Là où Atilla passe: ce qu'il faut laisser derrière ***

La PresseChantal Guy 3/5

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Une douloureuse mélancolie traverse Là où Atilla passe..., deuxième film d'Onur Karaman qui nous avait donné La ferme des humains en 2013. Et ça se passe surtout dans les yeux d'Atilla (émouvant Émile Schneider), un jeune homme un peu à la dérive, hanté par la rupture brutale d'avec ses origines.

Il pourrait être un ado comme les autres, qui fume un peu trop de cannabis au grand dam de ses parents, mais Atilla, on finit par le comprendre, a été adopté enfant par un couple québécois, Michel (Roy Dupuis) et Julie (Julie Deslauriers).

Plus le temps l'éloigne de son passé en Turquie, où il est né et dont il a largement oublié la langue, plus ce passé vient le hanter. D'autant qu'il travaille dans un restaurant qui le met en contact avec de jeunes Turcs, notamment la jolie Asya (Dilan Gwyn), étudiante de passage au Québec, dont il tombe amoureux.

Atilla parle peu avec ses parents, dans ces rapports conflictuels propres à la crise d'adolescence qui s'étire, mais il ne dialogue pas beaucoup non plus avec ses nouveaux amis, gêné de ne pas mieux maîtriser sa langue maternelle. On saisit alors le déchirement dans lequel il est constamment tiraillé. Par souci de réalisme, Karaman propose dans ses dialogues un mélange des langues, au point de rencontre des cultures. Mais ainsi, la relation silencieuse et affectueuse entre Atilla et son père n'en est que plus touchante et plus chargée de sens.

Affiche du film Là où Atilla passe…... (Image fournie par K-Films Amérique) - image 2.0

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Affiche du film Là où Atilla passe…

Image fournie par K-Films Amérique

Dans ce film contemplatif aux accents oniriques, les drames ne sont pas à venir, ils sont déjà arrivés et contaminent le présent. Le défi, pour les personnages, est de pouvoir passer à autre chose et d'avancer.

C'est le couple qui traverse une crise qui en rappelle une autre. Julie et Michel doivent vaincre leurs peurs, notamment celle de voir leur fils adoptif renouer avec quelque chose qui leur est étranger. Mais craindre que notre enfant nous échappe, n'est-ce pas le lot de tout parent?

Quant à Atilla, seule la paix avec son passé lui ouvrira la porte de son futur. Onur Karaman signe ici un film simple et sensible, d'une grande subtilité, où il laisse toute la place au talent de ses interprètes. Surtout, il aborde le sujet de l'identité sans jamais rien surligner, sans faire la morale, simplement en restant dans un registre très humain.

* * *

Drame. Là où Atilla passe... D'Onur Karaman. Avec Émile Schneider, Roy Dupuis, Dilan Gwyn, Julie Deslauriers. 1h29.

> Consultez l'horaire du film

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