Taylor Sheridan: au coeur du blizzard

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Taylor Sheridan a roulé sa bosse en tant qu'acteur pendant des années avant de connaître une ascension météorique en tant que scénariste. Le premier film qu'il a écrit, Sicario, a été présenté en compétition officielle à Cannes. Le deuxième, Hell or High Water, lui a valu une citation aux Oscars. Avec Wind River, il passe aux commandes et réalise pour la première fois un de ses scénarios.

Elizabeth Olsen et Jeremy Renner dans Wind River... (Photo Fred Hayes, fournie par The Weinstein Company) - image 1.0

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Elizabeth Olsen et Jeremy Renner dans Wind River

Photo Fred Hayes, fournie par The Weinstein Company

Pour pallier les rigueurs de l'hiver, Taylor Sheridan... (Photo Fred Hayes, fournie par The Weinstein Company) - image 1.1

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Pour pallier les rigueurs de l'hiver, Taylor Sheridan raconte avoir installé des caméras sur des motoneiges. « On a aussi beaucoup utilisé la technique de la caméra à l'épaule parce qu'on ne peut pas installer de rails dans la neige. » Sur la photo, Jeremy Renner dans l'une des scènes du film.

Photo Fred Hayes, fournie par The Weinstein Company

Taylor Sheridan a trouvé cette première expérience fort satisfaisante. « Quand on écrit et réalise un film, on peut exécuter sa propre vision, sans être entravé par celle de quiconque. Le revers de la médaille, c'est que si ce n'est pas bon, il n'y a personne d'autre à blâmer », lance le réalisateur, joint par téléphone il y a quelques semaines.

Le réalisateur et scénariste est reconnaissant du travail accompli par Denis Villeneuve et David Mackenzie, qui ont respectivement réalisé Sicario et Hell or High Water. « J'ai été très chanceux que Denis et David réalisent mes deux premiers scénarios. Le résultat était évidemment fantastique. [...] Mais [réaliser un film qu'on a écrit], c'est la liberté totale. Tout repose sur tes épaules. »

« AU SERVICE DE L'HISTOIRE »

Dans Wind River, qui met en vedette Jeremy Renner et Elizabeth Olsen, Taylor Sheridan revisite encore une fois des thèmes qui lui sont chers - dont les interrelations entre violence, économie et territoire - à travers l'enquête policière sur la mort de Natalie (Kelsey Asbille), une jeune femme retrouvée morte de froid après avoir été victime d'un crime sordide.

Le réalisateur a ainsi voulu aborder l'enjeu des meurtres et disparitions de femmes autochtones en ancrant son histoire dans l'humanité de la victime, dont il a souhaité montrer « la vie, l'espoir et la peur ». « En tant que conteur, il faut être le plus honnête possible. [...] On doit consacrer toute son énergie à être respectueux et humble, et à se mettre au service de l'histoire », dit-il.

«J'ai voulu montrer comment cette violence affecte toute la communauté.»

Taylor Sheridan
réalisateur

La production de Wind River a pu compter sur la participation financière de la nation Tunica-Biloxi, en Louisiane. « Ils voulaient raconter cette histoire pour les mêmes raisons que moi et ils m'ont accordé une liberté et une confiance totales, ce qui est une chose rare dans notre domaine. »

Wind River a par ailleurs permis à Taylor Sheridan d'obtenir le prix de la meilleure réalisation à Un certain regard, au Festival de Cannes. « Je me suis senti soulagé et plein de gratitude, dit-il, d'autant plus que le sujet du film est extrêmement important pour moi. »

GRANDS ESPACES

L'action de Wind River est campée dans la réserve du même nom, au Wyoming, mais le film a été tourné dans les environs de Park City, en Utah, où se déroule le festival de Sundance, qui a présenté le film en première mondiale, l'hiver dernier. 

La météo a rendu le tournage très difficile, note Taylor Sheridan. « Il y a eu des jours où il neigeait quand il fallait qu'il ne neige pas, d'autres où il ne neigeait pas quand il fallait qu'il neige », raconte le réalisateur. Pour pallier les rigueurs de l'hiver, Taylor Sheridan raconte avoir installé des caméras sur des motoneiges. « On a aussi beaucoup utilisé la technique de la caméra à l'épaule parce qu'on ne peut pas installer de rails dans la neige. »

La neige et les paysages de la région ont toutefois nourri l'esthétique du film. « Je voulais que le public sente à quel point c'est vaste », explique le cinéaste. Pour donner leur texture particulière aux images hivernales de Wind River, Taylor Sheridan et son directeur photo Ben Richardson ont recouru à « de vieilles lentilles qui commençaient à se détériorer sur les côtés ». « Ça a vraiment donné sa couleur à ce monde », ajoute-t-il.

Au moment où La Presse lui a parlé, Taylor Sheridan s'apprêtait à tourner la série télé Yellowstone, mettant en vedette Kevin Costner, qui raconte l'histoire d'une famille du Montana. Il attendait aussi la sortie de Soldado, suite de Sicario dont il a également signé le scénario. 

Car si Wind River sert de conclusion à ce que Taylor Sheridan décrit comme une trilogie sur « the American frontier », le réalisateur et scénariste semble loin d'en avoir fini avec les grands espaces de son pays.

Wind River prendra l'affiche le 18 août.




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