Tom Holland: se jeter à l'eau

Tom Holland dans une scène d'In the Heart... (PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.)

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Tom Holland dans une scène d'In the Heart of the Sea.

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Sonia Sarfati
La Presse

«Je ne serai pas surpris si, à la fin de ma carrière, je considère Thomas Nickerson comme le personnage le plus brave et le plus fort que j'aie eu à interpréter», a assuré Tom Holland dans l'entrevue téléphonique qu'il a accordée à La Presse.

Une affirmation assez surprenante de la part de l'acteur britannique qui n'est âgé que de 19 ans et est promis à une brillante - et longue - carrière si l'on se fie à sa formidable performance dans The Impossible de J.A. Bayona (2012) et à celle qu'il offre dans In the Heart of the Sea, le tout nouveau film de Ron Howard.

Il a fait ses débuts au grand écran dans le premier, où il interprétait le fils de Naomi Watts - avec laquelle il tentait de survivre au terrible tsunami du 26 décembre 2004, en Thaïlande. On aurait pu imaginer qu'après cette expérience, il se serait tenu loin de l'eau - en tout cas, professionnellement. «Et croyez-moi, je pensais la même chose. Mais cette offre-là est de celles qui sont impossibles à refuser!»

Basé sur le livre dans lequel Nathaniel Philbrick raconte le dramatique voyage de l'Essex, In the Heart of the Sea relate une histoire de survie comme les aime le réalisateur d'Apollo 13: à l'hiver 1820, l'équipage du baleinier, en mer depuis des lustres, est poursuivi par une baleine de taille jamais vue qui, en plus, semble douée d'un esprit de vengeance.

Le monstre blanc va faire couler le bateau, laissant les survivants à la dérive sur des canots. Ils y passeront 90 jours. Pour ainsi dire sans provision en eau ni nourriture. Pour survivre... eh bien, on connaît tous la jolie chanson Il était un petit navire où l'on tire à la courte paille celui «qui, qui, qui sera mangé, ohé ohé!»

La réalité est beaucoup, beaucoup moins légère. Et beaucoup, beaucoup plus horrible. Même sous la caméra de Ron Howard, qui «sait raconter sans montrer, avec humanité, force et drame, mais sans vulgarité», assure Tom Holland.

L'orphelin

Il s'est donc de nouveau jeté à l'eau, littéralement: il a passé, pendant le tournage de quatre mois, cinq semaines aux îles Canaries et une autre à Tenerife dans des vêtements mouillés, pour incarner Thomas Nickerson.

À 14 ans, celui-ci est le plus jeune membre de l'équipage de l'Essex, commandé par le très inexpérimenté capitaine Benjamin Walker (George Pollard) et son second, Owen Chase (Chris Hemsworth) - lui, un vétéran de l'océan.

«Thomas était orphelin, il n'avait rien ni personne. Il s'est engagé dans cette aventure sans savoir s'il en sortirait vivant. Ces hommes n'allaient pas à la pêche, ils allaient à la chasse. C'était dangereux, brutal, violent. Mais nécessaire, à cette époque où le pétrole n'avait pas encore été découvert. Grâce aux baleines, il a été possible de faire fonctionner un monde à l'aube de la révolution industrielle, d'allumer les rues, de lubrifier les machines. Ce qu'ils faisaient n'était pas un passe-temps ni un sport, mais une manière de vivre créée par une nécessité», explique l'acteur, qui donnera prochainement dans un autre genre d'héroïsme en reprenant le rôle de Peter Parker/Spider-Man.

Pour incarner le matelot, Tom Holland - comme les autres acteurs incarnant l'équipage du baleinier - s'est entraîné en gymnase et a été formé à la navigation. Puis, quand est venu le moment du naufrage et de la dérive, le jeûne ou presque. Pour tous. L'amaigrissement extrême.

«Nous avions tout le temps faim. Je ne peux pas dire que ç'a été facile, il y avait des changements d'humeur de temps en temps.» D'autant que chaque journée s'amorçait, très tôt, par quatre heures de maquillage.

Commettre l'impensable

Puis, entrée dans l'eau. Pour tourner des moments atroces. Ces marins commettant l'impensable. Le mot, seul, fait frémir. Cannibalisme. Un concept si horrible que, pour les acteurs, «quand quelque chose semblait facile, nous savions que nous le faisions mal. Quand c'était dur, nous sentions que nous rendions justice à ces pauvres hommes».

Lesquels, Tom Holland en est persuadé, n'ont jamais fait la paix avec eux-mêmes. Pour exprimer cela, le long métrage s'ouvre 30 ans après le naufrage. Thomas (du coup, incarné par Brendan Gleeson), qui n'a jamais raconté à quiconque ce qu'il a vécu, accepte de se confier à un jeune auteur (Ben Whishaw), Herman Melville. Qui utilisera le témoignage du survivant comme matériau de base pour écrire Moby Dick.

«Et c'est en parlant qu'il parviendra, si longtemps après les faits, à cicatriser», poursuit l'acteur. Pour qui l'accumulation de ces journées de «naufrage» et de quasi-jeûne a été difficile, mais pour qui, en solo, la scène la plus dure à tourner a été celle où Thomas est expédié... dans la tête d'une baleine, afin d'y puiser de l'huile.

«D'accord, c'était une fausse tête, mais tellement réaliste! Vraiment, ç'a été dur. Mais je savais que ça donnerait un moment extrêmement cool, car rien de semblable n'a jamais été fait avant. Du travail ardu, mais "payant". Et c'est le cas: tout le monde me parle de cette scène», fait celui qui souhaite que les gens, quand ils sortiront de la projection d'In the Heart of the Sea, «comprennent ce que ces hommes ont fait pour nous, et que l'instinct de survie est ce qu'il y a de plus fort chez l'humain».

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In the Heart of the Sea (Au coeur de l'océan) prend l'affiche le 11 décembre.

Le Spider-Man nouveau

Nous avons interrogé Tom Holland sur son prochain défi: incarner l'homme-araignée.

Aux yeux de plusieurs, les adaptations cinématographiques de Spider-Man tournent en rond. Vous succédez à Tobey Maguire et à Andrew Garfield dans le rôle. Comment convaincre les sceptiques de la pertinence d'un nouveau reboot de la franchise?

La grande différence, c'est que je vais pouvoir m'aventurer dans l'univers Marvel et côtoyer les autres superhéros.

* La première incursion se fera dans Captain America: Civil War (6 mai 2016) et le premier envol solo, dans un «Untitled Spider-Man Reboot», qui entrera bientôt en préproduction et dont la sortie est prévue pour le 28 juillet 2017.

Vous vous êtes lié d'amitié avec Chris Hemsworth sur le plateau d'In the Heart of the Sea. Thor vous a-t-il donné des conseils?

D'abord, Chris m'a téléphoné pour me féliciter quand il a appris que j'avais le rôle. Puis, oui, il m'a donné des conseils: «Reste le même, continue à travailler fort... et savoure pleinement ta vie telle qu'elle est en ce moment.»

Jouer les superhéros comporte sa part de risque: il semble que vous vous soyez blessé sur le plateau de Civil War...

En réalité, c'est sur le plateau du film de James Grey (The Lost City of Z) que je me suis blessé. Et c'est entièrement de ma faute. J'ai fait un faux mouvement, je suis tombé en pleine face et je me suis cassé le nez. Heureusement, c'était ma dernière prise. Pas mon moment le plus... héroïque!

Incarner Peter Parker/ Spider-Man, c'est excitant ou terrifiant?

Les deux. Je suis un fan du personnage depuis toujours, j'ai aimé les performances de Tobey Maguire et Andrew Garfield, et je sais que les attentes sont immenses. Pour toutes ces raisons, c'est un gros défi. Un défi excitant et terrifiant.

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