Fatsah Bouyahmed: douce France

Le comédien Fatsah Bouyahmed a donné vie au... (Photo André Pichette, La Presse)

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Le comédien Fatsah Bouyahmed a donné vie au personnage de Fatah dans un spectacle de théâtre de rue en 1997.

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Fatsah Bouyahmed est sans aucun doute une des plus belles surprises du cinéma français cette année. En vedette dans La vache, le comédien se glisse dans la peau de Fatah, un personnage qu'il peaufine depuis près de 20 ans, dont la candeur aura attiré près de 1,3 million de spectateurs en manque de douceur de vivre dans les salles obscures d'un pays en pleine période post-attentats. De passage à Montréal, Fatsah Bouyahmed a rencontré La Presse pour discuter du long métrage qui a fait de lui une vedette.

Les propositions de rôles au grand écran étaient loin de se bousculer pour Fatsah Bouyahmed avant qu'il n'incarne Fatah, ce modeste paysan algérien qui décide de traverser la France à pied avec sa vache pour participer au Salon de l'agriculture.

«Pour la première fois de ma vie, je reçois des scénarios entiers ! Avant, on m'envoyait seulement quelques pages. J'ai déjà accepté trois projets», lance fièrement le comédien habitué du festival marocain Marrakech du rire et du Jamel Comedy Club.

Personnage fétiche

Fatsah Bouyahmed a 1 an quand il quitte sa Kabylie natale avec le reste de sa famille pour rejoindre son père parti travailler en banlieue parisienne. Un père symbole de toute une génération d'immigrés algériens qui lui inspire le personnage de Fatah, qui prend vie pour la toute première fois dans un spectacle de théâtre de rue en 1997.

«Je jouais cet immigré dans un café des années 50 qui allait être détruit pour être remplacé par une de ces grandes tours HLM, se rappelle Fatsah Bouyahmed. Je l'ai ensuite oublié pendant très longtemps. Il est revenu quand j'ai rencontré Jamel Debbouze. Je me suis rendu compte de l'impact qu'il avait et de la vérité qu'il colportait.»

Le comédien renoue ainsi en 2013 avec son personnage, cette fois-ci au cinéma dans Né quelque part du réalisateur Mohamed Hamidi. Un rôle secondaire qui sera finalement la prémisse de la grande aventure que sera trois ans plus tard La vache.

«Quand Mohamed a monté son premier film, je lui ai donné un coup de main pour les dialogues et il a créé ce personnage de standardiste dans un petit village d'Algérie. Un jour, je lui ai parlé de mon oncle au bled qui me demandait de lui apporter de la documentation sur le Salon de l'agriculture. Quelques mois plus tard, il est arrivé avec l'idée de ce road-movie qu'est La vache», se souvient Fatsah Bouyahmed.

Les deux complices planchent alors sur l'écriture du long métrage dont le scénario s'inspire autant de leur père respectif que du film de Fernandel La vache et le prisonnier.

«Mon père a presque 80 ans. Tout comme le père de Mohamed, il fait partie de cette génération de l'immigration maghrébine en France qui ne voulait absolument pas se faire remarquer. Ces gens-là, on ne les laisse pas parler. Pourtant, ils ont beaucoup de fantaisie», indique le comédien.  

«Mon père faisait rire tout le monde dans la cité où j'ai grandi. Sauf nous! Quand il rentrait à la maison, il était sérieux, il nous faisait peur. On se demandait ce qu'il pouvait bien raconter aux gens!»

Avec comme toile de fond un pays «rêvé», La vache est la fable d'une terre accueillante, un road-movie destiné à mettre un baume sur une France touchée par les attentats.

«J'adore les films italiens des années 60 et 70 dans lesquels la fantaisie côtoie la misère. Je trouve ça vrai, confie le comédien. On a écrit quelques séquences qu'on a tournées avec une France moins accueillante, mais ça ne collait pas avec le reste du film. Tout n'est pas juste en France, tout le monde n'est pas accueillant, mais ce film a fait oublier cela pour un moment», ajoute le comédien, bien conscient des défis auxquels font encore face les jeunes d'origine maghrébine en France.

«Pendant la tournée de promotion, on leur disait souvent que s'ils veulent trouver plus facilement un emploi ou un appartement, ils devraient apporter avec eux une vache!», lance-t-il. «Il vaut mieux en rire», conclut Fatsah Bouyahmed qui travaille déjà sur l'écriture d'une nouvelle aventure pour son personnage fétiche.

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La vache est actuellement à l'affiche.

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