que Craig Gillespie a peut-être jugés nécessaires afin de donner au spectateur le temps de souffler, sauf que cela l'empêche en fait de s'immerger dans le récit.

D'autant que le scénario affiche une régularité de structure qui ne colle pas à l'aspect désordre/improvisation/débrouillardise du combat mené à l'écran. C'est presque sur un rythme chronométrique que l'on passe de l'esquif des garde-côtes au pétrolier en péril au village de Chatham.

De là proviennent les ordres donnés par un chef caricaturalement incompétent (impossible pour Eric Bana de faire quoi que ce soit avec ce personnage, tel qu'écrit). Là, aussi, attend la fiancée de Bernie, Miriam (Holliday Grainger), jeune femme déterminée qui ne s'en laisse imposer par personne. Un rôle intéressant et une romance à l'ancienne... qu'il aurait été pertinent d'explorer en d'autres temps et lieux. Dans ce contexte, c'est comme l'ancre de trop, celle qui empêche le spectateur de larguer les amarres en compagnie de ces marins de peu de mots, mais de grand courage.

* * 1/2

Drame. The Finest Hours (V.F. Les heures de gloire). De Craig Gillespie. Avec Chris Pine, Casey Affleck, Ben Foster, Holliday Grainger. 1h58.> Consultez l'horaire du film

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