Jean-François Asselin: un réalisateur patient

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Josée Lapointe

À la télé, il a été à la barre des Pêcheurs, de François en série et de l'excellent Plan B, dont il est en train d'écrire la deuxième saison. À 43 ans, le réalisateur Jean-François Asselin présente son premier long métrage, Nous sommes les autres, qui met en vedette Émile Proulx-Cloutier, Pascale Bussières et Jean-Michel Anctil.

Vous avez fait beaucoup de télé avant de réaliser ce premier film, alors que de nombreux cinéastes font plutôt le chemin inverse. C'est un choix?

Non. J'aurais fait des films à 30 ans si j'avais pu. En télé, mes premiers projets ont été Ciao Bella et La vie rêvée de Mario Jean; puis j'ai fait François en série à partir de mon court métrage Déformation personnelle, qui avait eu du succès. Mais ensuite, ç'a été long pour tous mes projets de long métrage. Mon rêve est de faire des films, mais le plus important est de mettre en scène mes idées et mes scénarios. La télé n'est pas un médium mineur. On a rejoint 600 000 personnes avec Plan B, je ne pense pas qu'on va faire ça avec le film.

La télé n'est donc pas une école pour vous?

Pas du tout. En termes de structure narrative, par contre, j'ai appris, en faisant mon film, à raconter une histoire en 1 h 40, plutôt qu'en 6 fois 45 minutes! La façon de penser est différente, mais mon rapport aux personnages, ma façon de filmer, non.

Et votre travail de scénariste?

C'est la même chose. Dans tout ce que j'ai fait, il y a une part d'onirique et de fantastique. Je peux le faire en télé et en film.

Avec François en série, Plan B, Nous sommes les autres, on voit que le thème du double vous intéresse beaucoup.

Le thème de l'identité m'intéresse. Celui du regard des autres aussi, particulièrement dans ce film. Mais je ne veux jamais traiter mes sujets de façon conventionnelle. Ici, je voulais parler d'identité, et le faire à travers un personnage qui allait se transformer concrètement dans l'autre.

Émile Proulx-Cloutier, Pascale Bussières et Jean-Michel Anctil dans Nous... (Photo Sébastien Raymond, fournie par Les Films Séville) - image 2.0

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Émile Proulx-Cloutier, Pascale Bussières et Jean-Michel Anctil dans Nous sommes les autres

Photo Sébastien Raymond, fournie par Les Films Séville

Donc, comme dans Plan B ou François en série, ça ne se peut pas.

Exact. C'est le biais que je prends chaque fois : il y a toujours un décalage avec la réalité. J'aime que ce soit une idée qui ne se peut pas, mais à laquelle tout le monde peut s'identifier. On ne finit pas de regarder Plan B en se disant: «Cool, je peux voyager dans le passé.» Mais le nombre de personnes qui se questionnent sur les choix qu'ils ont faits après l'avoir vu! Dans le cas de Nous sommes les autres, personne ne va se transformer en quelqu'un d'autre. Mais si ça amène des gens à réfléchir sur jusqu'où on se travestit pour plaire aux autres, on aura réussi.

On vous a connu du côté de la comédie, avec François en série et Les pêcheurs, mais on dirait que plus ça va, plus vous allez du côté du drame.

Je vais revenir à la comédie, j'ai un profond amour pour ça et j'ai l'impression que c'est ma force première. Plan B, ça devait être une comédie, mais ça ne marchait pas. Tu retournes dans le passé pour changer quelque chose d'important, pas juste la couleur de ton chandail. Nous sommes les autres, c'est la même chose: la transformation du personnage, on sentait qu'elle devenait angoissante, alors on a pris le ton qui s'imposait.

En ce moment, vous travaillez sur la deuxième saison de Plan B. Avez-vous d'autres projets de cinéma?

Ç'a été tellement long pour celui-ci que j'en ai deux autres de prêts. Je vais faire un autre film avec le même producteur, Pierre Even. Une comédie surréaliste encore, mais je ne sais pas quand. J'ai été happé par Plan B, qui a été récupéré par Radio-Canada, eux qui l'avaient laissé passer la première fois. Ça va me prendre l'année, on va tourner l'été prochain.

Est-ce qu'il y a des moments où vous avez pensé abandonner?

Dans des excès de déprime, je me suis demandé si ce que je voulais faire, ce cinéma plus onirique qui, je pense, peut être grand public, avait sa place. J'étais sur le bord de dire «je vais faire autre chose», même si ma carrière marchait bien en pub et en télé. Les deux projets, Plan B et Nous sommes les autres, sont prêts depuis cinq ans et ont été refusés en même temps. Là, tu te dis: «C'est-tu bon, ce que je fais? Je me trompe-tu?» En ce moment, je suis dans une bonne période, c'est la récolte depuis un an. Mais si les gens pensent que je suis chanceux... j'ai attendu très longtemps et j'ai ramé.

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Nous sommes les autres prendra l'affiche le 10 novembre.




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