The Captive: simuler l'insoutenable

Huit ans après la disparition de sa fille,... (Photo fournie par EONE et les Films Séville)

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Huit ans après la disparition de sa fille, un père (Ryan Reynolds) part à sa recherche quand de nouveaux indices font surface.

Photo fournie par EONE et les Films Séville

Adolescent, Ryan Reynolds avait un rêve: tourner un jour sous la direction d'Atom Egoyan. À 37 ans, le populaire acteur originaire de Vancouver a vu son voeu exaucé.

Dans The Captive (La captive en version française), le plus récent film du réalisateur canadien, il incarne Matthew, dont la fille, Cass, est victime d'un enlèvement. Huit ans après sa disparition, de nouveaux indices font surface et Matthew, convaincu que sa fille maintenant âgée de 17 ans est toujours en vie, part à sa recherche. Dans une course contre la montre, Matthew, les détectives (Scott Speedman et Rosario Dawson) et Cass (Alexia Fast) elle-même auront chacun un rôle à jouer pour résoudre le mystère de sa disparition.

Ryan Reynolds est le petit dernier d'une famille de quatre garçons. Son père et deux de ses frères sont policiers, mais Ryan aspire à un tout autre destin: à 14 ans, il s'envole pour la Floride se joindre à la distribution de Hillside, une série pour ados diffusée sur la chaîne américaine Nickelodeon.

C'est également à cette époque que son frère Bryan lui fait découvrir les films d'Atom Egoyan, pour qui il éprouve rapidement une admiration sans bornes.

«Le premier film d'Atom que j'ai vu était Exotica. J'étais fasciné! Je réalisais pour la première fois ce que pouvait être le cinéma canadien. Je me disais que si j'avais un jour l'occasion de travailler avec un réalisateur comme lui, ce serait formidable. Alors quand il m'a appelé, c'est l'adolescent de 14 ans qui s'est tout à coup retrouvé à l'autre bout du fil!», se rappelle Ryan Reynolds.

L'acteur qu'on a pu voir dans The Green Lantern et Burried n'a donc pas hésité à accepter le rôle de Matthew dans The Captive sans même lire le scénario.

«Je voulais juste vivre cette expérience, surtout à ce moment de ma vie. Puis, j'ai lu le scénario et trouvé le personnage très intéressant. C'était un bonus. Atom a tout fait pour s'adaper à mon agenda et on a tourné toutes mes scènes en deux semaines seulement», précise-t-il.

Le malheur

Si Rosario Dawson s'est entretenue, pour préparer son personnage, avec de vrais détectives assignés à la disparition d'enfants, Ryan Reynolds n'a pu faire appel qu'à des récits de parents en deuil.

«Certaines personnes sont très réactives; d'autres, beaucoup moins. Alors ça ne m'a pas tellement aidé. Jamais je n'aurais pu demander à rencontrer des familles pour m'inspirer de leur malheur. Ç'aurait été franchir une ligne de manière impardonnable. Il faut donc simuler; c'est ça, le boulot d'acteur!», s'exclame Ryan Reynolds.

«Ça n'a pas toujours été facile. Dès le premier jour, tu débarques sur le plateau et tu dois sangloter devant une équipe de 45 personnes que tu ne connais pas», ajoute-t-il.

Inspiré de drames réels

Il aura fallu près de quatre ans à Atom Egoyan pour scénariser et réaliser The Captive. Un processus qui s'est amorcé en 2009 alors que les résultats de l'enquête publique sur le scandale sexuel de Cornwall, en Ontario, étaient rendus publics.

«C'était si mystérieux! J'ai été très perturbé par le fait qu'un seul policier pensait que c'était vrai alors que personne ne voulait vraiment tirer des conclusions concernant toutes ces victimes. Les gens admettaient qu'elles avaient souffert, mais personne ne voulait dire que les agresseurs étaient des avocats, des juges et des prêtres de la même communauté. J'ai commencé à écrire en m'inspirant du sentiment que j'avais à ce moment», explique le réalisateur, qui s'est également inspiré d'une mystérieuse disparition à Victoria, en Colombie-Britannique.

«Puis, j'ai eu l'idée de cette histoire qui tourne finalement autour de trois couples: un couple qui a perdu son enfant, l'autre, composé de détectives, et celui d'un pédophile et de sa victime maintenant devenue adulte, mais qu'il garde à ses côtés», précise Atom Egoyan.

Le réalisateur s'est aussi entretenu avec l'un des frères de Ryan Reynolds, qui travaille pour la Gendarmerie royale du Canada en Colombie-Britannique dans l'unité des crimes graves.

Atom Egoyan vient de boucler cette semaine le tournage de Remember, un drame mettant en vedette Christopher Plummer dans le rôle d'un survivant de l'Holocauste. Atteint de démence, celui-ci part en mission pour tuer la personne qu'il croit responsable de la mort de sa famille, mais il ne cesse d'oublier les raisons qui le poussent à le faire.

The Captive (La captive) prend l'affiche le 5 septembre.




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