Charlotte Le Bon: jouer avec le jeu

Steven Spielberg, un des producteurs du film de... (Photo: fournie par DreamWorks)

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Steven Spielberg, un des producteurs du film de Lasse Hallström, «a poussé ma candidature pour le rôle de Marguerite», a raconté Charlotte Le Bon.

Photo: fournie par DreamWorks

Sonia Sarfati
La Presse

(Los Angeles) Elle n'a jamais idéalisé le métier d'acteur - «J'ai vu mes parents souffrir» - et ne voit pas ce milieu comme une finalité, même si elle y est de plus en plus sollicitée. Pour The Hundred-Foot Journey, par l'un des producteurs du film. Un certain Steven Spielberg. Impensable de dire non!

«Il m'avait vue dans mes sketchs du Grand Journal, en France, et quand il a visionné mon audition pour The Hundred-Foot Journey, il s'est souvenu de moi. Il est retourné voir mes numéros sur YouTube, il a vu que je pouvais aller très loin dans la comédie, jusqu'à l'humiliation, en fait. Il a aimé ça et a poussé ma candidature pour le rôle de Marguerite», racontait la jeune Québécoise lors d'une rencontre de presse tenue à Los Angeles, dans un anglais qui a fait craquer les représentants des médias américains.

En fait, on sent que quelque chose va se passer pour elle dans la langue de Shakespeare. Bien sûr, on la verra l'an prochain dans The Walk de Robert Zemeckis, tourné à Montréal et dans lequel elle interprète la petite amie du funambule Philippe Petit (incarné par Joseph Gordon-Levitt). Mais après la promotion du film de Lasse Hallström, son retour au Québec pour passer un moment avec sa mère, Brigitte Paquette, et son beau-père, Frank Schorpion, et après ses vacances en Europe, «[elle va] peut-être revenir à Los Angeles pour voir ce qui se passe», indiquait-elle lors de l'entrevue qu'elle a accordée à La Presse.

Bref, elle sent elle aussi que les choses pourraient bouger pour elle sous le ciel californien. Alors, pourquoi ne pas profiter du vent qui souffle dans ce sens-là, puisqu'elle a aimé ses expériences de tournage à l'américaine? «C'est vrai que les journées sont longues et qu'on sent la pression sur le plan de la performance. Mais des réalisateurs comme Robert et Lasse savent que les choses doivent aller vite, qu'ils ne peuvent pas perdre de temps. Ils ont donc le film en tête, ils savent ce qu'ils veulent, où ils veulent nous amener.»

Tout cela, elle aime. Et en quoi cela diffère-t-il de ce qu'elle a vécu sur les plateaux français? Elle éclate de ce rire contagieux qui se déploie en feu d'artifice. «En France, c'est plus... compliqué. Peut-être parce qu'ils ont le luxe de réfléchir davantage - et ça ne les sert pas toujours.» Nouveaux rires.

Illustrer son talent

N'empêche. Si elle joue avec le jeu, ce métier, elle le fait avec sérieux. Même si, dans sa tête, elle est avant tout illustratrice, artiste visuelle, photographe. Il faut faire un détour sur le site lebonlebon.com (mais aussi sur son fil Twitter et Instagram) pour voir à quel point elle est (follement) douée. Mais, bon, Le Bon étant au générique de The Hundred-Foot Journey, Charlotte a fait les recherches qui s'imposaient.

«Ça ne servait à rien de savoir comment faire cuire un bon steak, car nous ne cuisinions pas les plats que l'on voit à l'écran. Ce qu'il fallait maîtriser, c'était l'attitude à avoir dans une cuisine, comment bouger, taper sur la table, placer sa serviette sur l'épaule, et, dans le cas de Marguerite, qui est sous-chef et devient chef, comment être un leader», explique celle qui ne se considère toujours pas comme «une bonne cuisinière».

Mais elle sait maquiller la chose: «Si je reçois, je vais préparer quelque chose qui a l'air d'être compliqué, mais qui est en réalité plutôt simple. Un risotto, par exemple.» Rires des représentants des médias, peu habitués à cette fraîcheur dans le monde très encadré des entrevues promotionnelles.

Par exemple, lorsque quelqu'un évoque le tournage, qui s'est fait dans un idyllique village du sud de la France, elle répond à quel point «c'était formidable» et combien «tout le monde était heureux de travailler». Pourquoi? «Mais parce que cet endroit était beau, romantique... mais aussi incroyablement ennuyeux! Il n'y avait rien à faire... à part manger et travailler. Et nous y avons passé trois mois!»

Quant au fait de côtoyer Helen Mirren, elle a adoré. «C'était formidable de voir combien, dès qu'elle arrive, elle prend possession des lieux. C'est très inspirant de la voir travailler et même de la voir, parfois, se débattre avec une scène. Et puis, elle flirte avec tout le monde, les hommes, les femmes, les cadets, les aînés. Elle est magnifique. Je veux être comme elle quand je serai grande!»

Et, de nouveau, ce rire. De part et d'autre des micros et des calepins.

Les goûts de Charlotte

Charlotte Le Bon a cultivé plusieurs genres cinématographiques depuis qu'elle a fait ses débuts au grand écran. Survol de ceux auxquels elle a goûté et de films, du même genre, qu'elle aime particulièrement.

Film adapté d'une bande dessinée

> Elle a été: d'Astérix et Obélix: Au service de Sa Majesté de Laurent Tirard.

Elle aime: La vie d'Adèle, chapitres 1&2 d'Abdellatif Kechiche: «Ç'a été une grande révélation pour moi, ce film.»

Biographie filmée

> Elle est: d'Yves Saint Laurent de Jalil Lespert.

> Elle aime: The Doors d'Oliver Stone: «Je ne l'ai pas vu depuis longtemps et je ne sais pas s'il a bien vieilli, mais à l'époque, j'avais beaucoup aimé.»

Drame historique

> Elle a été: de La marche de Nabil Ben Yadir.

> Elle aime: Schindler's List de Steven Spielberg. Alors qu'elle marque généralement une pause, cette fois, la réponse fuse instantanément.

Comédie romantique

> Elle a été: de La stratégie de la poussette de Clément Michel.

> Elle aime: Bridesmaids de Paul Feig: «Un film qui prouve que les femmes peuvent être tout aussi drôles, sinon plus, que les hommes.»

Film «de bouffe»

> Elle est: de The Hundred-Foot Journey de Lasse Hallström.

> Elle aime: Chocolat de Lasse Hallström: «Je ne dis pas ça parce que je suis en promo! C'est le premier film dont les images m'ont donné envie de manger. Lasse a une façon très particulière de filmer la nourriture, avec passion et sensualité. Je pense que c'est parce qu'il est végétalien et que, quelque part, il est frustré (rires).»




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