Robert Morin: entre l'eau et le feu

Robert Morin... (Archives La Presse, François Roy)

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Robert Morin

Archives La Presse, François Roy

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Mario Cloutier

« Danger d'électrocution ». L'avertissement de la régie du plateau de tournage du film de Robert Morin est clair, mais il pourrait aussi bien s'adresser aux futurs spectateurs du long métrage. Le problème d'infiltration est un film d'horreur mêlant l'eau et le feu.

« En arrière-plan du scénario, il y a l'histoire de Dr. Jekyll et Mr. Hyde, résume le cinéaste. C'est l'histoire d'un personnage de médecin reconnu et bien nanti. Ce personnage public admiré reçoit dans la même journée six claques. Ça commence par une petite goutte d'eau, mais tout devient une craque dans sa vie : sa femme, son fils, son travail. Il devient de plus en plus menaçant et violent. C'est un peu Jack Nicholson dans The Shining. »

Comme dans les derniers films de Robert Morin, la forme lui est venue avant l'histoire du personnage interprété par Christian Bégin, qui tient un premier rôle au cinéma pour la toute première fois. 

« Le personnage est prisonnier d'une unité temporelle. J'avais tout ça en tête, il me manquait une histoire avec un personnage trouble. La technologie moderne, les réseaux sociaux et la mode des selfies m'ont suggéré de créer un personnage de narcissique compulsif. Des personnages comme Guy Turcotte qui veulent contrôler leur monde et, lorsque celui-ci leur échappe, ils deviennent des monstres. »

INFLUENCES ALLEMANDES

En écrivant le scénario, Robert Morin voulait d'abord revisiter le cinéma expressionniste allemand des années 20 et 30 avec les ombres, les couleurs et les plans-séquences. Ce film est composé de six « plans-séquences » d'environ 15 minutes.

« Ce n'est pas un plan-séquence pour un plan-séquence, explique Morin, mais pour emprisonner le personnage dans l'espace de la caméra. Et ce sont de faux plans-séquences puisqu'ils sont collés ensemble numériquement. »

Robert Morin, en fait, cherche de plus en plus à s'exprimer avec les images.

« Je suis content avec les caméras numériques. La pellicule 35 mm est inférieure aux caméras que nous utilisons maintenant. Ce sont quand même des caméras de surveillance de luxe qui filment la majorité des films. Mais ça ne veut rien dire, une image qui est belle. C'est là que le concept formel prend son importance. »

Le cinéaste aime dire qu'il compte prendre sa retraite bientôt, mais son film avec Stéphane Crête, Le paradis pour tous, sortira dans quelques semaines, et Le problème d'infiltration sera prêt avant la fin de l'année. Dans tous les cas, le style l'intéresse autant sinon plus que le scénario.

« Plus ça va, plus c'est ce que j'aime faire. Des exercices de style comme Les quatre soldats. Je travaille plus sur la forme que le fond. Gosser sur un film, ça, c'est le fun. »

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