Caroline Dhavernas: retour à soi

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Depuis la fin du tournage d'Easy Living à New York en novembre dernier, un premier long métrage indépendant américain signé Adam Keleman, l'actrice québécoise Caroline Dhavernas lit plusieurs scénarios de séries que comptent soumettre différents producteurs.

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Les hasards du calendrier font en sorte que le nom de Caroline Dhavernas apparaît simultanément dans deux productions québécoises d'envergure: Chasse-galerie, la légende, au cinéma, et Blue Moon, à la télé. Une coïncidence? Sans doute. Mais peut-être pas tout à fait non plus...

Il ne s'agit pas vraiment d'un tournant pour elle. Pas plus que d'une réorientation de carrière. Mais le fait est qu'après avoir tourné dans plusieurs productions américaines au cours des 12 dernières années, Caroline Dhavernas est particulièrement heureuse de pouvoir se réinstaller à Montréal, près des siens.

Cela ne l'empêche pas de rayonner partout, au fil des propositions, depuis la métropole québécoise.

«J'ai l'impression de récolter maintenant les petites graines que j'ai semées pendant des années, explique l'actrice au cours d'un entretien accordé à La Presse. J'ai loué un appartement à New York pendant 13 ans. Au début, il faut vraiment passer du temps sur le terrain pour commencer à bâtir un truc là-bas. Aujourd'hui, je vis pratiquement au Québec à temps plein, sauf quand je pars en tournage. Pendant trois ans, j'ai fait la navette entre Toronto et Montréal pour la série Hannibal. Maintenant qu'elle a pris fin, je suis ici de façon beaucoup plus régulière.»

Plus d'autonomie

La technologie s'étant raffinée au fil des ans, l'actrice apprécie aussi l'autonomie dont elle dispose.

«Je réalise maintenant mes auditions chez moi, avec ma caméra. Et je fais mon propre montage. Entre le moment où arrive la proposition et celui où j'envoie le clip d'audition à mon agente, tout peut se faire très rapidement. Évidemment, s'il s'agit d'un essai où le réalisateur est présent et qu'il est possible pour moi de me déplacer, je préfère alors me rendre sur place, bien sûr.»

Depuis la fin du tournage d'Easy Living à New York en novembre dernier, un premier long métrage indépendant américain signé Adam Keleman, Caroline Dhavernas lit plusieurs scénarios de séries que comptent soumettre différents producteurs. L'actrice ne veut rien précipiter.

«Je passe souvent mon tour, confie-t-elle. Je souhaite trouver quelque chose qui me plaira vraiment, car on nous demande de s'engager pour une période de sept ans. L'un de ces projets pourrait m'intéresser, mais j'hésite, car il est lié à un grand réseau. Ce qui veut dire qu'on tournerait 22 épisodes par saison. À 15 ou 16 heures de travail par jour, tu dois alors faire un trait sur ta vie. Je l'ai fait à l'époque de Wonderfalls et je me suis promis de ne plus jamais m'embarquer comme cela. Tu entres en studio le lundi à 6 h et tu en ressors le vendredi à 4 h du matin. Tu passes ensuite ton week-end à apprendre tes textes. Ce régime de vie est exténuant.»

Les conditions gagnantes

Bientôt, les chaînes spécialisées proposeront à leur tour leurs nouvelles idées de séries. L'actrice concède qu'elle préférerait trouver un projet de cette nature, qui réunirait ce qu'elle appelle ses «conditions gagnantes»: lieu de tournage, nombre d'épisodes et, aussi, un sujet inspirant. 

« Aux États-Unis, ce n'est quand même pas tout le monde qui connaît mon travail. Et puis, il y a le jeu des noms. Avec les séries de prestige diffusées sur les chaînes spécialisées, tout le monde veut faire de la télé maintenant!»

De surcroît, les chaînes spécialisées ne commandent habituellement jamais plus de 13 épisodes. En plus d'une meilleure qualité de vie, les acteurs ont du temps à consacrer au cinéma.

«Les grands réseaux de télévision américains font face à un grand défi depuis l'arrivée des chaînes spécialisées, fait-elle remarquer. Ils veulent être aussi audacieux qu'elles, mais ils ont peur. Je lis plein de pilotes de nouvelles séries dans lesquelles on sent une volonté d'aller plus loin, d'oser. Mais dès que la série s'en va en production, les grands réseaux ont le réflexe de reculer et d'arrondir les angles pour essayer de plaire à tout le monde.»

Clairement, Caroline Dhavernas tient à être sélective.

«Je veux surtout faire des choix qui vont me rendre heureuse. Cela ne m'intéresse pas de bâtir tout le temps, simplement pour grimper l'échelle. J'ai été loin de chez moi longtemps, souvent seule dans des chambres d'hôtel. Un moment donné, ça fait son temps. Il faut aussi se nourrir d'autre chose dans la vie. Chez moi, je me sens bien. »

Pour l'instant, le seul projet concret au programme de l'actrice est De père en flic 2, la suite du film à succès d'Émile Gaudreault. L'équipe attend cependant toujours le feu vert des institutions avant de pouvoir s'y mettre.

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Chasse-galerie, la légende prend l'affiche vendredi. La série Blue Moon est disponible sur Club illico.

Caroline Dhavernas et Patricia Clarkson dans The Baroness... (PHOTO FOURNIE PAR FILMS TONIC) - image 2.0

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Caroline Dhavernas et Patricia Clarkson dans The Baroness and the Pig.

PHOTO FOURNIE PAR FILMS TONIC

Cinq productions marquantes

The Baroness and the Pig (2002): «C'est grâce à The Baroness and the Pig si j'ai eu l'occasion de passer des auditions à New York. Patricia Clarkson, avec qui je jouais dans ce film, m'a recommandée à son agent. Cette rencontre avec elle a été magnifique. Patricia est une femme que j'admire beaucoup. Ce projet-là a été très important dans ma vie.»

Wonderfalls (2004): «Je n'avais jamais joué dans une comédie auparavant. J'ai adoré ça. Je n'en ai pas fait beaucoup depuis, et ça me manque. Le retrait de la série après la diffusion de quelques épisodes a été une affaire de politique interne chez Fox, je crois. Un nouveau président a été nommé pendant que nous tournions. Il ne comprenait pas vraiment le show. On a programmé la série le vendredi, dans un créneau difficile, sans beaucoup de promotion. Visiblement, la nouvelle direction n'y croyait pas. Mais cette série a quand même fait son chemin malgré tout.»

Hollywoodland (2006): «C'est grâce à Wonderfalls si j'ai pu décrocher un rôle dans ce film d'Allen Coulter. J'ai beaucoup aimé ce projet. Et j'ai beaucoup aimé jouer avec Adrien Brody aussi. En plus, ce réalisateur nous dirigeait de façon à ce que notre jeu reste toujours très sobre. J'apprécie beaucoup cette approche.»

Hannibal (2013-2015): «Les gens me parlent beaucoup de cette série. Elle a reçu beaucoup d'attention à travers le monde puisqu'elle est inspirée d'une franchise au départ. Mads Mikkelsen a été un collègue fabuleux. C'était comme regarder un petit gars de 5 ans qui aime jouer. J'espère sincèrement le recroiser un jour. Ce fut un privilège de jouer avec cet acteur que j'adorais déjà depuis longtemps. Cette série n'a pas obtenu de cotes d'écoute extraordinaires, mais les téléspectateurs qui suivaient la série étaient très fidèles.»

Blue Moon (2016): «Il y a d'abord le quatuor principal, avec Karine Vanasse, Éric Bruneau, Luc Picard et Patrice Godin, en plus de tous les autres personnages du groupe, dont je fais partie. J'ai vu la série en rafale et, franchement, j'ai été agréablement surprise du résultat. Après les problèmes survenus pendant le tournage, personne ne savait ce que ça allait donner. Yves Christian Fournier a fait un travail vraiment remarquable.»

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